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samedi, 14 février 2009

Mauvaise semaine

Mauvais livre. J'aurais dû m'en douter : la quatrième de couverture promettait un "chef-d'œuvre", une "magnifique épure". Le dernier roman écrit par Robin Cook, publié l'année de sa disparition, est tout simplement consternant. On y cherche vainement la poignante noirceur des Mois d'avril ou de Comment vivent les morts, on s'étonne d'un incompréhensible dérapage dans le grand-guignol, on se surprend à sauter des pages. On a hâte d'en finir pour oublier cela au plus vite.
Mauvaises mines. La tête des gens dans le métro. Laideur ordinaire, anonyme et multiple.
Mauvais temps. Retour de Lille sous un ciel bas et gris. La nuit et la neige nous surprennent du côté de Vézelay ; il faut, jusqu'à Saint-Saulge, rouler au pas, crispé, l'œil hébété par le papillotage ininterrompu des flocons dans le faisceau des phares. "Du Morvan, ni bon vent ni bonnes gens", disait-on naguère...

vendredi, 06 février 2009

"Parce que chacun d'eux croit que lui seul il est tout l'Univers…"

Peut-on devenir tueur en série en découvrant qu'on a de trop nombreux homonymes ?

mercredi, 04 février 2009

Têtes de ... gondoles

Rayon livres, au supermarché. Nouveautés et meilleures ventes : sœur Emmanuelle, Dominique Fernandez, Charles Dantzig, Pierre Perret... Titre pour une fable de notre temps : la Nonne, l'Académicien et les deux Imposteurs. Ceux-ci, nous dira-t-on, allaient naguère par trois ; qu'à cela ne tienne, on n'aura que l'embarras du choix pour compléter le trio !

dimanche, 01 février 2009

Les plaisirs du dimanche 7

Durant toute la matinée, j'ai fait brûler, au milieu du jardin, des paperasses dans un grand baril de tôle. La quantité de papier que nous accumulons inutilement en l'espace de quelques mois est proprement stupéfiante. Je pense à cette formule de Tournier dans Les Météores : "L'Occidental est tellement entiché de paperasserie qu'il s'en fourre jusque dans le cul."

samedi, 24 janvier 2009

Météo 26

Il est tombé toute la soirée une neige lourde et mouillée, qui se résout en bouillasse froide, dégringole des arbres par paquets, s'éparpille au sol avec le bruit de truellées de mortier giflant un mur. La nuit est calme. J'écoute Crumb — Vox Balænæ. Je n'ai pas réussi à retrouver L'Almanach de l'orphelin samnite, que je cherche depuis ce matin.

Remembrances du vieillard idiot 4

Qu'est devenu le gros cahier à spirale, à couverture jaune safran, dans lequel, adolescent, je calligraphiais mes poèmes ?

dimanche, 18 janvier 2009

Petite anthologie portative 50

THE CURRENT

These fish have no eyes,
these silver fish that come to me in dreams,
scattering their roe and milt
in the pockets of my brain.

But there's one that comes —
heavy, scarred, silent like the rest,
that simply holds against the current,

closing its dark mouth against
the current, closing and opening
as it holds to the current.

(Raymond Carver, All of us, New-York, Knopf, 2000)

Monsieur William, vous manquez de tenue...

Un internaute croit avoir reconnu, sur un site pédophile, la photographie d'une fillette enlevée il y a quelques années. Commentaire en forme de question d'un journaliste de la radio : "Qu'allait-il faire sur ce site ?"
Je crois que je vais renoncer à lire des romans policiers : si mes concitoyens trouvent dans les parages un cadavre à leur goût, ils ne manqueront pas de m'accuser de meurtre.

jeudi, 15 janvier 2009

Imbéciles et gredins 2

"De quelque côté qu’on se tourne, c’est à en vomir. On ne peut pas faire un pas sans marcher sur de la merde, chose fâcheuse pour les gens qui ont la semelle de l’escarpin un peu fine."
C'est ce qu'écrivait Flaubert à Ernest Feydeau en janvier 1868. Si l'on en juge par les rumeurs et les grenouillages qui font l'actualité politique, les choses n'ont guère changé. Sauf que les semelles de nos escarpins sont peut-être un peu moins fines.

mercredi, 14 janvier 2009

Petit bâton, petit coton, gros saucisson

À la médiathèque municipale, où je jette un coup d'œil aux revues que je n'achète plus, je feuillette le numéro du Magazine littéraire consacré à Barthes. Est-ce la fatigue ou la sénilité ? je n'arrive plus à lire ces articles encomiastiques et filandreux, ces gloses qui sentent l'huile. Extraits du journal de voyage de Barthes en Chine, dans les années 70 : on apprend avec intérêt qu'il a oublié de se laver les oreilles le jour du départ, ou que Sollers — qui l'accompagne — a acheté un saucisson hors douane pour "croûter" en attendant l'avion. Passionnant.