Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 03 novembre 2008

La chair est triste, hélas! et les livres aussi

Je ne connais guère l’œuvre de Charles Juliet, mais je le croyais de ces écrivains rares et discrets, peu enclins à succomber aux sirènes du succès commercial ; or je découvre aujourd’hui qu’il vient de publier un volume de phrases et textes relevés au cours de [ses] lectures. On voit mal l’intérêt littéraire de ce genre de chose — et que des auteurs comme Tournier aient pu, avant lui, se laisser aller à de semblables facilités ne me paraît pas constituer une excuse, pas plus que les méprisables fumisteries des faiseurs à la mode.

Lectures décevantes, ces derniers jours : Sloterdijk, Enzensberger… j’ai du mal à ne pas me laisser distraire au moindre prétexte. Le recours constant à l’eironeia et au paradoxe de l’un me fatigue autant que le philosophisme sentencieux de l’autre. Une heureuse surprise tout de même : la prose, merveilleusement intelligente — et comme marquée au coin du "style naturel" — de W.G. Sebald, découvert grâce à l’excellent blog de Danièle Momont.

Maigre butin, ce matin, à la solderie du coin : je me laisse tenter par un recueil d’articles d’Isidore Isou Contre l’Internationale situationniste, qui me tombera sans doute des mains après quelques pages. Dans les bacs, plusieurs exemplaires de La Littérature française au présent, de Dominique Viart et Bruno Vercier, qu’on peut emporter pour 3,95 euros pièce. Pour un euro de moins, on trouvait, quelques travées plus loin, un aimable cheverny 2007. Rapport qualité-prix beaucoup plus intéressant : je n’ai pas hésité très longtemps…

jeudi, 30 octobre 2008

Con comme la mort

Les productions du kitsch funéraire d’aujourd’hui vous dégoûteraient de mourir ; du moins vous incitent-elles à vous brouiller d’urgence avec les derniers cousins susceptibles encore de déposer, par hypocrisie posthume, quelque immondice tumulaire sur votre lame. Les plaques à thème, en résine ou en altuglass, constituent sans doute l’un des sommets du genre. Plus que le silence des abîmes pascaliens, ce sont ici la niaiserie et la vulgarité superlatives qui suscitent l’effroi.

mardi, 28 octobre 2008

Digue dondaine, digue dondon

La digue dentaire, apprend-on sur les sites consacrés à l'endodontologie, est une feuille de caoutchouc qui fait office de champ opératoire permettant d’isoler les dents à traiter. Il ne semble pas, toutefois, que ce soit cette utilisation qui ait fait sa popularité : la digue dentaire, muée en digue du cul, remotive ainsi, de façon inattendue, l’obscur refrain de la rengaine paillarde.

lundi, 27 octobre 2008

Lire aux cabinets 2

"You are known finally by what magazines you read in whose toilet." (Jim Harrison, Ghazals, XXXVII)

dimanche, 19 octobre 2008

... et des Chattes

Pour le Morse, cum grano salis.

"Ultra hos Chatti initium sedis ab Hercynio saltu incohant, non ita effusis ac palustribus locis, ut ceterae civitates, in quas Germania patescit ; durant siquidem colles, paulatim rarescunt, et Chattos suos saltus Hercynius prosequitur simul atque deponit."

vendredi, 17 octobre 2008

Encore des chats 3

 

Chats.
Chats de Baudelaire et de Colette.
Chats tricolores, qui sont toujours des chattes.
Chats écrasés.
Chats de Louis Wain et de Steinlen.
Chat du Cheshire et chat de Schrödinger.
Chats de Lovecraft.

Je me rappelle avoir lu, il y a bien longtemps, une nouvelle intitulée "Du temps et des chats", dont j’ai oublié l’auteur et le contenu…

Colours 4

Après un week-end lorrain prolongé et un bref passage à Lille, retour en Auvergne.

Un peu partout — Sarre, Luxembourg, Ardenne —, l’automne incendie les bois. À Dinant, le drapeau belge flotte au sommet du rocher Bayard ; un jeune chat noir déambule sur une placette déserte. Nous en verrons un autre le même jour, à Lille, rue de la Renaissance, juché sur le capot d’une voiture, exhibant un impeccable plastron blanc.
Un autre encore, le lendemain à Villeneuve-d’Ascq, sauvageon efflanqué, hôte des parkings couverts.

Sur la route du retour, courte halte à Metz-le-Comte. Près de la petite église, au-dessous du cimetière, le feuillage des vignes hésite entre l’or et la rouille ; quelques maigres grappillons dédaignés par les vendangeurs pendillent encore aux pampres piolés de bleu et veufs de toute rime.

Dans les pâtis du Morvan, des charolais blancs par dizaines.
Entre Le Veurdre et Limoise, une petite troupe de cigognes demi-deuil arpente une emblavure.

Aujourd’hui, de nouveau, plusieurs rencontres de chats — noirs, gris ou tigrés — dans les rues du quartier, qu’ils traversent avec une inconscience hautaine, insoucieux des autos assassines.

vendredi, 03 octobre 2008

Pages roses

Dans son dernier numéro, le Nouvel Observateur nous propose en exclusivité les bonnes feuilles de la récente correspondance Houellebecq-Lévy.
Asinus asinum fricat.

lundi, 29 septembre 2008

Amour des listes et orgue 2

Poètes en vrac sur ma table de travail :

E. E. Cummings, 95 Poems, New York/London, 2002 ;
120 poètes français d'aujourd'hui, Montpellier, Maison du Livre et des Écrivains, 1992 ;
J. Laforgue, Les Complaintes, GF Flammarion, 1997 ;
G. Mathieu-Castellani, Anthologie de la poésie amoureuse de l'âge baroque - 1570-1640, Le Livre de Poche, 1997 ;
J. Harrison, Lettres à Essenine, Christian Bourgois, 1999 ;
R. Char, Œuvres complètes, Bibliothèque de la Pléiade, 2007 ;
J. Harrison, Lointains et Ghâzals, 10/18, 2003 ;
G. Bataille, L'Archangélique, Poésie/Gallimard, 2008 ;
L. Janvier, La Mer à boire, Poésie/Gallimard, 2006 ;
E. E. Cummings, 95 Poèmes, Points/Seuil, 2006 ;
A. Emaz, Caisse claire, Points/Seuil, 2007 ;
R. Char, Poèmes en archipel, Folio, 2007 ;
Y. Bonnefoy, Les Planches courbes, Poésie/Gallimard, 2003 ;
Haiku - Anthologie du poème court japonais, Poésie/Gallimard, 2006 ;
P. Celan, Choix de poèmes, Poésie/Gallimard, 2005.

Liste établie en écoutant Beethoven, et notamment la Fugue en ré majeur pour orgue.

"Et l'on guérit tout, tout, tout, en mangeant des roudoudous"

Un journaliste de L’Express, qui demandait à un proche de Ségolène Royal si celle-ci, dans sa façon de s'adresser à la foule, avait pu être "influencée par le style d’Obama", s’est entendu répondre : "Non, regardez bien Obama : c'est lui qui s'est inspiré de la façon dont Royal fait de la politique." La question, aussi, était bien oiseuse, tant il paraît évident que si l’ex-candidate à la présidence a une dette en matière de jeu de scène, ce ne peut être qu’à l’endroit de Chantal Goya...