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samedi, 11 août 2007

Style bête

Dans l’attente d’un colis de livres qui n’en finit pas d’arriver, je me résous à me transporter à la sous-préfecture proche, où l’on trouve encore deux ou trois librairies traditionnelles qui peuvent dépanner le lecteur pas trop regardant. Je rapporte de mon expédition :
Aventures d’un gourmand vagabond
, de Jim Harrison ;
Un festin en paroles, de Jean-François Revel ;
Déposition — extraits du journal de guerre —, de Léon Werth ;
Croquis de mémoire, de Jean Cau ;
Envoie-moi au ciel, Scotty
, polar de Michael Ginzburg.
Celui-ci, nous dit la quatrième de couverture, "a travaillé comme plongeur, cuisinier, coursier, chauffeur de gangsters, garde du corps de strip-teaseuses, télégraphiste, détective privé, chauffeur de poids lourds, planteur d’arbres, marchand de fleurs, convoyeur de fumier, ou encore (entre autres) transporteur d’une cargaison de mannequins à bord d’un minicar". Se non è vero
Je crois que c’est la première fois que je lis quelque chose de Jean Cau. J’espérais une plume un peu plus élégamment vacharde. C’est trop souvent lourd, suffisant, écrit dans un style qu’on ne peut qualifier autrement que de bête.

lundi, 06 août 2007

Chasses futiles

Perdu beaucoup de temps, ce week-end, à rechercher une page de Quignard dans laquelle je croyais me souvenir qu'il était question du temps gagné sur la maladie fatale ; sursis, rémission ou guérison, ce temps offert, dit en substance l’auteur, relève d’une temporalité — d’une atemporalité ? — paradisiaque. Naturellement, je n’ai pas retrouvé le passage en question. J'étais pourtant à peu près sûr que cela se trouvait dans Les Paradisiaques ou Sordidissimes. Mystère de ces phrases, de ces objets qui disparaissent : la littérature et le quotidien sont des mondes flottants.

vendredi, 03 août 2007

Encore du sable

Lectures de vacances : Umberto Eco, La Mystérieuse Flamme de la reine Loana.

"En mai, Gianni a raconté l’histoire drôle de ce docteur qui conseillait des bains de sable à un malade en phase terminale :
— Ils font du bien, docteur ?
— Ce n’est pas qu’ils fassent grand-chose, mais comme ça on s’habitue à demeurer sous terre."

Lu sur le sable

Première impression — sur laquelle je reviendrai probablement — à la lecture, trop rapide, j’en conviens, des Planches courbes, de Bonnefoy, longtemps l’un de mes poètes préférés : déception, incompréhension. Je ne suis plus touché, je n’ai pas non plus, comme naguère, le sentiment de toucher à quelque chose de très profond. Je me rappelais une poésie nue, obscure et limpide ; je m’irrite de ne trouver que scories d’un lyrisme qui n’ose pas dire son nom.

Et ces fausses gaucheries d’expression, comme pour suggérer que toute élégance de style ne serait que joliesse superfétatoire… On n’est pas loin, parfois, de s’enliser dans le prosaïsme, voire le didactisme, alors même que, paradoxalement, il s’agit d’échapper au "leurre des mots".

jeudi, 02 août 2007

Écrit sur le sable

Baigneurs et baigneuses torréfiés sur le sable.

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Les petites filles qui n’ont "point encore de mamelles" (Soror nostra parva, et ubera non habet) arborent, pudiques, de délicats maillots deux pièces. Dondons et lourpidons exhibent sans vergogne de flasques appas, cardinalisés "à la cuyte", "tettes retraictes", tétins, tétons, "tétasses à jeter sur l’épaule". Hélas :

    "Laide vieillesse amour n’impetre
    Ne que monnoye qu’on descrie" !

Composition française

"Racontez votre meilleur souvenir de vacances."
N'y comptez pas.

mercredi, 11 juillet 2007

Vacances

"Avant de partir en vacances, la femme saupoudrera de poivre de Cayenne les endroits où elle craint les rats, après avoir enlevé les taches de nicotine sur les cendriers de porcelaine avec du sel et un torchon." Depuis que j’ai renoncé au tabac, plus besoin de sel pour ravoir les cendriers. En revanche, on n’est jamais à l’abri des rats : les conseils de Vialatte peuvent donc se révéler précieux.
Valises bouclées et poivre répandu, nous partons pour quelques jours. Non pour le XIIIe arrondissement, comme le préconisait encore Vialatte, mais pour d’autres campagnes, que j’espère épargnées à ce jour par les hordes bataves.

Blog interrompu jusqu’à la fin du mois. N’oubliez pas les Christine, les Marthe et les Juliette : "Donnez-leur un cornet de cerises et l’exemple d’une vie parfaitement droite, exempte de toute compromission."

lundi, 09 juillet 2007

Courses ingrates

Brève incursion, ce week-end, en pays landais. Temps exécrable, routes embouteillées, bord de mer hideux. La soirée, dans un hôtel tranquille de Dax, rachète heureusement l’horreur du dimanche après-midi. Le décor et la clientèle de curistes valétudinaires barbotant dans leur potage pouvaient laisser craindre le pire ; le menu est copieux, le tursan très honnête et l’armagnac digne d’éloge. Mais cela valait-il le voyage ?

samedi, 07 juillet 2007

Colours 2

On connaissait les clowns blancs et les clowns rouges. Nous avons maintenant les clowns roses. Ils ne font rire personne.

vendredi, 06 juillet 2007

Poissons et poissonnets

Les L. nous proposent d’aller demain dîner d’une friture dans la vallée de la Sioule. L’idée est tout à fait louable, et nous ne serons point trop vétilleux sur l’origine du fretin, pourvu qu’un pot de blanc bien frais l’accompagne.
Hasard objectif et associations d’idées : en feuilletant cet après-midi un mince volume de proses de Follain, je m’étais amusé qu’il fît référence à deux reprises — et à quelques pages d’intervalle — à sainte Thérèse saisie par une de ses visions extatiques alors qu’elle « faisait frire des poissons pour la communauté ». Ce qui « ne l’empêchait pourtant pas de surveiller dans la poêle les poissonnets et de ne pas les laisser brûler » (dans Le Magasin pittoresque, Amiot-Lenganey, Cairon, 1991). Je me rappelle aussi ce dessin très naïf d’un saint Antoine prêchant aux poissons, sur le plâtre d’un mur, dans une église italienne, à Arezzo, peut-être.
Quelle que soit la qualité de la friture, nous la mangerons... religieusement.