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samedi, 10 septembre 2016

Météo 39

"La journée s'annonce calme et bien ensoleillée, excepté sur le relief où des nuages bourgeonnent pour donner des averses localement orageuses."
(Météo France, 10 septembre 2016 — Bulletin actualisé à 5 heures)

À plus long terme :
"Le futur est bien obscur. Aussi ne puis-je l'envisager avec beaucoup d'optimisme."
(Eric J. Hobsbawn, Les Enjeux du XXIe siècle, Éditions Complexe, 2000)

dimanche, 04 septembre 2016

Le grand style 27

"La résignation des pauvres gens s'étend sous le ciel comme une bête blessée et regarde doucement les choses dont elle ne peut point jouir."
(Charles-Louis Philippe, La Mère et l'enfant, Éditions de la Nouvelle Revue Française, 1911, p. 72)

vendredi, 02 septembre 2016

"Je m'en suis venu visiter mon païs de vache et sçavoir si en vie estoyt parent mien aulcun..."

000000000000a.jpgLes fantômes de ceux qui les ont habitées finissent par quitter, un jour, les maisons vides, livrées à l'oubli et aux patients saccages du temps. Les maisons meurent aussi, se délabrent lentement, les ronces et les orties envahissent les jardins, les fruits, que personne ne cueille plus, pourrissent dans l'herbe.
Retrouver la maison d'enfance, désormais sans âme, est un crève-cœur. Le ciel est impitoyablement bleu, le soleil brûlant, le silence de la campagne fige toutes choses dans une éphémère éternité...
Nous désherbons, débroussaillons, fauchons les herbes folles. À midi, nous déjeunons frugalement à l'ombre du grand laurier. Bientôt, il faudra reprendre la route, revenir à la morosité du "bel aujourd'hui".
Nous rentrerons par ces petites routes du Bourbonnais qui nous sont chères, musardant du côté de Tronçais, saluant au passage d'autres fantômes — ceux de Charles-Louis Philippe et de Giraudoux... Les panneaux indicateurs évoquent les amours romanesques du Grand Meaulne ; les tours ruinées d'Hérisson nous parlent, comme les romans baroques, d'épopées guerrières cruelles et de tribulations sentimentales. On croit entendre le cliquetis des armes et des armures...
Ce n’est que le bruit des massettes et des burins des bénévoles qui s'activent parmi les décombres. Comme si l'on pouvait ressusciter le passé.

lundi, 29 août 2016

Lentilles vert émeraude 4

Ce matin, sur France Culture, quelques "phrases entendues dans le milieu de la mode et sur les défilés", lues par Catherine Deneuve — avant-goût d'un programme prochainement diffusé sur Arte, florilège, nous dit-on, de "tweets désopilants de Loïc Prigent".
J'entends : "C’est tellement moche, on dirait une fraise de l’an prochain."
Cette comparaison surréaliste — ou totalement idiote — me tracasse un moment et je l'oublie.
Je découvre ce soir, dans la rubrique télé du Figaro, qu'il fallait entendre fringue.
C'est, d'une certaine manière, rassurant. Mais je préférais tout de même la fraise...

samedi, 20 août 2016

Remembrances du vieillard idiot 18

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J'allais, ce matin, récrire à l'identique — à un mot près — la première de mes "remembrances", publiée il y a dix ans :

"J'avais
Lorsque j'étais petit
Un éléphant en caoutchouc
Couleur cachou"

Ce que c'est que la mémoire !

jeudi, 18 août 2016

"Sempre caro mi fu..."

