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jeudi, 19 avril 2007

Laconisme, agraphie, silence

"Il faudrait avancer.
Certains jours, on n’écrit pas davantage."

(Antoine Emaz, "Poème du mur", En deçà, Fourbis, 1990)

mercredi, 18 avril 2007

La fleur la plus commune qui se trouve dans les prez de Tartarie

Les tulipes, d’un rouge de vitrail dans le soleil. On pense à Khayyam :

"Partout où se trouve une robe ou un parterre de tulipes,
Fut répandu jadis le sang d’un roi ;
Chaque tige jaillissant du sol,
C’est le signe qui orna la joue d’une beauté."

(Trad. Charles Grolleau, Mille et une nuits, 1995)

samedi, 14 avril 2007

Ramollissement de type pseudo-bulbaire

Ariane Mnouchkine ouvre un blog pour soutenir (est-ce une plaisanterie ?) madame Royal. Une seule note pour l'instant, qui nous offre un bel exemple de galimatias : "Discours confus qui semble dire quelque chose mais ne signifie rien". C'est la définition que donne de ce mot le T.L.F. On dit aussi, selon Littré, pathos — "style où une émotion vraie ou factice se déguise sous une emphase déplacée" — ou phébus : "galimatias prétentieux".

vendredi, 13 avril 2007

64 réactions

Comme si l’abjection des faits divers ne suffisait pas à donner la nausée, s’y ajoute désormais, sur les blogs des journaux en ligne, l’indécente sottise des "réactions". Toutes, sans exception, sont consternantes.

lundi, 09 avril 2007

"Libertinage, cochon grillé, jeux de hasard et tout le vin qu'on voudra..."

Une amie m’offre, à l’occasion de mon anniversaire, Vingt-quatre heures de la vie d’une canaille d’Abou-Moutahhar al-Azdî, publié aux éditions Phébus, avec une savoureuse préface de René R. Khawam (le grand orientaliste, disparu en 2004, nous prouve ici, par l’exemple, que l’érudition peut faire bon ménage avec l’humour, ce que nos graves universitaires ont trop souvent tendance à oublier). "satiricon de l’Orient", annonce la quatrième de couverture. la comparaison, pour pertinente qu’elle soit, ne donne qu’une faible idée de la truculence de cette « encyclopédie de l’ordure et de la splendeur » où la rhétorique de l’invective culmine à des altitudes rarement atteintes :

Ô toi l’excrément tout droit sorti
de l’orifice plissé du singe,
tu as beau te laver le museau,
ce sera toujours avec la pisse de la cuvette !

Tiens ! j’introduis ta barbe dans mon fondement
où elle rejoindra la barbe
de tous ceux qui ne partagent pas mon avis
en ce qui te concerne !

 

Un ouvrage à garder à portée de main, avec le Moyen de parvenir, les Lettres à la Présidente et les œuvres poétiques complètes de Pierre Louÿs.

samedi, 07 avril 2007

Samedi saint

Lorsque j’étais enfant de chœur, c’était un honneur — et en même temps une redoutable épreuve — que d’être préposé à la sonnette pour la messe de minuit. Il fallait, en effet, agiter ladite sonnette, très lourde et formée de quatre campanelles, durant tout le Gloria, pendant que le bedeau sonnait les cloches à toute volée. L’église sentait la cire, les fleurs et l’encens ; nous avions des soutanes rouges et des surplis blancs ; le vin de messe était du pouilly-fuissé, dont je crois me rappeler encore l’incomparable bouquet…

vendredi, 06 avril 2007

Le goût des autres

"Le felching, c’est quand un homme vous baise dans le cul sans capote. Il lâche son jus, puis il plante sa bouche sur votre anus et suce son propre sperme encore chaud, plus lubrifiant et matières fécales s’il s’en trouve. Ça, c’est le felching. Il est possible, ou pas, j’ajoute, d’y inclure le baiser pour vous repasser dans la bouche sperme et matières fécales."
[…]
Mon père s’éclaircit la gorge. "Bobosse ! dit-il. Je crois que c’est fletching le mot dont ta mère voulait parler." Il dit : "Ça signifie découper la dinde en tout petits filets."

(Chuck Palahniuk, Monstres invisibles, Folio/policier, 2007, p. 111)

On trouvera d’autres précisions sur le felching — et d’autres acceptions du mot — sur le site de l’indispensable Urban dictionary. L’une de celles-ci décrit une utilisation assez particulière des petits rongeurs, évoquée, me semble-t-il, dans un roman de robin Cook — peut-être J’étais Dora Suarez

Je me dis, en lisant cela, que j’ai un comportement amoureux rien moins que sophistiqué. Je dois manquer d’imagination.

dimanche, 01 avril 2007

Du pain et des œufs en chocolat

On apprend, dans le dictionnaire de Trévoux, que le dimanche des Rameaux était parfois appelé, jadis, "le dimanche ou le jour des Compétents, parce que ce jour-là les catéchumènes venaient demander à l’évêque la grâce d’être admis au baptême qui se conférait le samedi suivant. On leur donnait alors le Symbole, afin qu’ils l’apprissent par cœur et le récitassent à l’évêque dans la cérémonie de leur baptême." On l’appelait encore "le dimanche du Lavement de tête ou simplement le Lavement de tête, parce qu’en ce jour on lavait la tête de ceux qui devaient être baptisés à Pâques", ou "dimanche de l’Indulgence. C’était la coutume des empereurs et des patriarches de distribuer des dons ce jour-là."

Foin, désormais, de telles subtilités ! Chez mon boulanger, on vend des œufs de pâques dès la mi-carême et le poisson des premiers chrétiens n’est plus que friture de chocolat…

samedi, 31 mars 2007

Livres de la semaine

Lille, jeudi. Une averse nous pousse à nous réfugier au "Furet". Quoique j'aime de moins en moins ces grandes surfaces où l'on débite du livre comme on le ferait de la denrée la plus banale, c'est là que je ferai provision de lecture. Après la pluie, nous repartons avec :
Chuck Palahniuk, Monstres invisibles ;
Davis Grubb, Personne ne regarde ;
Antoine Emaz, Caisse claire ;
Pascal Quignard : Les Paradisiaques ; Sordidissimes.
Après la pluie... After the rain : Coltrane ou Rollins ? Coltrane, je crois.

Béotisme 3

À "La Malterie", exposition Sébastien Maloberti, qui présente ainsi son travail :
"Mon activité consiste à transformer des principes  simples (production, diffusion, circulation, absorption par exemple) en principes plastiques et autonomes dont l'exposition constitue une forme d'écosystème (en cela, mon travail est naturaliste). J’utilise entre autres certains codes du paysage qui me permettent de recycler tout en me les appropriant, des concepts de source (production de signes, de désirs, d’angoisses, d’informations), de fleuve ou de mer (flux, marée, mainstream…) ou encore d’arbres (racines, réseaux)…"

On voit des planches dans lesquelles l’artiste a foré des trous à la perceuse. De la sciure est répandue sur le sol. Une vidéo montre des images kaléidoscopiques. Quelques panneaux de contreplaqué sont appuyés contre le mur. On sait pas trop si cela fait partie de l’installation ou si on les a posés là par hasard.