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jeudi, 07 juin 2007

Amour des listes et orgue

Livres placés en évidence — et, pour certains, sans aucune raison particulière sinon la couleur ou le titre — sur les étagères de ma pièce de travail :

La Bible de Jérusalem, Desclée de Brouwer, 1966.
Adriano Cappelli, Dizionario di abbreviature latine ed italiane, Milan, Ulrico Hoepli, 1990.
Umberto Eco, Lector in fabula, Le Livre de Poche, 1989.
Cardinal de Retz, Mémoires, La Pochothèque, 2003.
Alberto Manguel/Gianni Guadalupi, Dictionnaire des lieux imaginaires, Babel, 2001.
Sôseki, Haikus, Philippe Picquier, 2001.
Adolphe Thiers, Du communisme, Terrain Vague, 1993.
Lucien de samosate, Dialogues des courtisanes suivis de Lucius ou l’Âne, Les Phares, 1946.
Albert-Marie Schmidt, Études sur le XVIe siècle, Albin Michel, 1967.
Les Mystères du confessionnal — manuel secret des confesseurs — suivi de La Clé d’or et du Traité de chasteté, Filipacchi, 1974.
Albert Londres, Chez les fous, Arléa, 1999.
Jacques A. Bertrand, Tristesse de la balance et autres signes, J’ai lu, 1993.
Violette Leduc, Thérèse et Isabelle, Gallimard, 1966.
Henri Michaux, Poteaux d’angle, L’Herne, 1971.
Nora Mitrani, Rose au cœur violet, Terrain Vague-Losfeld, 1988.
Citations du président Mao-Tsé-Toung, Pékin, Éditions en langues étrangères, 1966.
Relevé des citations ou détournements de La Société du spectacle, Farandola, 2003.
Cees Nooteboom, Le chevalier est mort, Maren Sell/Calmann Lévy, 1996.
Jean Demélier, Brefs prolégomènes à un système politique prochain, L’Équipement de la pensée, 1997.
Aglaja Veteranyi, Pourquoi l’enfant cuisait dans la polenta, L’Esprit des péninsules, 2004.
Bence Szabolcsi, Les Cigognes d’Aquilée, Éditions de l’Aube, 1998.
Gaston Pomier-Layrargues, Les Tapuscrits de la mère Marthe, Jérôme Martineau, 1967.
Raymond Queneau, Bâtons, chiffres et lettres, Gallimard, 1965.
Anne Walter, Troisième dimanche du temps ordinaire, Actes Sud, 1993.
Francisco de Quevedo, Heurs et malheurs du trou du cul, Mille et une Nuits, 2004.
Stig Dagerman, Notre besoin de consolation est impossible à rassasier, Actes Sud, 1993.
Le Coran, La pléiade, 1967.
Georges Picard, De la connerie, José Corti, 1994.
Alberto Pimenta, Discours sur le fils-de-pute, L’Insomniaque, 1996.
Raymond Roussel, Impressions d’Afrique, Jean-Jacques Pauvert, 1977.

Liste établie en écoutant la pastorale en mi, opus 19, de césar Franck.

lundi, 04 juin 2007

Petite anthologie portative 39

im(abe)mo

bi
l(ille)e
es(sur
l)tu(a
seule)

endo(rose)rmie

 

(E.E. Cummings, 95 poèmes, 19, trad. Jacques Demarcq, Points/Poésie, 2006)

samedi, 02 juin 2007

Météo 21

Après une parenthèse lorraine et paresseuse, nous retrouvons la Combraille sous la pluie. Il n’y a plus de saisons. le constat, aurait dit Vialatte, remonte à la plus haute antiquité ; ce qui confirme son caractère irréfutable — comme l’éléphant du même. Cette fin de printemps tourne à la tisane froide en laquelle Ponge disait voir se résoudre l’automne agonisant.

Peu de lectures : quelques poèmes de Celan, les premiers chapitres d’un roman facile.

La radio, en roulant. On apprend la mort de Jean-Claude Brialy : "C'est dommage ; mais quoi ! Nous sommes tous mortels, et chacun est pour soi." Monsieur Orsenna pérore gravement sur les mérites de l’accent circonflexe. Comment peut-on déballer de telles billevesées avec autant de suffisance ? Bavardages, publicités, journal des courses… N’est-ce pas Duhamel qui déjà s’irritait du flot d’inepties déversées par la T.S.F. ?