Brève promenade en Bourbonnais.
Petits villages aux places désertes, somnolents dans la torpeur de l'après-midi ; rares automobiles sur les routes étroites, qui serpentent entre les haies vives, les pâtures grillées par les journées de canicule, les éteules... Après Hyds et Colombier, voici Beaune-d'Allier, sa petite église au clocher octogonal coiffé d'un dôme et d'un lanternon en tulipes renversées, couverts de bardeaux de châtaignier. Quelques kilomètres plus loin, à  Saint-Bonnet de Four, cet autre clocher singulier, dont la flèche en vrille se tord sur le ciel où passent de gros cumulus battus en neige. La dernière fois que je suis entré, ici, dans la modeste église romane, un passereau affolé voletait sous les voûtes en pépiant, cherchant désespérément une issue. Aujourd'hui, un placard invite le visiteur à "tenir la porte fermée à cause des oiseaux". Dans le cimetière, tout proche, on voit, sur une tombe, une plaque funéraire représentant des châtrons charolais, et une autre évoquant les passe-temps halieutiques — suppose-t-on — du défunt.
Oiseaux, bœufs, poissons : toute une symbolique religieuse — ici, sans doute, purement accidentelle. Je prendrai le temps, au retour de me plonger dans l'énorme Bestiaire du Christ, de Louis Charbonneau-Lassay, pour réviser tout cela. Je me souviens, écrivant ces lignes, d'un graffiti figurant, dans un coin de la basilique Saint-François d'Arezzo, saint Antoine de Padoue prêchant aux poissons et d'un autre saint Antoine — l'ermite —, accompagné, sur un tableau d'une église de Ravenne, d'un cochon gros comme une souris...

lundi, 15 août 2016

Météo 38

Réouverture paresseuse du blog, après une année de mise en sommeil, en ce jour de la Dormition de la Vierge.
Lundi au soleil, à la campagne ; chaleur écrasante l'après-midi, longue sieste.
À l'approche du soir, le ciel se couvre, le vent fraîchit, tout baigne dans une lumière jaune, un vol de corneilles craille et tourbillonne follement au-dessus des arbres. L'orage se déchaîne, les écluses des cieux s'ouvrent. Il pleut...

vendredi, 13 novembre 2015

"À vos risques et périls..."

image livres.jpg

samedi, 15 août 2015

"Sistimus hic tandem nobis ubi defuit orbis..."

Comme annoncé dans une précédente note, j'interromps aujourd'hui ce blog ouvert il y a dix ans, jour pour jour. J'ai brièvement indiqué les raisons de cette clôture : fatigue — ou simple paresse —, sentiment de tourner un peu en rond et manque d'intérêt de plus en plus marqué pour le monde qui m'entoure ; mes lectures, mes modestes "perambulations hexagonales", mes détestations recuites et mes ressassements finissent probablement par lasser les rares visiiteurs...
Et puis, bien sûr, il y a Facebook (où l'on n'a pas de visiteurs, mais des "amis"), la tentation de la facilité, la séduction de la facilité, de l'éphémère et du frivole. C'est autre chose et — paradoxalement — ce n'est pas plus sincère, pas plus authentique, plus intime, même si l'on y avance en général à visage découvert — précisément parce que l'on n'est plus protégé par le masque de l'hétéronymie. Facebook impose d'autres codes, d'autres techniques ou tactiques de brouillage afin de déconcerter les indoctes, les indésirables, les "cafards" tant redoutés de Rabelais, moyennant quoi, on peut y dialoguer entre gens de bonne compagnie : " Qui habet aures audiendi, audiat."
On pourra donc, si l'on veut, me retrouver ici, orthonyme, en attendant — peut-être — qu'un nouvel avatar prenne un de ces jours le relais de Constantin :
https://www.facebook.com/michel.j.renaud

Après avoir parcouru les "archives" des dix années écoulées, je m'aperçois que les mois d'août — outre qu'ils sont certainement plus meurtriers que les mois d'avril — sont peu propices à la tenue de "papiers journaux", fussent-ils dématérialisés. Cinq notes seulement en date de la mi-août. On ne sait pas ce qu'il est advenu de la panthère du cap Gris-Nez. "Je croy qu'elle n'y soit plus maintenant."

Lundi, 15 août 2005
Journée orange

Journée orange dans le sens des retours.
"Suave mari magno..." Indifférent aux tribulations de la tourbe motorisée, on relira, avachi dans sa chaise de jardin, "Les convois des ponts fériés" de Fruttero et Lucentini (La Prédominance du crétin, Le Livre de Poche, 1990).

