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mardi, 06 mars 2007

Sale temps pour les immortels

On apprend que l'académicien Pierre Moinot vient d'aller rejoindre Henri Troyat.

Antisémitisme

Dans Libération, Claude Lanzmann taxe Raymond Barre d'antisémitisme. Péroraison : "Je l'accuse de se faire le héraut de cette passion immonde, de la propager, de s'en glorifier, délit qui tombe sous le coup de la loi."
Si je pense que monsieur Lanzmann nous emmerde — et la formulation dénote à l'évidence qu'il s'agit d'une simple potentialité épistémique —, suis-je un antisémite ?

À la manière de Du Fu

"Un jour d’automne, l’ermite Yuen m’envoie trente bottes d’échalotes..."

Un jour de mars, le bouquiniste d’Étrœungt m’envoie l’œuvre complète de Joyce Mansour. Le lendemain, la voiture jaune de la Poste s’arrête à ma porte : la factrice me remet le volume, soigneusement empaqueté.

"Le goût réchauffant de ce mets me fera sûrement du bien."

Le grand style 16

Ponge, à propos de l'orange, parle d'une "explosion sensationnelle [...] de saveurs, couleurs et parfums". Cela pourrait assez bien s'appliquer au style de Colette. Exemple relevé au hasard du dictionnaire : "La colère avait exprimé, de cette fillette surchauffée, une odeur de femme blonde, apparentée à la fleur de bugrane rose, au blé vert écrasé..." (Le Blé en herbe)

lundi, 05 mars 2007

Nécrologie

Henri Troyat est mort. À la radio, dans les journaux, éloges de Jean d'Ormesson, de Maurice Druon...
Laissons les immortels enterrer leurs morts.

"Tout quitter me peine, j'en ai le cœur gros"

Recension, dans Le Monde des livres en date du 1er mars, du dernier volume des Carnets de Louis Calaferte (Situation. Carnets XIII, 1991, Gallimard, "L'Arpenteur"). Il arrive donc quelquefois qu'on y parle aussi de littérature ?

dimanche, 04 mars 2007

Les plaisirs du dimanche 4

Il suffit d’un peu de soleil, de quelques cris d’enfants dans le jardin pour retrouver, fugitivement, le souvenir de très anciens dimanches, l’illusion du bonheur enfui, de l’innocence perdue. Il y a une qualité dominicale de la bêtise, marquée par le lyrisme et la niaiserie, qui se manifeste plus particulièrement à l'approche du printemps : on sourit aux familles qui déambulent dans la rue, poussant des poussettes ou remorquant des vieillards bien propres. On se sent plein d’indulgence pour ces automobilistes, fiers de leur break karchérisé le matin même à la station-service… Une brève promenade en voiture sur la départementale et l’on est dégrisé, persuadé, après avoir évité miraculeusement trois accidents en moins d’une heure, que ces gens-là sont moins dangereux enfermés dans leurs bureaux, leurs boutiques ou leurs ateliers. Vivement demain !

samedi, 03 mars 2007

Livres pour la sieste

Dans la catégorie des livres qu’on emporte avec soi pour la sieste : Le Rideau, de milan Kundera. Rien que nous n’ayons déjà lu dans L’Art du roman. cela tient de la conversation à bâtons rompus, des propos de table que peuvent tenir des amateurs de littérature pas trop sots en faisant tourner le bourgogne dans leurs verres : un peu de théorie, quelques anecdotes… C’est élégant et superficiel. On peut s’endormir là-dessus sans trop de remords.

jeudi, 01 mars 2007

Vocabulaire 7

Les journaux : 150 intellectuels — dont un politiste et plusieurs écrivaines — appellent à voter pour Ségolène royal. Le T.L.F. — qui ignore le politiste et précise qu’en règle générale écrivain n’a pas de féminin — nous apprend également que le mot intellectuel peut être pris dans une acception péjorative "par opposition à intelligent".

mercredi, 28 février 2007

Quand la sentine pue...

On commente à la radio les "révélations" du Canard enchaîné. Je ne comprends pas très bien qu’on puisse s’intéresser à ce médiocre follicule, lecture favorite — avec celle du quotidien local — des instituteurs retraités. Cette presse satirique-là, rien moins que subversive, nourrie de rumeurs et de pauvres délations, ne s’élève guère au-dessus du niveau des blagues de chansonniers des années 60. On pourrait parler de misère politique, comme on parle de misère sexuelle pour expliquer la marchandise pornographique la plus abjecte… Mais, après tout, si l’on en croit les vieux dictionnaires, "quand la sentine put extremement, c’est un signe que le vaisseau ne fait point eau"! Une consolation comme une autre.