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dimanche, 04 mars 2007

Les plaisirs du dimanche 4

Il suffit d’un peu de soleil, de quelques cris d’enfants dans le jardin pour retrouver, fugitivement, le souvenir de très anciens dimanches, l’illusion du bonheur enfui, de l’innocence perdue. Il y a une qualité dominicale de la bêtise, marquée par le lyrisme et la niaiserie, qui se manifeste plus particulièrement à l'approche du printemps : on sourit aux familles qui déambulent dans la rue, poussant des poussettes ou remorquant des vieillards bien propres. On se sent plein d’indulgence pour ces automobilistes, fiers de leur break karchérisé le matin même à la station-service… Une brève promenade en voiture sur la départementale et l’on est dégrisé, persuadé, après avoir évité miraculeusement trois accidents en moins d’une heure, que ces gens-là sont moins dangereux enfermés dans leurs bureaux, leurs boutiques ou leurs ateliers. Vivement demain !

samedi, 03 mars 2007

Livres pour la sieste

Dans la catégorie des livres qu’on emporte avec soi pour la sieste : Le Rideau, de milan Kundera. Rien que nous n’ayons déjà lu dans L’Art du roman. cela tient de la conversation à bâtons rompus, des propos de table que peuvent tenir des amateurs de littérature pas trop sots en faisant tourner le bourgogne dans leurs verres : un peu de théorie, quelques anecdotes… C’est élégant et superficiel. On peut s’endormir là-dessus sans trop de remords.

jeudi, 01 mars 2007

Vocabulaire 7

Les journaux : 150 intellectuels — dont un politiste et plusieurs écrivaines — appellent à voter pour Ségolène royal. Le T.L.F. — qui ignore le politiste et précise qu’en règle générale écrivain n’a pas de féminin — nous apprend également que le mot intellectuel peut être pris dans une acception péjorative "par opposition à intelligent".

mercredi, 28 février 2007

Quand la sentine pue...

On commente à la radio les "révélations" du Canard enchaîné. Je ne comprends pas très bien qu’on puisse s’intéresser à ce médiocre follicule, lecture favorite — avec celle du quotidien local — des instituteurs retraités. Cette presse satirique-là, rien moins que subversive, nourrie de rumeurs et de pauvres délations, ne s’élève guère au-dessus du niveau des blagues de chansonniers des années 60. On pourrait parler de misère politique, comme on parle de misère sexuelle pour expliquer la marchandise pornographique la plus abjecte… Mais, après tout, si l’on en croit les vieux dictionnaires, "quand la sentine put extremement, c’est un signe que le vaisseau ne fait point eau"! Une consolation comme une autre.

lundi, 26 février 2007

Caniveau littéraire

Incorrigible que je suis, j'ai encore eu la sottise d'aller perdre mon temps sur le blog de Pierre Assouline, toujours aussi creux et suffisant. On pourrait se contenter de hausser les épaules devant ce mélange de fatuité et de pseudo-désinvolture branchée — voir la photo du monsieur qui a l'air de se foutre du monde avec sa tasse de café — si la cuistrerie assez sotte du personnage ne se doublait de malveillance — et vraisemblablement de jalousie. On ne s'explique pas autrement sa pesante ironie à l'égard de Jean-Marc Roberts et Richard Millet dans sa note du 9 février dernier. Il est vrai que Millet a tout pour déplaire : on a beau insinuer fielleusement qu'il énonce des platitudes, on ne peut oublier qu'il sait écrire, lui, et qu'en outre il a fait preuve d'un flair professionnel indiscutable en pressentant le succès de Littell. Voilà qui est doublement impardonnable ! Quant au niveau des commentaires que l'on peut trouver sur cette "République des livres", il vaut mieux, par décence et par compassion, ne pas en parler. Dont acte.

vendredi, 23 février 2007

Les animaux modèles

Restons dans le bestiaire : la radio nous apprend que les éléphants jouent à présent les chiens couchants. Gentils toutous : su-sucre ?

mercredi, 21 février 2007

L'amer Maurice

Lille : petit matin gris, pluvieux. Quelqu'un a laissé un mot dans l'entrée de l'immeuble : "Perdu chat roux..." Mélancolie assurée pour le reste de la journée. Je me surprends à me poser cette question saugrenue : Papon aimait-il les chats ?

dimanche, 18 février 2007

Ni les fornicateurs ni les adultères ne posséderont le royaume des cieux

Les journaux : "Le pape s’indigne que l’adultère soit regardé avec une tolérance inexcusable." Faut-il lui donner tort ? On peut, après tout, préférer des amours conjugales extra aux amours extra-conjugales.

vendredi, 16 février 2007

Rondeur des jours

à Lille, cette semaine : ciel gris, pluvieux, venteux. Peu de temps pour flâner. Les gens dans le métro sont laids. Visages blêmes, bouffis, boutonneux ; couples de valentins empotés qui ne m’attendrissent pas et se bécotent parmi les relents de chien mouillé. Emplettes rapides au "Comptoir irlandais", au "Bateau-Livres", rue Gambetta, où j’achète Le Goût des femmes laides, de Richard Millet, sublimes paroles et idioties de Nasr Eddin Hodja et où je comprends, en feuilletant le dernier Cormack Mc Carthy, encensé par la critique, que j’ai toujours confondu cet auteur avec Eric McCormack !

Retour aujourd’hui par une journée presque déjà printanière. Grands vols de vanneaux en Champagne. Détour par chablis, Irancy, Coulanges-la-Vineuse. Dans les vignes, on taille, on brûle les sarments. prairies inondées du côté de nevers. Encore un crochet en Bourbonnais : Châtel-de-Neuvre, Chantelle. Un héron dans un pré au bord de la Bouble. Il fait très doux lorsque nous arrivons. Je range à la cave le saint-bris et l’épineuil que nous goûterons dimanche.

Cynégétique 10

Il n'y a pas, dans les Combrailles, de gorilles dans la brume. Mais des chevaux dans le brouillard, parfois, et parfois des chasseurs. Il était inévitable que l'un de ceux-ci finît par abattre l'un de ceux-là.