De retour à la maison nous écouterons en boucle, pendant qu’il pleut dehors, l’adagio de la sonate pour violon opus 24 de Beethoven : "le Printemps".

vendredi, 25 mai 2007

Colours

Bref passage à Lille, cette semaine. Le nègre fou en tongs roses vocifère toujours devant le squat du boulevard Victor-Hugo. Au coin de la rue de la Justice, des "jeunes" s’occupent à cracher sur le trottoir. Demain, il y aura Dick Annegarn à la "Maison Folie" de Wazemmes : il a l’air, sur l’affiche ocre et grise, d’un intellectuel allemand des années 30. À Villeneuve-d’Ascq, dans un couloir de l’université, ces graffiti : "jérémie a une petite bite" — en rouge — et — en bleu — "Dieu est gay". Tout cela est un peu… tryste.

mardi, 22 mai 2007

"Tu torcherais des floraisons dignes d'Oises extravagantes…"

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"Voici quelques fleurs, bien modeste envoi,
De très humbles fleurs qui viennent d'éclore..."

Tiens, c’était hier la Saint-Constantin. Personne ne semble y avoir songé...

lundi, 21 mai 2007

Zoologie fantastique

Si, phonétiquement, le tretratretre peut — et surtout par les temps qui courent — évoquer des retournements de veste en cascade, n’oublions pas qu’il désigne en réalité un "animal de la grandeur d'une génisse de deux ans, qui se trouve dans l’île de Madagascar. Il a la tête ronde, le visage d'une personne et les pieds de devant et de derrière semblables à ceux d'un singe." C’est en tout cas ce qu’affirme le dictionnaire de Thomas Corneille.

dimanche, 20 mai 2007

Lectures dominicales

Je parcours les Serées de Guillaume Bouchet, libraire-imprimeur poitevin mort en 1594. Lecture doublement pénible. D’une part, le reprint de la seule édition moderne de l’œuvre (Lemerre, 1873-1882) reproduit quatre pages de celle-ci sur une seule, ce qui rend fort malaisés à déchiffrer les élégants caractères de la "Bibliothèque d’un curieux", réduits à une taille microscopique. D’autre part, une fois surmontées les difficultés liées à la langue, il faut encore se dépêtrer d’un style qui confine au pur galimatias et, pour une anecdote cocasse ou un détail insolite, supporter de fastidieuses allusions érudites, des inepties, de pesants calembours qui ne font guère sourire que par leur caractère affligeant. Exemple des gentillesses qu’on trouve ici ou là, au hasard de cet indigeste pot-pourri :
"Il n’y a pas six jours, qu’un villageois vint demander à un de nos Medecins conseil pour un sien parent qui estoit malade. Le Medecin luy va dire, Apportez-moy de son date. ce rustique luy demande, Qu’est-ce que du date ? Le Medecin luy respond, Apportez-moy de ce qu’il fait. Le pitault retourné prend des estouppes, fait faire les affaires du malade là dedans, enveloppe si bien le tout qu’il ne s’en perd pas un morceau, comme luy avoit dit le Medecin : auquel il apporta et les estouppes, et ce qui estoit dedans. Ainsi que ce medecin commençoit à desployer ce paquet, celuy qui l’avoit apporté luy demande : Ne sçauriez-vous cognoistre quelle maladie a mon parent, et deviner qu’il y a dans ces estouppes, sans veoir le dedans ? Le Medecin accoustumé à telles senteurs et odeurs luy respond, C’est de la merde. Le pied-gris luy va dire, Vous estes un habile homme, vous avez fort bien deviné."

(Dixiesme serée, "Des Medecins et de la medecine", Genève, Slatkine reprints, 1969)

samedi, 19 mai 2007

Tétractique

Note supprimée : plutôt que de parler des quatre-livres-que... ou des quatre-écrivains-qui..., je crois que je vais relire "Le gouverneur de Kerguelen".

Petite anthologie portative 38

Ainsi qu’au cabaret l’homme demeure au monde,
Le plaisir et le vin se laissent avaler,
Le temps y dure peu tant que la joie abonde,
Et puis il faut compter, payer et s’en aller.

 (Pierre Mathieu, Tablettes ou quatrains de la vie et de la mort, cité in Anthologie de la poésie française du XVIe siècle de Jean Céard et Louis-Georges Tin, Poésie/Gallimard, 2005)

jeudi, 17 mai 2007

Morale élémentaire

Dans mon cahier du jour du cours élémentaire, il y a un demi-siècle :

"Le père, par son travail, nourrit toute la famille." Et, un peu plus loin : "Notre mère travaille pour nous : aidons-la." Oui, comme disait Molière, cela était autrefois ainsi, mais nous avons changé tout cela...