Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 15 mars 2020

Le sens de l'épigraphe 5

"Mon propos est précédé de trois épigraphes. La plupart des causeries, conférences, et communications de circonstance sont vite oubliées. En revanche, toute épigraphe devrait être mémorable. Mes lecteurs pourront naturellement oublier ce que je vais leur raconter ici, mais il me semble qu'ils devraient quand même retenir ces épigraphes."
(Simon Leys, "Des mensonges qui disent la vérité", in Le Bonheur des petits poissons, J.-C. Lattès, 2008)

jeudi, 23 janvier 2020

Le sens de la formule 16

Nancy Huston, parlant de la première de ses trois belles-mères :
"... une personne obèse et bourrue sans métier autre que celui de mère juive."
("Les trois belles-filles" in Nord perdu, Actes Sud, 2019)

samedi, 18 janvier 2020

Papiers journaux, bonshommes Ripolin et continuité des parcs 2

"Citer l'autre"

"On me reproche de trop citer d'auteurs. Mais les citations ne sont pas des paravents derrière lesquels se réfugier. Elles sont la formulation d'une pensée qu'on a caressée un jour et que l'on reconnaît, exprimée avec bonheur, sous la plume d'un autre. Les citations révèlent l'âme de celui qui les brandit. Elles trahissent le regret de ne pas avoir su ou n'avoir pas pu dégainer sa pensée."

(Sylvain Tesson, Géographie de l'instant, Éditions des Équateurs, 2012)

dimanche, 12 janvier 2020

Le sens de l'épigraphe 4

"C'est ainsi qu'un jour, par hasard, nous nous rappelons tant de visages, tant de choses, mais il n'y a plus personne pour se souvenir de nous, et nous sommes encore vivants."
(Angelo Rinaldi — source non précisée : La Dernière Fête de l'Empire in Comedia de Thierry Jonquet, 2005)

Qui se souvient d'Angelo Rinaldi, — encore vivant puisque "immortel", romancier distingué et critique fielleux ?

mercredi, 01 janvier 2020

Chief de l'an

Et comme chaque année, sur Facebook, en guise de vœux de nouvel an, la prière de Nick Tosches — Hæc placuit semel, hæc decies repetita placebit...

"Il y a ceux que j'aime et que je porte en moi. Certains que j'ai abandonnés depuis longtemps, d'autres qui m'ont depuis longtemps abandonnés. Et qui pourtant sont toujours présents en moi, dans l'amour que je porte en moi.
Il y en a aussi que je n'ai jamais abandonnés et qui ne m'ont jamais abandonné...
Quant au reste d'entre vous, ni moi ni les êtres que je porte en moi ne souhaitent votre présence, qui nous serait intolérable. Tout ce que je vous souhaite, vous dont la peur, la bêtise et la jalousie ont assombri mon existence antérieure tout en vous faisant vivre vous-mêmes dans l'abjection — et vous savez qui vous êtes, de même que ceux que je porte en moi savent qui ils sont —, c'est que votre vraie mort, à laquelle votre mort spirituelle a préludé depuis belle lurette, arrive avant la mienne.
Au nom du Père, du Fils et du Saint-Esprit, amen."

J’aurai tout de même une pensée particulière pour ces amis disparus — "de si près tenus", naguère, "et tant amés" — dont chaque année ajoute le nom à l’obituaire.
Amis perdus, complices, amis des fantoches, amis des amis d’Étienne, de Rose ou de Constantin, amis des "longues beuvettes", des pétanques estivales sous le soleil du Brionnais.
Amis éphémères, parfois, emportés par le vent mauvais du hasard, que nous ne reverrons plus sur cette terre, que l’on reconnaît à peine sur les vieilles photographies, ombres errantes qui reviennent encore parfois hanter nos rêves comme le vague remords d’une faute oubliée…
Le "chief de l’an" incline à la mélancolie.
Buvons. Jamais nous ne boirons si jeunes.

mercredi, 18 décembre 2019

Choses vues 12

Vaguement quenaldien.
"Le chien des Polonais a chié dans le jardin.
— C'est un monostiche.
— Certes, mais cela n'excuse pas tout."

samedi, 12 octobre 2019

Automne 4

Image à insérer0.jpg

Début d'automne au jardin. Couleurs de saison. Mauve souffreteux des grands asters, des cyclamens — hier encore, des colchiques. Dans la haie, rose fané des bonnets carrés du fusain. Les feuilles du saule jaunissent, celles des arbres à perruques prennent des tons d'ecchymose, de viandes mortifiées...
Seuls réjouissent l’œil, dans cette palette maladive, les gratte-culs vermeils et dodus de l'églantier.

S'ensuivent cinq haïkus d'automne.
Plus ou moins botaniques ou dendrologiques...

Les cynorrhodons
Jolis petits gratte-culs
vermeils et dodus

Les bonnets carrés
aux branchilles du fusain
berlingots vireux

Déjà l'aubépine
pour les oiseaux de l'hiver
mûrit ses cenelles

Du tilleul parfois
tombe comme en parachute
quelque carcérule

Il faudrait encore
dire deux mots des samares
du vieux sycomore

On n'en finirait pas...

mercredi, 02 octobre 2019

Vendémiaire

Crépuscule d'octobre.
Départementales étroites du Bourbonnais.
Il pleuvine, pleuvote, pleuvasse.
Poésie des lieux-dits — toponymes qui sont aussi des patronymes : endogamie des Boïens sédentarisés avec l'assentiment de César.
"Boios, petentibus Hæduis, quod egregia virtute erant cogniti, ut in finibus suis collocarent, concessit ; quibus illi agros dederunt quosque postea in parem juris libertatisque condicionem, atque ipsi erant, receperunt." (De Bello Gallico, I,28)
Des lampes s'allument dans les cuisines des fermes.
On roule à petite allure ; chuintement des pneus sur la chaussée mouillée, cliquetis assourdi des essuie-glaces ; on écoute en boucle le palindromique To rococo rot...

mercredi, 25 septembre 2019

Remembrances du vieillard idiot 20

Au menu dominical
du lycée Blaise-Pascal :
le steak de cheval...

Céleris et viande
morte baignaient dans un jus
couleur de purin.

(Clermont-Ferrand, années 70)

Plaisirs du dimanche. Pour les pions de service ce jour-là, les matinées étaient moroses. Dans le bureau du surveillant général, aux murs d'un vert chlorotique, nous nous partagions les feuilles de La Montagne. Vialatte y publiait alors ses dernières chroniques. La mélancolie et la mort y rôdent au détour de chaque paragraphe : Et in Arcadia ego...
"Il va falloir un jour entrer dans la vieillesse. C'est un appartement désert.
Par les fenêtres on y voit la vie. Mais on ne l'y voit plus que par les fenêtres. Au crépuscule, elle est peuplée de fantômes. Et puis, un jour, soi-même, on se déguise en souvenir."

jeudi, 12 septembre 2019

Le mystère de l'omelette aux pommes de terre

L’œuf était dans la boîte... et après, il n'y était plus.
L’œuf de Schrödinger ?
Il y a des incidents domestiques inexplicables.
Certes, ce n'est pas Double assassinat dans la rue Morgue, mais tout de même...
Je n'en ai pas bien dormi cette nuit. Après tout, c'était peut-être simplement à cause du chat juché sur mon estomac, tel le cauchemar de Füssli — pas le chat de Schrödinger : le nôtre, naguère erratique, sédentaire aujourd'hui, avec ses exigences de fils unique et des manies de vieux garçon.