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mercredi, 10 septembre 2008

La vieille dame et le crocodile

"Je veux bien aller à la guerre, mais pas qu'on me tire dessus !"

J'écrirai peut-être prochainement une note intitulée : "Oui, mais si je trouve une nouille, je paye pas !"

dimanche, 07 septembre 2008

Petite anthologie portative 48

jardin de nuit

le feuillage
on l'entend contre le volet

il gratte
comme s'il voulait entrer

l'été veut en finir
avec l'été

(Jean-Luc Sarré, La Chambre, Flammarion, 1986)

jeudi, 04 septembre 2008

On ne badine pas avec l'humour

J’ai résilié ces dernières semaines une demi-douzaine d’abonnements à des revues que je ne lisais pas ou dont la lecture m’était devenue insupportable, au nombre desquelles Le Magazine littéraire, tombé dans une consternante médiocrité depuis qu’il ouvre largement ses pages aux universitaires. Le numéro de l’été, consacré à l’humour, offre ainsi un édifiant échantillonnage d’articles torchonnés ou d’une indigence honteuse. Précisons, même si ceci n’excuse pas cela, que "le choix des écrivains" interrogés sur la question n’est pas non plus de nature à susciter l’enthousiasme ou à piquer la curiosité du lecteur tant soit peu cultivé… Il est d’ailleurs assez navrant de constater que — à l’exception d’Alain Finkielkraut, qui analyse avec beaucoup de pertinence la dégradation actuelle de l’humour en dérision ricanante — tous ces beaux esprits pataugent la plupart du temps hors du sujet. Difficile de parler de ce dont on est dépourvu…

lundi, 01 septembre 2008

Perché leggere i classici 4

Ce que nous propose la "rentrée littéraire" rend superflu tout discours sur la question...

samedi, 30 août 2008

"Tho we gotta say goodbye for the summer"

 

En aurais-je menti ? Nous voici déjà au pénultième jour du mois et je n’ai pas repris mon blog — reprise annoncée pour le courant d’août… Il faut donc faire vite, et voilà qu’en plus Littré me contrarie. J’apprends qu’il "n'est pas tout à fait indifférent de dire […] le courant ou le cours. D'abord cours est d'un style plus relevé que courant. Puis on dira : il est survenu de grands événements dans le cours de cette année, et non dans le courant. Le courant se rapporte plus à l'espace de temps considéré comme s'écoulant ; et le cours à l'espace de temps considéré comme un tout." Sans doute eût-il mieux valu que j’écrivisse cours plutôt que courant. Si j’ai bien compris… Mais, après plusieurs semaines de vacances oisives, familiales, prosaïques et parfaitement béotiennes, je n’ai pas la tête aux vétilleries sémantiques. Ni étymologiques : il me semble que les vacances ont quelque chose à voir avec la vacuité… Pas de musique, donc, peu de lectures — et fort oubliables, à l’exception de quelques réjouissantes chroniques de David Foster Wallace (Un truc soi-disant super auquel on ne me reprendra pas, Au Diable Vauvert, 2005). Rare bonheur que de se laisser aller au farniente, à des plaisirs futiles, à des jeux un peu bêtes, à des enfantillages en quoi nous voudrions retrouver quelque chose d’une innocence et d’une spontanéité depuis longtemps perdues… Je n’avouerai jamais, naturellement, que j’ai fait des châteaux de sable avec mes petits-enfants, mais je me réfugierai une fois encore, en manière d’excuse, derrière Montaigne évoquant la naïveté de Scipion : "… il n'est rien qui lui donne plus de grâce que de le voir nonchalamment et puérilement baguenaudant à amasser et choisir des coquilles, et jouer à cornichon-va-devant le long de la marine."

 

dimanche, 06 juillet 2008

Congés annuels

Reprise du blog dans le courant du mois d'août...

vendredi, 04 juillet 2008

Nos amies les bêtes

"Samedi 29 juin, vers 20 heures, une dame promenait son caniche à Louhans. Un jeune homme l'a renversée par terre, lui a arraché son débardeur, son soutien-gorge et sa culotte pour lui lécher les seins et les fesses tout en l'injuriant. Puis, comme l'a rappelé le président du tribunal, il a effectué un mouvement de va-et-vient contre elle sans sortir son sexe avant d'éjaculer dans son propre pantalon et de prendre la fuite…" (Le Journal de Saône-et-Loire, 3 juillet 2008)

Et pendant ce temps-là, que faisait le caniche ?
On pense à l’épisode de dame Laurence, fouettée sous les yeux de sa jument, dans le Moyen de parvenir :
"— Que faisait la haquenée tandis qu’on fessait la dame ?
— L’as-tu pas ouï ? elle chiait de male rage de peur, et fientait si sec que ses étrons devinrent étuis de lunettes pour ceux qui ont courte haleine." (chap. 15, "Dessein", éd. Folio, p. 87)

jeudi, 03 juillet 2008

Vapeurs de rate

les praticiens qui vous accablent de considérations hygiénistes et de sous-entendus comminatoires, adeptes en particulier du jansénisme diététique, ne trouvent pas gênant de laisser traîner dans leurs salles d’attente des mois de revues dépenaillées, cent fois feuilletées par des mains égrotantes. Sachant que j’aurai à attendre un moment à la clinique, je glisse dans mon sac, par précaution, le premier livre qui me tombe sous la main — les Maximes de La Rochefoucauld. Le hasard ne fait pas forcément bien les choses ; j’aurais peut-être dû prendre le temps de choisir une lecture un peu plus réconfortante : "Peu de gens connaissent la mort. On ne la souffre pas ordinairement par résolution, mais par stupidité et par coutume ; et la plupart des hommes meurent parce qu’on ne peut s’empêcher de mourir."

vendredi, 27 juin 2008

Thanatophobie

Je ne suis pas loin de penser que l’abus des formules apotropaïques pourrait bien, à la longue, finir par porter malheur.

samedi, 21 juin 2008

Le bonheur des tristes

Lille. À l’épicerie dite naguère "des Jardins", un beau spécimen d’homo eremistus, la quarantaine violacée, s’inquiète de l’état de son crédit avant de déposer ses achats sur la banque : une bouteille de mousseux, une flasque de pseudo-cognac et des pommes de terre… en boîte. Il y a aussi des sucettes pour le mioche, collé à l’épave comme un rémora poisseux. Ces pommes de terre en conserve ont quelque chose d’obscène et de pathétique.