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dimanche, 20 mai 2007

Lectures dominicales

Je parcours les Serées de Guillaume Bouchet, libraire-imprimeur poitevin mort en 1594. Lecture doublement pénible. D’une part, le reprint de la seule édition moderne de l’œuvre (Lemerre, 1873-1882) reproduit quatre pages de celle-ci sur une seule, ce qui rend fort malaisés à déchiffrer les élégants caractères de la "Bibliothèque d’un curieux", réduits à une taille microscopique. D’autre part, une fois surmontées les difficultés liées à la langue, il faut encore se dépêtrer d’un style qui confine au pur galimatias et, pour une anecdote cocasse ou un détail insolite, supporter de fastidieuses allusions érudites, des inepties, de pesants calembours qui ne font guère sourire que par leur caractère affligeant. Exemple des gentillesses qu’on trouve ici ou là, au hasard de cet indigeste pot-pourri :
"Il n’y a pas six jours, qu’un villageois vint demander à un de nos Medecins conseil pour un sien parent qui estoit malade. Le Medecin luy va dire, Apportez-moy de son date. ce rustique luy demande, Qu’est-ce que du date ? Le Medecin luy respond, Apportez-moy de ce qu’il fait. Le pitault retourné prend des estouppes, fait faire les affaires du malade là dedans, enveloppe si bien le tout qu’il ne s’en perd pas un morceau, comme luy avoit dit le Medecin : auquel il apporta et les estouppes, et ce qui estoit dedans. Ainsi que ce medecin commençoit à desployer ce paquet, celuy qui l’avoit apporté luy demande : Ne sçauriez-vous cognoistre quelle maladie a mon parent, et deviner qu’il y a dans ces estouppes, sans veoir le dedans ? Le Medecin accoustumé à telles senteurs et odeurs luy respond, C’est de la merde. Le pied-gris luy va dire, Vous estes un habile homme, vous avez fort bien deviné."

(Dixiesme serée, "Des Medecins et de la medecine", Genève, Slatkine reprints, 1969)

samedi, 19 mai 2007

Tétractique

Note supprimée : plutôt que de parler des quatre-livres-que... ou des quatre-écrivains-qui..., je crois que je vais relire "Le gouverneur de Kerguelen".

Petite anthologie portative 38

Ainsi qu’au cabaret l’homme demeure au monde,
Le plaisir et le vin se laissent avaler,
Le temps y dure peu tant que la joie abonde,
Et puis il faut compter, payer et s’en aller.

 (Pierre Mathieu, Tablettes ou quatrains de la vie et de la mort, cité in Anthologie de la poésie française du XVIe siècle de Jean Céard et Louis-Georges Tin, Poésie/Gallimard, 2005)

jeudi, 17 mai 2007

Morale élémentaire

Dans mon cahier du jour du cours élémentaire, il y a un demi-siècle :

"Le père, par son travail, nourrit toute la famille." Et, un peu plus loin : "Notre mère travaille pour nous : aidons-la." Oui, comme disait Molière, cela était autrefois ainsi, mais nous avons changé tout cela...

mercredi, 16 mai 2007

Ce rien qui fait sonner la vie

"J’avais vingt ans. Je ne laisserai personne dire que c’est le plus bel âge de la vie." Sans doute, mais quand on croise dans la rue une très jeune femme aux bras nus, il est bien difficile de ne pas se sentir vaguement nostalgique… regret de l’insoutenable frivolité de la jeunesse : on peut, après tout, préférer l’incipit de Point de lendemain à celui d’Aden Arabie.

mardi, 15 mai 2007

Cornettes et sonneries 3

L'unijambiste prend son pied : il cire sa botte à la fenêtre.

dimanche, 13 mai 2007

Oh ! les beaux jours 2

"Dieu merci la pluie est tombée en de fluides longues flèches" (Marie Noël)
Et aussi des grêlons, "aussi gros que des balles à jouer à la paume".

Remembrances du vieillard idiot 3

Dans mon enfance, à la campagne, l’épicier faisait sa tournée dans un camion jaune bouton d’or exhibant en larges lettres ponceau la marque "Cibon". J’attendais avec impatience son passage, surtout lorsque ma mère devait acheter de la lessive. C’était l’époque des "cadeaux Bonus" : il fallait ouvrir le paquet par le fond, afin de trouver tout de suite le gadget surprise dans son sachet transparent. Il y avait aussi, dans le café en grains Vigor, de petites figurines de plastique blanchâtre — cow-boys et Indiens — ou les départements de la France, qu’il fallait réunir et assembler comme les pièces d’un puzzle. Je les rangeais dans une grande boîte de Kalmine. Je crois qu’il m’a toujours manqué les Bouches-du-Rhône. Ou peut-être la Drôme, je ne sais plus. Aujourd'hui, on dit le 13 ou le 26.

Oh ! les beaux jours

Dès qu’il fait beau, les voisins s’installent sur leur terrasse, déjeunent dehors et manifestent bruyamment leur satisfaction tout au long de l’après-midi. Le populaire ne saurait être pleinement heureux s’il n’éclaboussait autrui de son indiscrète jubilation. Le grand-père graillonne, la grand-mère glousse et jacasse, les petits-enfants glapissent, l’horrible roquet clabaude... Pourvu qu’il pleuve ! "Levez-vous vite, orages désirés…"

mardi, 08 mai 2007

Le désir reconduit du Ventoux

Comme mes modestes moyens ne me permettent pas d'aller me récréer au large de Malte, je pars pour un jour ou deux au pays de Laure et de René Char. Trop de bruit et de fureur sans mystère, ces derniers jours...