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samedi, 27 juin 2020

Descendons encore au jardin...

Chaque année, la nature autour de la maison se fait plus exubérante, plus envahissante la verdure, et notre lassitude plus grande. Le combat est trop inégal. Nous laissons une végétation folle coloniser le minuscule potager qui ne connaît plus la bêche, livré désormais au buissonnement anarchique de la citronnelle, de la sauge bleue, de la sarriette et de l'origan. Quelques fraisiers subsistent au pied des pêchers de vigne, entre ciboulette, aneth et romarin ; à l'ombre d'un prunier épineux et stérile on trouve la menthe, la rhubarbe ou le cerfeuil, une clématite accroche ses vrilles à un piquet vermoulu. Les grands arbres — chêne, frêne, bouleau, sapins —, les tilleuls, le vieux pommier, le noyer, l'arbre à perruques, le jeune saule, les haies hirsutes sont pleins d'oiseaux...
Que deviendra, après nous, "ce jardin que nous aimions", ce modeste éden où l'on aimerait que le temps s'attarde un peu, dans la quiétude des matinées, lorsque une brise tiède apporte des odeurs de lessive fraîche, ou dans la torpeur des après-midi d'été ? Plus que jamais, avec l'âge et son lot de misérables misères, nous prenons toute la mesure de ce bonheur qui nous est donné, au quotidien, ici et maintenant. "Deus nobis haec otia fecit..."

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