Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 15 octobre 2007

Le résidu et la différence

Semaine du goût.
Il en reste cinquante et une pour le dégoût.

jeudi, 11 octobre 2007

Repentir

J'ai supprimé les quatre notes précédentes, où il était question de gens dont on parle à la radio, dans les journaux... Au fond, cela ne m'intéresse pas.
"La meilleure philosophie, relativement au monde, est d'allier, à son égard, le sarcasme de la gaieté avec l'indulgence du mépris." In petto, si possible.

dimanche, 07 octobre 2007

Livres qu’on lit d’un œil

Le stéréoscope des solitaires, de J. Rodolfo Wilcock (Gallimard, "L’Imaginaire", 2007). On a l’impression d’avoir lu ce genre de choses il y a longtemps. Exercices de style pas toujours très convaincants, qui font penser à trop d’autres auteurs : Buzzati, Cortázar, Michaux… On retiendra surtout, de ce recueil de textes très brefs, "Les Poupées", jolie métaphore ironique de l’activité littéraire : "... comme on n’ouvre jamais l’armoire et que les rayons ne permettent pas d’autre communication que celle qui est en usage chez les prisonniers, au moyen de petits coups frappés selon un système conventionnel donné, peu à peu, presque toutes les poupées se sont adonnées à la littérature ; c’est ainsi qu’elles sont devenues romanciers, poètes, critiques littéraires, critiques dramatiques, conseillers de maisons d’édition. Là-dedans, c’est un tapotement continuel : chacun veut faire entendre aux autres ses propres ouvrages. Mais ce sont là, inutile de le dire, ouvrages de poupées."

De Wilcock, on peut préférer, en dépit d'un lyrisme parfois un peu mièvre, certains poèmes mélancoliques des Jours heureux, comme "El viento" ou "La lluvia" :

        Ce crépuscule est comme une ville lointaine
        où tu aurais un jour dit mon nom ;
        ici, dans la galerie, j’écouterai les ailes
        sereines de la pluie qui passe entre les arbres.

samedi, 06 octobre 2007

E mi sovvien l’eterno

Hier, retour de Lille sous un ciel bas et gris. Austère monotonie des vastes emblavures de l’Yonne, pâtures d’un vert cru de légumes anglais où paissent des charolais placides, villages déserts. À Villemer, un petit siamois café-au-lait traverse la grand-rue en toute hâte devant nos roues. Cris d’enfants : c’est l’heure de la sortie de l’école. Entre Aillant-sur-Tholon et Saint-Aubin-Château-Neuf, la route est bordée de noyers où se rassemblent freux et corneilles : ce sont les noyers grolliers dont parle Rabelais. La nuit tombe lorsque nous arrivons en Bourbonnais. Un reste de lumière s’exténue, vers l’arrière-pays, dans des lividités orange. Je pense aux crépuscules mélancoliques et froids de l’enfance, aux vers de Leopardi… Il est trop tard pour s’arrêter chez le vigneron. Nous achèterons une autre fois quelques bouteilles de vin ginguet à Besson ou Châtel-de-Neuvre.

lundi, 01 octobre 2007

Tuer tout le monde et s’en aller

Dans les journaux, aujourd’hui : "Jack Lang prêt à rendre service au président Sarkozy." "Royal dénonce les bourdes diplomatiques de Sarkozy." "Sting, Stewart Copeland et Andy Summers, les trois membres du groupe Police, ont été faits chevaliers de l'Ordre des Arts et des Lettres par la ministre de la Culture Christine Albanel."
............................................

Flaubert, il y a un siècle et demi : "De quelque côté qu'on pose les pieds on marche sur la merde."

dimanche, 30 septembre 2007

Bruits humains et animaux

Bel après-midi de dimanche d’automne. Les voisins dans leur jardin : vociférations, éternuements, abois de deux ou trois chiens stupides… Je préfère rentrer.
En feuilletant le Journal des Goncourt, je tombe sur ceci : "Nous en sommes venus à appeler le vent, la pluie, la tempête : c’est l’enveloppement et l’assourdissement des bruits humains et animaux." (septembre 1869)

vendredi, 28 septembre 2007

"Thou wast not born for death, immortal Bird !"

b271de79ee24e4830e3c146f1588f616.jpgLa pie de Bruegel : tout aussi immortelle que le rossignol de Keats.

Faute de gibets — quoique les gibiers de potence courent les rues —, celles de lille, aujourd’hui, juchent sur les antennes de télévision.

Faut-il y chercher y chercher quelque signification emblématique ?

dimanche, 23 septembre 2007

Automne 2

L’un des premiers poèmes que j’ai étudiés en classe de sixième fut le "Versailles" d’Albert Samain.
C’est peut-être pour cette raison que je reste, aujourd’hui encore, sensible à certain kitsch symboliste marqué par une mélancolie un peu mièvre, à ces allégories ectoplasmiques d’automnes féminines et rousses, cousines des élégantes frigides de Khnopff vaguant sur des gazons mouillés — de la même manière que j’aime les images pieuses où l’on voit des anges en robe couleur de dragée.
On peut évidemment préférer à ces viandes creuses l’évocation plus rustique et réaliste, par La Boétie, du "sale automne" qui, "les chaleurs passées,

                        aux cuves va foulant
Le raisin gras dessoubz le pied coulant"

 

— et l'odeur mauve des futailles au remugle des vasques moisies.

samedi, 22 septembre 2007

Bildungsroman

"Plus jeune j’avais eu de la répugnance pour ce qu’il est convenu d’appeler vulgaire ou grossier mais je me sentais le poussin en âge de quitter la mère poule et me sentais attiré dans le clan des hommes rudes et ce jour-là m’en fus chier dans une de leurs chiottes (qui ne me faisait plus cracher de dégoût) au lieu d’aller dans le pot de chambre des bébés ou le cul au vent. Et je me sentis dès lors l’un des leurs et je me le sens encore car je ne suis pas sorti de leur sentier."

(Gaston Chaissac, lettre à J. l'A. in Hippobosque au bocage, Gallimard, "L'Imaginaire", 1999)

O’ chickens an’ men

Dans les journaux :

"À Gaza, un adolescent palestinien de seize ans a été tué jeudi, après avoir été écrasé par un bulldozer de l'armée israélienne lors d'une incursion militaire."

"À Jérusalem, des dizaines de manifestants se sont rassemblés jeudi devant le marché Mahane Yehuda pour lutter contre le massacre de poulets accompagnant le rituel Kaparot."