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mardi, 18 septembre 2007

Les biens de ce monde

Selon Le Figaro, la fortune du sultan de Brunei s'élève à quelque 22 milliards de dollars.
À midi, j'ai terminé mon déjeuner par un beau morceau de parmigiano reggiano, accompagné d'un verre de terre di maestrale rouge 2001, et une pêche de vigne du jardin. Mon compte bancaire est à découvert comme chaque mois, depuis toujours.
Le sultan de Brunei n'est pas mon cousin.

Dialogues des vivants

— Vous arrive-t-il de penser à la mort ?
— Vous arrive-t-il de ne pas y penser ?

vendredi, 14 septembre 2007

Brève de comptoir

— Jacques Martin est mort.
— Lequel ?

jeudi, 13 septembre 2007

Morale du divertissement

Dans les domaines de l'adultère, de la chasse ou de la corrida, me dit mon ami B., seul est condamnable le prosélytisme.

mardi, 11 septembre 2007

Mardi à la campagne

Journée passée à tondre un gazon depuis trop longtemps laissé à l'abandon, couper les ronces, tailler des glycines d'une décourageante exubérance, repeindre des huisseries délavées par des saisons d'intempéries... Joies de la campagne. Trop heureux les rustiques ? Sacré Virgile !

Rassotez mastins

De tous les prétendus spécialistes de l’œuvre de Rabelais — à qui nous devons chaque année des douzaines d’exégèses et de commentaires nouveaux —, combien eussent été admis à franchir les portes de Thélème ?

mercredi, 05 septembre 2007

"Pourquoi tant s’émerveiller du chameau ?"

J'ai reçu ces jours-ci la volumineuse Anthologie des humanistes européens de La Renaissance, que Jean-Claude Margolin vient de publier en "Folio classique". On devine que cette compilation érudite a dû demander des heures de travail et d’innombrables lectures ; on mesure également, en feuilletant cette somme, l’étendue de notre ignorance, les limites de notre culture. Que savons-nous d’Elio Antonio de Nebrija, de Willibald Pirckheimer, de Beatus Rhenanus, de tant d’autres dont les noms nous sont un peu plus familiers — Castiglione, Cardan ou Mercator ? À peu près rien, ou tout juste de quoi n’être pas complètement ridicule à "Questions pour un champion"… L’intérêt de cette anthologie est de nous faire découvrir un grand nombre d’auteurs ignorés ou méconnus à travers quelques très brefs extraits : cela se parcourt sans ennui, avec un bonheur constant. On y apprend mille choses admirables : que « le figuier sauvage posé au cou des taureaux sauvages tempère leurs pulsions sexuelles » ou que « le chameau saute au son de la trompette »...
Autre lecture, non moins instructive que réjouissante, les Aventures d’un gourmand vagabond de Jim Harrison, dont la truculence et la verve m’enchantent. Verve parfois brutale, qui pourra choquer ceux qui ont le goût délicat : Harrison n’a-t-il pas déclaré un jour, comme il le rappelle avec un soupçon de vergogne, qu’il était "devenu écrivain pour éviter de chier par la bouche comme un politicien" ? On imagine mal le personnage collant aux basques d'un candidat pour écrire une "chronique littéraire" de sa campagne !

vendredi, 31 août 2007

J'aime pas les autres

Il arrive que l’insupportable Pierre Assouline parle d’un bon livre ou d’un auteur rare. Même si ce n’est pour lui qu’une façon passablement hypocrite de se faire mousser, soyons-lui reconnaissants de rendre hommage parfois à des talents trop discrets. Ainsi, dans sa note du 28 août dernier, fait-il l’éloge de l’excellent Jacques A. Bertrand, écrivain qu’on pourrait qualifier de "notoirement méconnu", selon la formule galvaudée de Vialatte — et d’ailleurs assez proche de celui-ci par l’esprit, sinon par le style. Bon point donc pour Assouline, dont nous feindrons oublier un moment la bavarde suffisance… En revanche, force est de constater que les innombrables commentaires déposés sur son blog sont toujours d’une aussi vertigineuse imbécillité.

mercredi, 29 août 2007

Petite anthologie portative 41

"Défense.
Un mur plus très jeune. En lettres noires, avec pleins et déliés : Défense d'afficher. Loi du 29 juillet 1881.
Sous juillet, une main écolière a tracé avec un clou : Le cul de Josyane P.
Dans un cœur."
 
(André Hardellet, "Répertoire" in Les Chasseurs, Livre de poche, 1977)

Autofiction

Titre dans La Montagne : "Charles Dantzig livre un roman sur l'ambition et l'imposture".
Toute ressemblance, etc., etc.