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dimanche, 04 janvier 2009

Sorry angel

Décès accidentel d'un nourrisson à l'hôpital : le directeur présente ses excuses à la famille. Il est toujours réconfortant de constater que, même dans les circonstances les plus tragiques, la politesse ne perd pas ses droits. "Ce n'est pas grand-chose, mais ça fait du bien"...

Ruban rouge

L'oublié du Nobel, Jean-Claude Chermann, voit enfin ses mérites reconnus : il a été promu officier de la Légion d'honneur. En même temps que Zidane et Sylvie Vartan. Ce n'est pas rien... Pour ce qui me concerne, je ne puis guère me flatter que d'avoir été intronisé Chevalier Gustateur du Cœur de France en même temps qu'Hervé Vilard. À la Foire aux vins de Saint-Amand-Montrond.

vendredi, 02 janvier 2009

L'Étoile du diable

J'ai déjà eu l'occasion, dans une précédente note, de dire tout le bien que je pensais des romans de Jo Nesbø et l'agacement que suscite leur traduction trop évidemment défaillante. Que le norvégien soit une langue difficile, on veut bien l'admettre, mais ce n'est pas le problème du lecteur, qui est en droit d'attendre qu'on lui propose mieux qu'un texte trahissant le mot à mot, lorsqu'il ne tourne pas carrément au charabia. En outre, on ne voit pas l'intérêt de recourir à des anglicismes, qui appellent une glose, alors que le français dispose d'une expression équivalente. Pourquoi nous expliquer en quoi consiste le "postilioning" plutôt que d'utiliser la périphrase verbale "faire postillon", qu'on trouve par exemple dans le Dictionnaire érotique moderne d'Alfred Delvau (Bâle, Karl Schmidt, vers 1850) : "POSTILLON (Faire) : Introduire le doigt (ordinairement l'index) dans le derrière d'une femme ou d'un homme pendant l'acte vénérien, pour doubler la jouissance" ? Que, dans le polar de Nesbø, il s'agisse du majeur de la main gauche ne constitue pas une excuse.

vendredi, 26 décembre 2008

"Tes étoiles se closent en sinistres présages"

Les guirlandes de Noël continueront à scintiller pendant quelques jours, comme de dérisoires étoiles mortes dont la lumière s'exténue dans le vide et le froid. Les santons vont retrouver leur boîte, et les sans-toit la rue. Les poubelles débordent de papiers cadeaux froissés, de bouteilles vides et de reliefs graillonneux... Tout cela est aussi triste que de la neige sale au fond d'un fossé. Cependant la vie continue, avec la sottise et la mort toujours recommencées. Il est question, à la radio, de bombardements et de massacres, d'erreurs médicales, de tueurs à la hache qui courent les rues... Sur France Musique, interview de je ne sais quelle personnalité du microcosme musical chic : platitudes bétifiantes entrecoupées de gloussements de gallinacées étriquées du cloaque. Rien n'a changé. C'est rassurant...

jeudi, 11 décembre 2008

21600 minutes de silence

Environ...

lundi, 08 décembre 2008

Petite anthologie portative 49

L'engoulevent,
C'est le rouet des Parques noires :

pour nous autres,
il n'y a plus beaucoup de fil.

(Philippe Jaccottet, "Notes nocturnes" in Après beaucoup d'années, Poésie/Gallimard, 2003)

Tant crie l'on Noel... 5

Mes voisins ont commencé à installer leurs décorations de Noël. Dans quelques jours, tout cela va clignoter, scintiller  — que sais-je ? froufrouter comme de rimbaldiennes étoiles ! Les nains de jardin et la volatille en plastique pâlissent de la concurrence des bonshommes Noël qui grimpent à l'assaut de la façade ou investissent la courette... Un, surtout, attire les regards des passants : il se trémousse et danse, grandeur nature, le twist à la porte du garage.

dimanche, 07 décembre 2008

Loin de Jumièges

Entendu à la radio : les touristes français retenus en Thaïlande sont "énervés". Bien fait pour eux. Fallait pas y aller.

dimanche, 30 novembre 2008

"À cause du couvercle sur le visage"

Béatrix Beck est morte. On l'avait un peu oubliée...
Dans les dernières pages de La Décharge, à propos de la mort de M. Brieuc, elle écrit ceci :
"Je ne suis pas triste, puisqu'il était âgé et trouvait qu'il avait terminé son travail. Alors pourquoi sangloter ? À cause du couvercle sur le visage."

lundi, 17 novembre 2008

"Entre les livres simplement plaisans…"

Je termine Là où les tigres sont chez eux. Pas loin d’un kilogramme de bonne littérature, jubilatoire et ironique, avec de vrais morceaux d’intelligence dedans. Les critiques, que je ne lis plus guère — et auxquelles, de toute façon, je n’accorde aucun crédit —, parleront sans doute de roman "baroque" ou "rabelaisien" (quand c’est gros, c’est rabelaisien, forcément), évoqueront Gabriel García Márquez ou Hermilo Borba Filho, Flaubert, Joyce et, pourquoi pas, Perec... Démarche simpliste, et finalement tautologique, puisque le livre, dans lequel s’entrecroisent les isotopies du babélisme et de l’imposture, est d’abord, à l’évidence, une fugue brillante et désinvolte sur le thème de la littérature même.