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vendredi, 26 janvier 2007

Divertissement d'ilotes

Regardé hier soir sur "Arte", par paresse et sur la foi de critiques élogieuses, Short cuts de Robert Altman. Cent quatre-vingt-sept minutes de perdues, c'était à prévoir. Que reste-t-il de Carver dans tout cela ? Je ne comprendrai jamais que l'on s'obstine à adapter au cinéma des œuvres littéraires, dont l'intérêt ou le charme résident, par définition, dans l'écriture. Comme le voyage, le cinéma "n'est — selon la formule de Colette — nécessaire qu'aux imaginations courtes".

mercredi, 24 janvier 2007

Grosses neiges

Le mot neige est aussi un hétérographe de naige, autre forme de nage, c’est-à-dire "fesse" en ancien français : "Ma damoyselle aux grosses neiges." (Récréations et devis amoureux, cité par La Curne de Sainte-Palaye)
On se rappellera, à ce propos, l’origine du nom du grand singe papion Bosse-de-Nage, lequel ne savait de parole humaine que : "Ha ha !"

Après la tourmente

Elle est retrouvée. Quoi ?
— L'Électricité. 

Neige

medium_Neige.jpgHier, une vraie journée d'hiver. Voitures bloquées, électricité coupée, nous mesurons à quel point nous sommes tributaires des commodités de la vie moderne, dont nous nous sommes fait des servitudes. Ces gestes quotidiens, machinaux, tout à coup absurdes... Il faut s'enfoncer jusqu'aux cuisses dans la neige pour aller chercher un peu de bois au fond du jardin, allumer le feu dans la cheminée. Nous mangeons notre bol de soupe au coin de l'âtre, comme les paysans de Jules Renard...
Plus tard, au lit, je me rappelle les chambres glacées de l'enfance et le givre sur les vitres, au matin.

lundi, 22 janvier 2007

Météo 18

"Il neigeait, et voici nous en dirons merveilles : l'aube muette dans sa plume, comme une grande chouette fabuleuse en proie aux souffles de l'esprit, enflait son corps de dahlia blanc. Et de tous les côtés il nous était prodige et fête."
Très joli, la neige, en effet. Surtout quand on n'a pas à changer ses pneus au petit jour. L'hiver est la plus prosaïque des saisons.

Les grandes inventions

Petite récréation vespérale après une journée pour une fois studieuse : quelques pages de Brisset. J'ai lu il y a bien longtemps la Grammaire logique, mais j'avais un peu oublié à quel point les élucubrations de ce facteur Cheval de l'exégèse et de la philologie sont réjouissantes : "La terre se dit Erde, en allemand. Air d’ai = t’ai air. Erde est la finale du mot merde = j’ai terre. Ce vilain mot dit aussi m’est raide et demande satisfaction. Les démons se défendaient avec l’excrément ainsi nommé, c’est l’origine de l’artillerie." (Jean-Pierre Brisset, Les Origines humaines, deuxième édition de La Science de Dieu entièrement nouvelle, Angers, chez l'auteur, 1913)

dimanche, 21 janvier 2007

Les plaisirs du dimanche 2

Dimanche gris, mouillé. "Grimouillé", pourquoi pas ? puisque la forgerie verbale est à la mode. Nous avons bien eu naguère une publicité répugnante où il était question de cheveux "gramouillés". La gramouillitude des cheveux est un problème qu'on ne doit pas traiter à la légère... Tout cela pour dire que le dimanche à la campagne, par ce temps froid et pisseux, offre une très plausible préfiguration du purgatoire. Que faire en notre gîte ? Somnoler sur le Solitaire premier de Pontus de Tyard après avoir dormi sur Les Chiens de Riga, jeter un coup d'œil aux journaux en ligne — juste pour pester contre la stupidité ordinaire des "réactions" —, écouter la sonate pour violoncelle de Zoltán Kodály et puis, c'est dimanche, après tout ! s'offrir, contre l'avis du corps médical, un petit whisky irlandais. En fait, il faudrait peut être écrire whiskey ? Peu importe. Santé !

samedi, 20 janvier 2007

Salopette

Depuis que les femmes portent la culotte, on n'a même plus besoin d'un Coluche pour qu'une campagne électorale prenne des allures de pantalonnade.

Et moi, et moi, et moi

Blogosphère : tous ego.

Perché leggere i classici 2

Parce que, de tous les livres qui se publient aujourd'hui, rares sont "ceux qui nous apprennent à danser" et ceux, sans doute, dont, dans quelques décennies, on parlera encore "sans les avoir lus". Je viens de rapporter à la médiathèque locale — comme toujours déserte — deux ou trois choses qui me sont tombées des mains au bout de quelques pages. Je vais donc — je me promets de le faire depuis longtemps — relire l’étonnant et superbe Paradiso de José Lezama Lima, à propos duquel, puisqu’il faut toujours que l’on cherche des apparentements, on a pu invoquer Proust. Il me semble que, pour une fois, il eût été plus pertinent de citer Rabelais — pour l’érudition jubilatoire et l’exubérance de la langue — ou encore Joyce ou Gadda… C’est à la lecture de tels romans monumentaux qu’on mesure combien sont dérisoires les enthousiasmes de la critique pour des œuvrettes frais pondues, vouées à un prompt et juste oubli.