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jeudi, 03 septembre 2009

Remembrances du vieillard idiot 5

Lichtenberg : "Il avait donné des noms à ses deux pantoufles."
Je me souviens vaguement d'une histoire dans laquelle il était question d'un paysan qui, ne manquant sans doute ni de lettres ni d'esprit, avait baptisé ses deux sabots percés "Vole terre" et "Boit l'eau".

 

lundi, 31 août 2009

Géorgique d'été

Chapeau de paille, poings aux hanches, mon voisin regarde grossir ses potirons tandis que l'arrosoir se remplit lentement au robinet qui pissote.

samedi, 29 août 2009

Saint-Tampion-le-Machin

Saint-Gérand.jpgHier, quarante-quatrième chapitre de la Confrérie du Vieux Pressoir, à Ambierle, petit bourg de la Côte roannaise. Le matin, nous visitons l'église prieurale : toiture de tuiles polychromes vernissées, remarquable retable, parfois attribué à Van der Weyden — plus vraisemblablement un travail d'atelier. L'après-midi, "marché de pays", cérémonie d'intronisation et dîner. Nous goûtons l'andouille de Charlieu et un petit rosé au nez de bonbon anglais.
Ce matin, avant de prendre le chemin du retour, nous achetons à Renaison un gros pain de campagne à la croûte épaisse et recuite, des sabots de hêtre avec leurs "bricoles" de cuir. Traversée de Saint-Gérand-le-Puy, où l'auteur d'Ulysses séjourna quelques mois, en 1940, avant d'aller mourir à Zurich. Il y buvait du pernod à l'hôtel de la Paix et se promenait dans le village les poches bourrées de cailloux. À cause des chiens.

jeudi, 27 août 2009

La cognizione del dolore 11

Hier, journée santé. D'une clinique l'autre, radios, examens, palpations... Apparemment, le "temps de paradis" se prolonge. Aujourd'hui, du coup, hors-d'œuvre riches, queues de lotte, sanglier avec sauce au vin — blanc de Collioure et bordeaux Verduc des Chanelles de l'excellente madame Bernède. Pourvou qué ça doure !

lundi, 24 août 2009

Prosateurs américains — notule

Écrivains américains : une écriture, mais pas de style (le charme étrange des Domaines hantés ou de La Maison d'haleine tient plus au style de M.-E. Coindreau qu'à l'écriture de Truman Capote ou de William Goyen) — il faudrait toutefois exclure de cette généralisation des auteurs comme Brautigan, Auster, Pynchon, peut-être Vollmann…
Un talent particulier pour le Bildungsroman ou l'évocation de l'enfance — y compris dans le roman étiqueté (par commodité) "polar" : Larry Brown, Joe R. Lansdale, Donna Tartt, Daniel Woodrell… Quelques beaux textes parmi d’autres : Jim Grimsley, Les Oiseaux de l’hiver ; William Maxwell, Au revoir, à demain ; Larry Watson, Montana 1948
Ironie de Grimsley (cf. Kundera : l’ironie consubstantielle du roman) : "Je suis pieds nus, mais maintenant c’est parce que j’aime être ainsi, et quelquefois je mets seulement des chaussettes, frottant joyeusement le linoléum avec le dessous des chaussettes, et parfois je mets des chaussettes et des mules, et d’autres fois encore des mules et pas de chaussettes. La liberté est une belle chose et elle est faite de mille détails insignifiants." (L’Enfant des eaux My Drowning, 10 x 18, 2001)

Cornettes et sonneries 6

Je me dégarnis ; ma barbe blanchit ; je prends du poids ; je me surprends de plus en plus souvent à dire des stupidités. Cela m'ennuie, car :
— je n'aime pas les vieux ;
— je n'aime pas les gros ;
— je n'aime pas les cons.

samedi, 22 août 2009

Petite anthologie portative 53

DANS LA PETITE BOÎTE

Dans la petite boîte,
j'y ai retrouvé les noyaux de pêche
et tout plein d'images ;
il y avait aussi la toupie cassée
avec son fil rouge tout entortillé,
et le lance-pierres avec un caillou.

Dès que je l'ai aperçu
c'est lui seul
que j'aurais voulu prendre :

j'aurais visé le temps
qui noie toutes choses
et même les plus belles.

(Albino Pierro, "Nd' 'a cascittèlle", trad. du lucanien par Philippe Guérin, in Métaponte, Orphée/La Différence, 1996)

"Reddite igitur..."

Ma commande mensuelle de lecture n'étant pas encore arrivée à la "Maison de la Presse", je relis Le Vent Paraclet de Tournier. Cette "autobiographie intellectuelle" est sans doute l'un de ses meilleurs textes. Je gardais le souvenir de propos intéressants — quoique sans grande originalité — sur le rire et la métaphysique, la pédagogie, le travail du traducteur, le jargon philosophique, la sénilité... J'avais oublié — preuve que je ne suis pas, sans doute, un lecteur trop vétilleux — ce passage qui n'a fait l'objet d'aucun repentir à l'occasion des rééditions ou tirages successifs du livre : "...ce jardin de curé moussu et touffu avait le charme et l'éclat voulus par la citation célèbre de Maurice Leblanc." Il est tout de même surprenant que personne ne se soit avisé d'une bourde de ce calibre !

mercredi, 19 août 2009

Mémoire de lièvre

Rien de plus irritant que de ne pas retrouver les références d'une citation, d'une phrase qu'on sait avoir lue quelque part et que l'on a perdue. L'anecdote à propos des tricoteuses profanant les cadavres — à laquelle il est fait allusion dans une précédente note — est absente du Journal des Goncourt, où je l'ai cherchée en vain pendant des heures. De la même manière, le "temps de paradis" dont Quignard a parlé quelque part (mais où ?) et les propos de Steiner proclamant, si je me souviens bien, la supériorité de Mozart sur le tam-tam n'ont pas fini de me tracasser. Quant aux "omelettes froides" de Faguet, je me rappelais bien les avoir trouvées dans les Souvenirs des milieux littéraires de Léon Daudet : on n'oublie pas de telles perversions culinaires !

mardi, 18 août 2009

Kitsch et quetsches

Escapade de quelques jours du côté de chez Nicolas Untersteller, Théodore Gouvy — ou, si l'on préfère, Patricia Kaas. Les petits villages frontaliers se transforment, un peu plus chaque année, en tristes banlieues pavillonnaires, environnées de friches à bâtir, de vergers à l'abandon. Des pruniers d'âge respectable croulent un peu partout sous le poids des quetsches ou des mirabelles que personne ne cueille et qui finiront par pourrir dans les graminées folles, livrées aux fourmis, aux guêpes, aux oiseaux du ciel. Les lourdes fermes lorraines encore debout sont cernées de prétentieuses villas au crépi tout frais, cauchemars de stuc, aluminium et PVC, dont la vulgarité teutonne s'aggrave de kitschissimes fioritures pseudo-pompéiennes.