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dimanche, 24 mai 2009

"Je vous le tranche ?"

Parmi les multiples détails de la vie quotidienne qui m'exaspèrent, la question rituelle de la boulangère au chaland qui demande un pain un peu volumineux, tourte ou miche de campagne : "Je vous le tranche ?" Mon grand-père usait d'une formule proverbiale pour dire que celui qui ne savait pas couper son pain était à l'évidence incapable de le gagner. Il faut croire que c'est aujourd'hui le cas d'un nombre croissant d'individus...

Docte ignorance et progrès de l'exégèse

"Les commentateurs de Rabelais, les plus ingénieux comme les plus savants, n'ont rien compris au chapitre VII du livre II intitulé Comment Pantagruel vint à Paris, et des beaulx livres de la librairie de Saint-Victor. J'ai prouvé dans les notes de mes deux éditions des œuvres de Rabelais, que je ne comprenais pas mieux que mes devanciers les mystères horrificques de bibliographie et d'histoire littéraire, que renferme ce curieux chapitre."

(Paul Lacroix, Catalogue de l'abbaye de Saint-Victor au seizième siècle. Rédigé par François Rabelais, commenté par le Bibliophile Jacob, Paris, J. Techener, 1862)

vendredi, 22 mai 2009

Fatigue

... ou paresse ?

Paresse 2

... ou fatigue ?

vendredi, 15 mai 2009

En feuilletant le Nouvel Obs.

Si le discours culturel est aujourd'hui accaparé par les bonnisseurs et les fumistes, préférons du moins ceux qui ont du goût, de l'intelligence et quelque talent. Sollers, quoi qu'on puisse en penser, est de ceux-ci ; en dépit d'un titre racoleur à souhait, l'article qu'il consacre à Cioran est un bel "exercice d'admiration", troussé avec élégance. On préfère ce genre de chose aux considérations démagogiques d'un Onfray, qui applaudit au saccage de Montaigne, modernisé par un cuistre ou... retraduit du japonais par un pitre polyglotte.

jeudi, 14 mai 2009

Le grand style 17

"Pourtant, toutes les raisons ont été largement, clairement et publiquement expliquées qui entraînent à voir dans les mesures prises un ensemble de réformes sans grand impact positif, voire aggravantes, menées dans la précipitation et sans réelle consultation d'une communauté universitaire habituée à la collégialité dans la prise de décisions et encouragée depuis des années dans l'idée et la pratique qu'elle doit s'investir dans le gouvernement de l'enseignement supérieur et de la recherche."

("Sept présidents d'université en appellent au chef de l'État", in Le Monde du 13 mai 2009)

vendredi, 08 mai 2009

"Illic saltus ac lustra ferarum..."

Retour de Lille par les routes buissonnières du Morvan : Saint-Père, Corbigny, Châtillon-en-Bazois... Opulence farouche de ce pays de pâtis quadrillés de haies et de bosquets ; lourds bâtiments de ferme pesamment assis sur leurs mamelons ; rares emblavures, labours encore nus, couleur de chocolat au lait ; un peu de brun dans beaucoup de vert, paysages qui inspirèrent Balthus, du temps qu'il vécut dans ces parages.
Cette semaine, menus travaux au jardin, abandonné trop longtemps à l'exubérance du cerfeuil et de la menthe. Il faut répandre du fumier, bêcher, couper les tiges de la rhubarbe et de l'angélique. Le soir, on boit un peu de rosé frais avec le voisin en échangeant quelques banalités.

jeudi, 30 avril 2009

"La suffisance du lecteur..."

À parcourir les blogs à prétentions plus ou moins littéraires, on se rend compte qu'il y a aujourd'hui plus de lecteurs suffisants que de "suffisants lecteurs" ; benêts qui se piquent d'érudition ou de bon goût, savantasses qui césarisent et pontifient, dénigrent des auteurs qu'ils n'ont pas lus, en portent d'autres au pinacle, qu'ils n'ont visiblement guère fréquentés...
Écrivant cela, je n'ai garde d'oublier que, selon une formule d'Umberto Eco, "le critique de mœurs, souvent, dans le vice de l'autre fustige aussi le sien".

mardi, 21 avril 2009

A small, good thing 4

Dans la tranquillité de la nuit, la seconde aria du concerto pour violon de Stravinski.

vendredi, 17 avril 2009

Choses lues

Épépé, de Ferenc Karinthy : la quatrième de couverture évoque Kafka ou Orwell — on aurait pu tout aussi bien parler d'Auster ou de Murakami. Une improbable parabole dont le lecteur, parvenu à la dernière page, cherche en vain, comme le narrateur de Point de lendemain, la morale et la signification. Reste, le livre refermé, une impression de malaise comme en laissent certains textes qu'on ne saurait définir autrement que par leur étrangeté — je pense, par exemple à La Peau froide, d'Albert Sánchez Piñol. Un volume de chroniques d'António Lobo Antunes, L'Impureté d'Irène, de Philippe Mezescaz — choses très oubliables —, Perte et fracas de Jonathan Tropper... Comment peut-on traduire How to talk to a widower par "Pertes et fracas" ? Peu importe, c'est un livre bien divertissant, "simplement plaisant" — catégorie dans laquelle Montaigne rangeait tout de même Rabelais, excusez du peu ! Le jour où les romanciers français sauront trousser ce genre de choses, qui sont à la littérature majuscule ce que le crémant est au champagne, peut-être les lira-t-on pour le plaisir...