L'esprit du blog : la brièveté.

Préférer la notule éphéméridique à la tartine.
Le blog à prétention littéraire devient l'exutoire des chieurs d'encre frustrés, des impubliés, des impubliables, à qui le volumen conviendrait mieux que la page-écran.
"Pourquoi développer ?
Développées, les entrailles de l'homme mesurent neuf mètres. Enveloppées aussi." (Louis Scutenaire, Mes inscriptions)

Écrire sur l'eau, écrire sur la pierre...

"Socrate. Mais l'homme qui possède la science du juste, celle du beau, celle du bien, devrons-nous affirmer qu'il a moins d'intelligence que le cultivateur, par rapport aux semences qui sont proprement les siennes ?
Phèdre. Pas le moins du monde, c'est certain !
Socrate. Ainsi, tu vois, ce n'est pas pour de bon qu'il ira écrire sur l'eau ces choses-là au moyen d'encre, usant d'un roseau pour ensemencer avec des discours, qui ne sont pas seulement impuissants à se porter assistance à eux-mêmes par la parole, mais impuissants aussi à enseigner convenablement la vérité !" (Platon, Phèdre, 276 b, trad. Léon Robin)

"Ce fut en 1779, le 5 novembre, à l'époque de mon premier mal de poitrine que je commençai d'écrire sur la pierre, à l'Île-Saint-Louis : cette première inscripcion est à la dixième pierre, à gauche du Pont-rouge, en y entrant par l'île. Je la fis dans cette idée : verrai-je cette marque l'année prochaine ?"
(Rétif de La Bretonne, Mes inscripcions)
Le blog : écrire sur du vent.

Mardi, 15 août 2006
Toujours des chats ?

Entendu ce soir aux informations : la panthère noire qui hante depuis quelque temps les abords du cap Gris-Nez ne serait, en fait, qu'un chat sauvage — ou un très gros chat noir...
Dans le doute, les battues continuent. Pour le plus grand bonheur, suppose-t-on, des gros cons, casquette en bataille et fusil en bandoulière.

Mercredi, 15 août 2007
Théologie et aérostatique

"Après avoir adressé, le 1er mai 1946, à tous les évêques du monde une lettre officielle demandant si l’assomption corporelle de Marie dans le ciel pouvait être définie comme dogme et s’ils désiraient cette définition avec leur clergé et leur peuple, devant la réponse affirmative de presque tous les évêques, le pape Pie XII proclama le 1er novembre 1950, par la constitution apostolique Munificentissimus Deus, comme dogme révélé par Dieu, que l’Immaculée Mère de Dieu a été élevée en corps et en âme à la gloire céleste." (Louis Ott, Précis de théologie dogmatique, Mulhouse, Salvator, 1955, p. 298)
Avant cette mise au point, les théologiens faisaient preuve de la plus grande circonspection : "L’assomption corporelle de la Vierge, lit-on dans le dictionnaire de théologie de l’abbé Bergier, n’est point un article de foi, puisque l’Église ne l’a pas décidé, et que plusieurs anciens et modernes en ont douté." (Édition de 1852, Paris, Louis Vivès, p. 160)
On trouve, dans le dictionnaire critique de l’abbé Féraud, cette intéressante précision : "On dit l’Ascension de Notre Seigneur parce qu’il monta et s’éleva lui-même, et l’Assomption de la sainte Vierge parce qu’elle fut enlevée dans le Ciel."

mercredi, 24 juin 2015

Remembrances du vieillard idiot 17

Lichtenberg parle d'un homme qui avait donné des noms à ses deux pantoufles.
Le vieux trimardeur avait-il lu Lichtenberg ? Il avait baptisé ses sabots troués Vole-terre et Boit-l'eau. Sans doute, lui-même n'en buvait-il guère, mais il avait du moins quelques lettres.