Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 03 août 2007

Lu sur le sable

Première impression — sur laquelle je reviendrai probablement — à la lecture, trop rapide, j’en conviens, des Planches courbes, de Bonnefoy, longtemps l’un de mes poètes préférés : déception, incompréhension. Je ne suis plus touché, je n’ai pas non plus, comme naguère, le sentiment de toucher à quelque chose de très profond. Je me rappelais une poésie nue, obscure et limpide ; je m’irrite de ne trouver que scories d’un lyrisme qui n’ose pas dire son nom.

Et ces fausses gaucheries d’expression, comme pour suggérer que toute élégance de style ne serait que joliesse superfétatoire… On n’est pas loin, parfois, de s’enliser dans le prosaïsme, voire le didactisme, alors même que, paradoxalement, il s’agit d’échapper au "leurre des mots".

jeudi, 02 août 2007

Écrit sur le sable

Baigneurs et baigneuses torréfiés sur le sable.

………………………………………………

Les petites filles qui n’ont "point encore de mamelles" (Soror nostra parva, et ubera non habet) arborent, pudiques, de délicats maillots deux pièces. Dondons et lourpidons exhibent sans vergogne de flasques appas, cardinalisés "à la cuyte", "tettes retraictes", tétins, tétons, "tétasses à jeter sur l’épaule". Hélas :

    "Laide vieillesse amour n’impetre
    Ne que monnoye qu’on descrie" !

Composition française

"Racontez votre meilleur souvenir de vacances."
N'y comptez pas.

mercredi, 11 juillet 2007

Vacances

"Avant de partir en vacances, la femme saupoudrera de poivre de Cayenne les endroits où elle craint les rats, après avoir enlevé les taches de nicotine sur les cendriers de porcelaine avec du sel et un torchon." Depuis que j’ai renoncé au tabac, plus besoin de sel pour ravoir les cendriers. En revanche, on n’est jamais à l’abri des rats : les conseils de Vialatte peuvent donc se révéler précieux.
Valises bouclées et poivre répandu, nous partons pour quelques jours. Non pour le XIIIe arrondissement, comme le préconisait encore Vialatte, mais pour d’autres campagnes, que j’espère épargnées à ce jour par les hordes bataves.

Blog interrompu jusqu’à la fin du mois. N’oubliez pas les Christine, les Marthe et les Juliette : "Donnez-leur un cornet de cerises et l’exemple d’une vie parfaitement droite, exempte de toute compromission."

lundi, 09 juillet 2007

Courses ingrates

Brève incursion, ce week-end, en pays landais. Temps exécrable, routes embouteillées, bord de mer hideux. La soirée, dans un hôtel tranquille de Dax, rachète heureusement l’horreur du dimanche après-midi. Le décor et la clientèle de curistes valétudinaires barbotant dans leur potage pouvaient laisser craindre le pire ; le menu est copieux, le tursan très honnête et l’armagnac digne d’éloge. Mais cela valait-il le voyage ?

samedi, 07 juillet 2007

Colours 2

On connaissait les clowns blancs et les clowns rouges. Nous avons maintenant les clowns roses. Ils ne font rire personne.

vendredi, 06 juillet 2007

Poissons et poissonnets

Les L. nous proposent d’aller demain dîner d’une friture dans la vallée de la Sioule. L’idée est tout à fait louable, et nous ne serons point trop vétilleux sur l’origine du fretin, pourvu qu’un pot de blanc bien frais l’accompagne.
Hasard objectif et associations d’idées : en feuilletant cet après-midi un mince volume de proses de Follain, je m’étais amusé qu’il fît référence à deux reprises — et à quelques pages d’intervalle — à sainte Thérèse saisie par une de ses visions extatiques alors qu’elle « faisait frire des poissons pour la communauté ». Ce qui « ne l’empêchait pourtant pas de surveiller dans la poêle les poissonnets et de ne pas les laisser brûler » (dans Le Magasin pittoresque, Amiot-Lenganey, Cairon, 1991). Je me rappelle aussi ce dessin très naïf d’un saint Antoine prêchant aux poissons, sur le plâtre d’un mur, dans une église italienne, à Arezzo, peut-être.
Quelle que soit la qualité de la friture, nous la mangerons... religieusement.

mardi, 03 juillet 2007

"Une fois, je me suis dévoré les pattes..."

Dossier du Magazine littéraire consacré à la bêtise. On y retrouve inévitablement un certain nombre de lieux communs sur le sujet. Celui, entre autres, qui consiste à dénoncer le prêt-à-penser, l’usage du truisme et de l’idée reçue — autrement dit du lieu commun — comme signes indiscutables de la bêtise militante. Nous voici, eût dit Montaigne, "au rouet". Puissance de la bêtise, qui mue l’écrivain, le philosophe en catoblépas ou, plus aimablement, en jeune chien courant après sa queue.

lundi, 02 juillet 2007

La cognizione del dolore 9

Salle d'attente du cabinet de radiologie — revues dépenaillées, qu’on feuillette d’un doigt réticent :
Le Figaro Madame ;
Valeurs actuelles ;
Paris Match ;
Closer
On est surpris de tomber, au milieu de toutes ces cochonneries, sur un numéro pas trop ancien et presque propre de Rock & Folk. Je lisais cela, autrefois ; aujourd’hui, la plupart des noms des chanteurs ou des groupes me sont inconnus.
On vieillit. Et on finit par s’abonner à Diapason.

mercredi, 27 juin 2007

Météo 22

Temps gris, pluvieux, vent glacial. Ce sont les jours les plus longs de l'année, mais les rues sont vides et silencieuses bien avant le crépuscule. Un des rouges-queues installés dans le nichoir accroché au balcon répète interminablement la même note plaintive ou indignée. "Un oiseau langoureux et toujours irrité" : c'est exactement cela — quoique nous ne soyons pas "au déclin de l'été". La nuit tombe lentement.
J'écoute Takemitsu. A Flock Descends into the Pentagonal Garden...