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dimanche, 25 mars 2007

Classiques favoris

Entendu ce matin à la radio : si madame Royal devait ne garder qu'un seul livre, ce serait un recueil de poèmes de Victor Hugo. Laissons à celui-ci le soin d'un commentaire posthume : "À une certaine profondeur de dédain, il semble qu'il n'y ait plus de possible que le silence."

vendredi, 23 mars 2007

Hortensias bleus et petits pois à l'ancienne

Acheté hier, chez le bouquiniste, Les Hortensias bleus, de Robert de Montesquiou (en fait, les pages choisies publiées en 1979 aux Éditions des Autres) et la Cuisine de "Tante Simonne". Montesquiou évoque "les corymbes moroses" en des vers d'un kitsch déliquescent ; "Tante Simonne" rappelle à ses lectrices que "toute femme intelligente et ambitieuse doit songer à soigner son mari". En lui préparant, par exemple, un chapon à la Régence ou, la saison venue, de simples petits pois à l'ancienne :
"Ayez un bon litre de petits pois fins, que vous venez d'écosser ; tenez-les renfermés dans une serviette mouillée. Préparez, d'autre part, une laitue pommée, ficelez-la et placez-la dans une casserole avec vos pois écossés, une tige de sarriette verte, du sel, un peu d'eau (ce que nous ne conseillons plus) et un bon quart de beurre. Après un quart d'heure de cuisson, enlevez la laitue et, au moment de servir, liez avec un verre de crème double dans laquelle vous aurez délayé un jaune d'œuf très frais avec une pincée de poivre blanc et une cuillerée de sucre en poudre."

mercredi, 21 mars 2007

Chat mouillé

Lille, boulevard Victor-Hugo, ce matin : les passants se hâtent vers le métro, tête baissée sous l'averse. Du côté de "La Malterie", un matou trempé miaule piteusement sur le rebord d'une fenêtre. C'est Filou. Tous les volets de l'immeuble sont fermés : que fait la vieille dame ? Je suis un peu inquiet...

vendredi, 16 mars 2007

"This grim, ungainly, ghastly, gaunt and ominous bird of yore..."

Certaines portions de la nationale 7, entre Chantenay-Saint-Imbert et Moulins, sont encore — et pour combien de temps ? — bordées de hauts platanes, où gîte tout un peuple de corbeaux. En hiver, ils tourbillonnent et criaillent en bandes nombreuses au-dessus des champs nus. À l’approche du printemps, ils s’affairent dans les ramures chargées de nids hirsutes et volent par couples. Il arrive alors qu’on en voie d’écrasés sur la route : l’amour distrait leur vigilance.

Conjugaison

medium_Passe_simple.jpgDans la huitième édition de son Bon Usage, qui a un peu plus de quarante ans, Grévisse observe que "le passé simple, dont les désinences parfois hétéroclites produisent des formes trop différentes de celles des autres temps, a presque totalement disparu de la langue parlée".

Il n’est donc pas vraiment surprenant qu’on ait consacré un musée à ce temps frappé d’obsolescence. C’est dans l’Aube, à Crésantignes, non loin de Chaource, où l’on fait un excellent fromage.

mardi, 13 mars 2007

The Walrus and the Hairdresser

Hasard objectif, encore. Juste après avoir lu la note du Morse à propos de son coiffeur, je trouve ceci dans les premières pages d’Hippobosque au bocage, de Gaston Chaissac : "Les coiffeurs nous abîment, ils manquent d’adresse (c’est-à-dire de maladresse) ils ne savent jamais faire une coupe de cheveux qui fait tête de romanichel. Je préfère passer entre les mains des apprentis coiffeurs qui au moins font des coupes de cheveux inédites, mais leurs patrons sont des cons qui ont la marotte de retoucher à leur travail quand il est particulièrement intéressant, ils gâchent tout. Ce que Van Gogh aurait dû peindre, c’est des charcutiers épluchant des oignons." (Gallimard, L’Imaginaire, 1999, p. 8)
J’aime beaucoup la conclusion du paragraphe — et la logique dont elle procède.

vendredi, 09 mars 2007

Incipit 3

"La bêtise n'est pas mon fort."
J'ai voulu relire Monsieur Teste. L'incipit, qui, délibérément ou non, dit le contraire de ce qu'il semble vouloir dire, est encore ce qu'il y a de mieux dans ce livre passablement ennuyeux.

jeudi, 08 mars 2007

Journée de la Femme

"La femme esclave : Tel est le titre d’une brochure qui s’est distribuée, à cent soixante mille exemplaires, pour la sauvegarde de "l’épouse terrorisée par le régime de rapt et de violence mis en honneur par nos aïeux simiesques". Il est probable, au contraire, que la femme — encore que sa pudeur l’oblige à mentir — déplore amèrement que l’homme soit si déchu des ancestrales qualités du singe. "Car rien n’est plus fécond en assauts que le singe", a dit notre Mardrus. Et si vous prenez la peine de considérer la cage des papions au Jardin des Plantes, vous conviendrez que c’est encore à notre aïeul quadrumane qu’il faut remonter pour retrouver, pures, les saines traditions de la vraie galanterie française."

(Alfred Jarry, La Revue Blanche, 15 mars 1901)

mercredi, 07 mars 2007

Petite anthologie portative 37

Pour Mauricette Beaussart
et Anne Archet

Un vieux et sa vieille cachés sous la terre
Main pourrie dans la main pourrie, bien au chaud dans la crasse
Se parlant à travers leurs lèvres disparues se comprenant sans mots
Écoutant le chant lent et grave de la terre qui se nourrit
Se demandant dans leur cœur
Si jamais ils mourront.

(Joyce Mansour, "Cris", 1953,
in Prose & poésie, Actes Sud, 1991, p. 313-314)

mardi, 06 mars 2007

Sale temps pour les immortels

On apprend que l'académicien Pierre Moinot vient d'aller rejoindre Henri Troyat.