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vendredi, 26 décembre 2008

"Tes étoiles se closent en sinistres présages"

Les guirlandes de Noël continueront à scintiller pendant quelques jours, comme de dérisoires étoiles mortes dont la lumière s'exténue dans le vide et le froid. Les santons vont retrouver leur boîte, et les sans-toit la rue. Les poubelles débordent de papiers cadeaux froissés, de bouteilles vides et de reliefs graillonneux... Tout cela est aussi triste que de la neige sale au fond d'un fossé. Cependant la vie continue, avec la sottise et la mort toujours recommencées. Il est question, à la radio, de bombardements et de massacres, d'erreurs médicales, de tueurs à la hache qui courent les rues... Sur France Musique, interview de je ne sais quelle personnalité du microcosme musical chic : platitudes bétifiantes entrecoupées de gloussements de gallinacées étriquées du cloaque. Rien n'a changé. C'est rassurant...

jeudi, 11 décembre 2008

21600 minutes de silence

Environ...

lundi, 08 décembre 2008

Petite anthologie portative 49

L'engoulevent,
C'est le rouet des Parques noires :

pour nous autres,
il n'y a plus beaucoup de fil.

(Philippe Jaccottet, "Notes nocturnes" in Après beaucoup d'années, Poésie/Gallimard, 2003)

Tant crie l'on Noel... 5

Mes voisins ont commencé à installer leurs décorations de Noël. Dans quelques jours, tout cela va clignoter, scintiller  — que sais-je ? froufrouter comme de rimbaldiennes étoiles ! Les nains de jardin et la volatille en plastique pâlissent de la concurrence des bonshommes Noël qui grimpent à l'assaut de la façade ou investissent la courette... Un, surtout, attire les regards des passants : il se trémousse et danse, grandeur nature, le twist à la porte du garage.

dimanche, 07 décembre 2008

Loin de Jumièges

Entendu à la radio : les touristes français retenus en Thaïlande sont "énervés". Bien fait pour eux. Fallait pas y aller.

dimanche, 30 novembre 2008

"À cause du couvercle sur le visage"

Béatrix Beck est morte. On l'avait un peu oubliée...
Dans les dernières pages de La Décharge, à propos de la mort de M. Brieuc, elle écrit ceci :
"Je ne suis pas triste, puisqu'il était âgé et trouvait qu'il avait terminé son travail. Alors pourquoi sangloter ? À cause du couvercle sur le visage."

lundi, 17 novembre 2008

"Entre les livres simplement plaisans…"

Je termine Là où les tigres sont chez eux. Pas loin d’un kilogramme de bonne littérature, jubilatoire et ironique, avec de vrais morceaux d’intelligence dedans. Les critiques, que je ne lis plus guère — et auxquelles, de toute façon, je n’accorde aucun crédit —, parleront sans doute de roman "baroque" ou "rabelaisien" (quand c’est gros, c’est rabelaisien, forcément), évoqueront Gabriel García Márquez ou Hermilo Borba Filho, Flaubert, Joyce et, pourquoi pas, Perec... Démarche simpliste, et finalement tautologique, puisque le livre, dans lequel s’entrecroisent les isotopies du babélisme et de l’imposture, est d’abord, à l’évidence, une fugue brillante et désinvolte sur le thème de la littérature même.

Sauvons l'université !

À quoi bon ?

samedi, 15 novembre 2008

Météo 25

Retour de Lille dans la bruine et le froid. Déjeuner de brouillard près de la petite église de Metz-le-Comte. Au sommet de la butte, à cette heure de la mi-journée, le silence est absolu. sentiment d’irréalité, tôt gâché par les pétarades d’une moto de trial. L’imbécile caracolant ne s’attarde guère, mais le charme est rompu… C'est de nouveau la tristesse mouillée du paysage, le ciel couleur de wassingue sale, l'automne pituiteux qui tourne à la "tisane froide" — heureuse expression de Ponge, qui a, reconnaissons-le, le sens de la formule… "C’est en écrivant, disait Queneau, que l’on devient écriveron". Ponge n’est pas un poète : c’est un écriveron, assez habile pour que le lecteur ne s’avise pas que son travail sent l’huile... Et, à propos de poésie, voici qu’on nous annonce, avec quelques mois d’avance, le prochain "Printemps des poètes." Cela tient de l’alerte météo, mais sans doute n’y a-t-il pas lieu de s’affoler : ce ne sera pas un tsunami. Tout au plus un débordement d’eau tiède.

Hommes de lettres

La tmèse mallarméenne déconcerte le facteur.