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lundi, 05 octobre 2009

Diem perdidi 4

J'aurai passé une bonne partie de mon lundi à chercher — en pure perte — l'exemplaire de l'Espace littéraire que je croyais avoir rangé sur un rayon accessible de ma bibliothèque. J'ai retrouvé, en revanche, un certain nombre d'ouvrages oubliés — la plupart obscurs, inutiles et, pour certains, jamais lus, comme ce Triomphe de la Mort de Gabriele d'Annunzio ou un Traité de l'examen des crachats, de Fernand Bezançon et S.I. de Jong (Masson et Cie, 1912), agrémenté de planches hors-texte sous papier cristal. Voilà à quoi conduit l'accumulation compulsive et vaguement fétichiste de livres en tout genre. Ainsi Aristote ou Boris de Rachewiltz se retrouvent-ils, au fond d'un placard, en compagnie de Lin Yutang ou Guido Morselli. Et, quoi qu'ait pu en écrire, justement, Blanchot, les livres qu'on ne lit pas existent, et prennent de la place. Ils sont la mauvaise conscience du bibliomane.
À propos du culte — ou de la haine — des livres, des thèmes connexes de la "bibliothèque de Babel" et de la "bibliothèque en feu", on ne saurait trop recommander la lecture du substantiel essai de Lucien X. Polastron,
Livres en feu. Histoire de la destruction sans fin des bibliothèques (Folio/Essais). Une somme érudite, avec l'intelligence et le grain de sel qui font trop souvent défaut aux ouvrages savants. Blanchot, toujours : "La gravité n'exclut pas la légèreté." Je ne peux, hélas ! vérifier l'exactitude de la citation...

Commentaires

J'aime bien ce désordre des bibliothèques, de temps en temps un livre nous appelle...

Écrit par : Ray | lundi, 05 octobre 2009

On peut, de la même façon, aimer les routes buissonnières et les heureuses surprises qu'elles nous réservent. Il arrive aussi, malheureusement, que l'on doive se transporter d'un point à un autre sans trop musarder !

Écrit par : C.C. | lundi, 05 octobre 2009

Blanchot ne croit pas si bien dire car la gravité de Galilée est une théorie de la chute des corps dépourvus de poids, qui ne font que choir sans bruit sur le papier. Pour assurer la bonne fonction de son idée, Newton est même obligé de lester sa terre-mère d'une ceinture d'astéroïdes poétique. Poésie qui n'est pas sans rapport avec "Aristote au placard".

Écrit par : Lapinos | mercredi, 07 octobre 2009

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