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mercredi, 16 mai 2007

Ce rien qui fait sonner la vie

"J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie." Sans doute, mais quand on croise dans la rue une très jeune femme aux bras nus, il est bien difficile de ne pas se sentir vaguement nostalgique… regret de l’insoutenable frivolité de la jeunesse : on peut, après tout, préférer l’incipit de Point de lendemain à celui d’Aden Arabie.

mardi, 15 mai 2007

Cornettes et sonneries 3

L'unijambiste prend son pied : il cire sa botte à la fenêtre.

dimanche, 13 mai 2007

Oh ! les beaux jours 2

"Dieu merci la pluie est tombée en de fluides longues flèches" (Marie Noël)
Et aussi des grêlons, "aussi gros que des balles à jouer à la paume".

Remembrances du vieillard idiot 3

Dans mon enfance, à la campagne, l’épicier faisait sa tournée dans un camion jaune bouton d’or exhibant en larges lettres ponceau la marque "Cibon". J’attendais avec impatience son passage, surtout lorsque ma mère devait acheter de la lessive. C’était l’époque des "cadeaux Bonus" : il fallait ouvrir le paquet par le fond, afin de trouver tout de suite le gadget surprise dans son sachet transparent. Il y avait aussi, dans le café en grains Vigor, de petites figurines de plastique blanchâtre — cow-boys et Indiens — ou les départements de la France, qu’il fallait réunir et assembler comme les pièces d’un puzzle. Je les rangeais dans une grande boîte de Kalmine. Je crois qu’il m’a toujours manqué les Bouches-du-Rhône. Ou peut-être la Drôme, je ne sais plus. Aujourd'hui, on dit le 13 ou le 26.

Oh ! les beaux jours

Dès qu’il fait beau, les voisins s’installent sur leur terrasse, déjeunent dehors et manifestent bruyamment leur satisfaction tout au long de l’après-midi. Le populaire ne saurait être pleinement heureux s’il n’éclaboussait autrui de son indiscrète jubilation. Le grand-père graillonne, la grand-mère glousse et jacasse, les petits-enfants glapissent, l’horrible roquet clabaude... Pourvu qu’il pleuve ! "Levez-vous vite, orages désirés…"

mardi, 08 mai 2007

Le désir reconduit du Ventoux

Comme mes modestes moyens ne me permettent pas d'aller me récréer au large de Malte, je pars pour un jour ou deux au pays de Laure et de René Char. Trop de bruit et de fureur sans mystère, ces derniers jours...

lundi, 07 mai 2007

L’ère du soupçon

J’incline à penser que ceux qui ont hitlérisé les affiches électorales de monsieur sarkozy et déclarent avoir honte aujourd’hui d’être français, sont assez proches de ceux qui, sur tel ou tel site nauséabond, le qualifient de "nain" ou de "juif hongrois".

Vu à la télé... 2

Soirée électorale. Les proches du vainqueur et ses partisans — ceux du moins qui l'entourent — ont plutôt bonne mine : "la France qui se lève tôt" ne semble pas exténuée par son dur labeur.

samedi, 05 mai 2007

"Pou en est qui de court vuelent estre apostate"

Se revolter signifiait en ancien français "se retourner, changer de parti", comme l’atteste le glossaire de La Curne de Sainte-Palaye. Faut-il considérer comme un renégat celui qui se revolte parce qu’il est révolté des compromissions et des palinodies de son clan ? "On aime quelquefois la trahison, nous dit un autre dictionnaire, mais on hait toujours les traîtres." Il n’est pas si facile, par les temps qui courent, de déterminer qui sont ceux-ci. Ni de décider que telle ou telle trahison est aimable.

vendredi, 04 mai 2007

Vu à la télé...

LA MÔME NÉANT

 

(Voix de marionnette, voix de fausset, aiguë,
nasillarde, cassée, cassante, caquetante, édentée
)

Quoi qu'a dit ?
— A dit rin.

Quoi qu'a fait ?
— A fait rin.

À quoi qu'a pense ?
— A pense à rin.

Pourquoi qu'a dit rin ?
Pourquoi qu'a fait rin ?
Pourquoi qu'a pense à rin ?

— A'xiste pas. 

 

(Jean Tardieu, "La môme Néant",
Monsieur Monsieur, Gallimard, 1951)

Toute ressemblance avec des personnes existant ou ayant existé, etc.