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samedi, 21 février 2009

"Et de l'hydropisie dans la privation de la vie, où vous aura conduit votre folie"

"L’intempérance dans le manger n’est en soi qu’un péché véniel ex genere suo. Ce n’est qu’un péché véniel, même quand on mange jusqu’à en vomir." Voilà ce qu’on peut lire dans le Précis de théologie morale catholique d’Héribert Jone (Mulhouse, Salvator / Tournai-Paris, Casterman, 1958, § 110.5.a, p. 66). Ce qui tend à prouver que les théologiens et curés d’hier étaient plus indulgents que les Diafoirus abstèmes et chiefroidures d’aujourd’hui, qui viennent fourrer leur nez dans nos verres et nos assiettes — pour notre bien, naturellement : la viande rouge, les produits laitiers, le vin sont à proscrire comme cancérigènes ! J’ai entendu cela à la radio cette semaine, je n’invente rien. Dans notre société athéiste et bornée, la peur du cancer — la peur tout simplement de mourir — s’est substituée à la crainte de l’enfer, plus vague et plus soluble dans le plaisir de l’instant… Eh bien ! Mangez des fruits, buvez de l’eau, courez et pédalez ! Quoi que vous fassiez, vous n’en sortirez pas vivants. Du moins aurez-vous le plaisir de mourir en bonne santé...

vendredi, 20 février 2009

La magnificence et la galanterie...

Mes copains savent réparer une voiture, abattre un arbre, découper un cochon, conduire un semi-remorque, gâcher du plâtre ou poser du parquet — toutes choses dont je suis bien incapable. Mais moi, j'ai lu La Princesse de Clèves...

mardi, 17 février 2009

Humeur

Je sens que je vais procéder sous peu à une purge drastique de mes liens...

samedi, 14 février 2009

Mauvaise semaine

Mauvais livre. J'aurais dû m'en douter : la quatrième de couverture promettait un "chef-d'œuvre", une "magnifique épure". Le dernier roman écrit par Robin Cook, publié l'année de sa disparition, est tout simplement consternant. On y cherche vainement la poignante noirceur des Mois d'avril ou de Comment vivent les morts, on s'étonne d'un incompréhensible dérapage dans le grand-guignol, on se surprend à sauter des pages. On a hâte d'en finir pour oublier cela au plus vite.
Mauvaises mines. La tête des gens dans le métro. Laideur ordinaire, anonyme et multiple.
Mauvais temps. Retour de Lille sous un ciel bas et gris. La nuit et la neige nous surprennent du côté de Vézelay ; il faut, jusqu'à Saint-Saulge, rouler au pas, crispé, l'œil hébété par le papillotage ininterrompu des flocons dans le faisceau des phares. "Du Morvan, ni bon vent ni bonnes gens", disait-on naguère...

vendredi, 06 février 2009

"Parce que chacun d'eux croit que lui seul il est tout l'Univers…"

Peut-on devenir tueur en série en découvrant qu'on a de trop nombreux homonymes ?

mercredi, 04 février 2009

Têtes de ... gondoles

Rayon livres, au supermarché. Nouveautés et meilleures ventes : sœur Emmanuelle, Dominique Fernandez, Charles Dantzig, Pierre Perret... Titre pour une fable de notre temps : la Nonne, l'Académicien et les deux Imposteurs. Ceux-ci, nous dira-t-on, allaient naguère par trois ; qu'à cela ne tienne, on n'aura que l'embarras du choix pour compléter le trio !

dimanche, 01 février 2009

Les plaisirs du dimanche 7

Durant toute la matinée, j'ai fait brûler, au milieu du jardin, des paperasses dans un grand baril de tôle. La quantité de papier que nous accumulons inutilement en l'espace de quelques mois est proprement stupéfiante. Je pense à cette formule de Tournier dans Les Météores : "L'Occidental est tellement entiché de paperasserie qu'il s'en fourre jusque dans le cul."

samedi, 24 janvier 2009

Météo 26

Il est tombé toute la soirée une neige lourde et mouillée, qui se résout en bouillasse froide, dégringole des arbres par paquets, s'éparpille au sol avec le bruit de truellées de mortier giflant un mur. La nuit est calme. J'écoute Crumb — Vox Balænæ. Je n'ai pas réussi à retrouver L'Almanach de l'orphelin samnite, que je cherche depuis ce matin.

Remembrances du vieillard idiot 4

Qu'est devenu le gros cahier à spirale, à couverture jaune safran, dans lequel, adolescent, je calligraphiais mes poèmes ?

dimanche, 18 janvier 2009

Petite anthologie portative 50

THE CURRENT

These fish have no eyes,
these silver fish that come to me in dreams,
scattering their roe and milt
in the pockets of my brain.

But there's one that comes —
heavy, scarred, silent like the rest,
that simply holds against the current,

closing its dark mouth against
the current, closing and opening
as it holds to the current.

(Raymond Carver, All of us, New-York, Knopf, 2000)