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dimanche, 13 mai 2007

Oh ! les beaux jours

Dès qu’il fait beau, les voisins s’installent sur leur terrasse, déjeunent dehors et manifestent bruyamment leur satisfaction tout au long de l’après-midi. Le populaire ne saurait être pleinement heureux s’il n’éclaboussait autrui de son indiscrète jubilation. Le grand-père graillonne, la grand-mère glousse et jacasse, les petits-enfants glapissent, l’horrible roquet clabaude... Pourvu qu’il pleuve ! "Levez-vous vite, orages désirés…"

mardi, 08 mai 2007

Le désir reconduit du Ventoux

Comme mes modestes moyens ne me permettent pas d'aller me récréer au large de Malte, je pars pour un jour ou deux au pays de Laure et de René Char. Trop de bruit et de fureur sans mystère, ces derniers jours...

lundi, 07 mai 2007

L’ère du soupçon

J’incline à penser que ceux qui ont hitlérisé les affiches électorales de monsieur sarkozy et déclarent avoir honte aujourd’hui d’être français, sont assez proches de ceux qui, sur tel ou tel site nauséabond, le qualifient de "nain" ou de "juif hongrois".

Vu à la télé... 2

Soirée électorale. Les proches du vainqueur et ses partisans — ceux du moins qui l'entourent — ont plutôt bonne mine : "la France qui se lève tôt" ne semble pas exténuée par son dur labeur.

samedi, 05 mai 2007

"Pou en est qui de court vuelent estre apostate"

Se revolter signifiait en ancien français "se retourner, changer de parti", comme l’atteste le glossaire de La Curne de Sainte-Palaye. Faut-il considérer comme un renégat celui qui se revolte parce qu’il est révolté des compromissions et des palinodies de son clan ? "On aime quelquefois la trahison, nous dit un autre dictionnaire, mais on hait toujours les traîtres." Il n’est pas si facile, par les temps qui courent, de déterminer qui sont ceux-ci. Ni de décider que telle ou telle trahison est aimable.

vendredi, 04 mai 2007

Vu à la télé...

LA MÔME NÉANT

 

(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë,
nasillarde, cassée, cassante, caquetante, édentée
)

Quoi qu'a dit ?
— A dit rin.

Quoi qu'a fait ?
— A fait rin.

À quoi qu'a pense ?
— A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?

— A'xiste pas. 

 

(Jean Tardieu, "La môme Néant",
Monsieur Monsieur, Gallimard, 1951)

Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, etc.

mercredi, 02 mai 2007

"Il fait beau à n'y pas croire..."

Lille. Ciel d'un bleu superlatif. Temps à rédiger des cartes postales à la terrasse des cafés, à regarder les passants passer... On s'offre, pour la couleur — fantaisie printanière —, une kriek-cerise de La Bécasse dans un verre ballon.
Le vent fripon emporte l'addition.

mardi, 01 mai 2007

Coups de pied au cul qui se perdent

Sur le site du Nouvel Observateur, un nouvel appel "d'universitaires, chercheurs et personnalités" en faveur de madame Royal. Beaucoup de réactions du genre : "Mais qui sont donc ces gens dont personne n’a entendu parler ?" Un visiteur s’insurge : que les béotiens qui ne connaissent pas Dubet, Boltanski, Wolton… retournent à l’école ! Ces gens-là ne devraient pas avoir le droit de voter.
Je suis bien désolé de ne pas savoir qui sont ces sommités intellectuelles. J’ai honte de mon ignorance. Du coup, je ne vais peut-être pas me rendre aux urnes ce dimanche, indigne que je suis d’entrer dans l’isoloir. Je lirai des nouvelles de Sam Shepard ou des poèmes de René Char sous la glycine. Avec un verre de chasselas de Pouilly-sur-Loire.

samedi, 28 avril 2007

La merde à cheval

Chronique littéraire de Charles Dantzig sur Europe 1 : ce matin, le petit pion bave sur Aragon. Avant-hier, dans le Figaro, c'était Claude Michel Cluny qui qualifiait René Char de "petit maître de l'obscurité"... Il semble que ce dernier ait déjà répondu, par anticipation : "Tout bien considéré, sous l'angle du guetteur et du tireur, il ne me déplaît pas que la merde monte à cheval."

jeudi, 26 avril 2007

Météo 20

Hier et aujourd'hui, orages vespéraux d'une rare violence pour la saison. L'orage me cause toujours un profond malaise, une oppression pénible, un sentiment d'angoisse — même s'il m'effraye moins qu'autrefois. Ce n'est certes pas moi qui chasserais la foudre en boule de ma cuisine à coups de torchon, comme cet aubergiste du Gour de Tazenat dont parle Vialatte !
Je me rappelle ces terribles orages de l'enfance qui nous surprenaient l'été, dans les prairies au bord de la Loire. Mon cousin, plus âgé que moi, m'avait appris qu'il ne fallait pas s'abriter sous les arbres : nous nous plantions donc à découvert, ruisselants sous le déluge, nos cannes à pêche dressées vers le ciel... J'en frémis rétrospectivement !