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dimanche, 23 septembre 2007

Automne 2

L’un des premiers poèmes que j’ai étudiés en classe de sixième fut le "Versailles" d’Albert Samain.
C’est peut-être pour cette raison que je reste, aujourd’hui encore, sensible à certain kitsch symboliste marqué par une mélancolie un peu mièvre, à ces allégories ectoplasmiques d’automnes féminines et rousses, cousines des élégantes frigides de Khnopff vaguant sur des gazons mouillés — de la même manière que j’aime les images pieuses où l’on voit des anges en robe couleur de dragée.
On peut évidemment préférer à ces viandes creuses l’évocation plus rustique et réaliste, par La Boétie, du "sale automne" qui, "les chaleurs passées,

                        aux cuves va foulant
Le raisin gras dessoubz le pied coulant"

 

— et l'odeur mauve des futailles au remugle des vasques moisies.

samedi, 22 septembre 2007

Bildungsroman

"Plus jeune j’avais eu de la répugnance pour ce qu’il est convenu d’appeler vulgaire ou grossier mais je me sentais le poussin en âge de quitter la mère poule et me sentais attiré dans le clan des hommes rudes et ce jour-là m’en fus chier dans une de leurs chiottes (qui ne me faisait plus cracher de dégoût) au lieu d’aller dans le pot de chambre des bébés ou le cul au vent. Et je me sentis dès lors l’un des leurs et je me le sens encore car je ne suis pas sorti de leur sentier."

(Gaston Chaissac, lettre à J. l'A. in Hippobosque au bocage, Gallimard, "L'Imaginaire", 1999)

O’ chickens an’ men

Dans les journaux :

"À Gaza, un adolescent palestinien de seize ans a été tué jeudi, après avoir été écrasé par un bulldozer de l'armée israélienne lors d'une incursion militaire."

"À Jérusalem, des dizaines de manifestants se sont rassemblés jeudi devant le marché Mahane Yehuda pour lutter contre le massacre de poulets accompagnant le rituel Kaparot."

jeudi, 20 septembre 2007

Baidel / Le diab'

Pas grand-chose qui me tente dans l'avalanche de titres de la "rentrée littéraire". Peut-être "Ô Révolutions", de Mark Z. Danielewski, mais rien ne presse. Je viens de terminer Les Enfants du Limon, que j'avais lu il y a quelques années, en diagonale, à vrai dire, et sans enthousiasme. Je me rends compte aujourd'hui que c'est du très bon Queneau, intelligent, roublard et, pour l'époque (1938), assez culotté. L'intrigue — des plus minces et traitée avec une joyeuse désinvolture — est sans doute, d'abord, prétexte au recyclage, par le biais de la mise en abyme finale, des matériaux accumulés par l'auteur pour son très sérieux projet d'étude sur les "fous littéraires" — jugée alors impubliable. C'est à peu près tout ce que l'on a retenu du roman, dont le style et la rhétorique sont pourtant constamment réjouissants. Jeu, qui tourne parfois au jeu de massacre, avec les codes linguistiques et narratifs, jeu de cache-cache aussi — ou jeu de dupes — avec le lecteur, toujours inquiet d'avoir pu laisser passer une allusion, de n'avoir pas vu le clin d'œil, pas deviné le logogriphe — ou de l'avoir repéré là où il n'était pas ! Queneau est diablement... malin. Plus que Purpulan-Baidel.

mardi, 18 septembre 2007

Les biens de ce monde

Selon Le Figaro, la fortune du sultan de Brunei s'élève à quelque 22 milliards de dollars.
À midi, j'ai terminé mon déjeuner par un beau morceau de parmigiano reggiano, accompagné d'un verre de terre di maestrale rouge 2001, et une pêche de vigne du jardin. Mon compte bancaire est à découvert comme chaque mois, depuis toujours.
Le sultan de Brunei n'est pas mon cousin.

Dialogues des vivants

— Vous arrive-t-il de penser à la mort ?
— Vous arrive-t-il de ne pas y penser ?

vendredi, 14 septembre 2007

Brève de comptoir

— Jacques Martin est mort.
— Lequel ?

jeudi, 13 septembre 2007

Morale du divertissement

Dans les domaines de l'adultère, de la chasse ou de la corrida, me dit mon ami B., seul est condamnable le prosélytisme.

mardi, 11 septembre 2007

Mardi à la campagne

Journée passée à tondre un gazon depuis trop longtemps laissé à l'abandon, couper les ronces, tailler des glycines d'une décourageante exubérance, repeindre des huisseries délavées par des saisons d'intempéries... Joies de la campagne. Trop heureux les rustiques ? Sacré Virgile !

Rassotez mastins

De tous les prétendus spécialistes de l’œuvre de Rabelais — à qui nous devons chaque année des douzaines d’exégèses et de commentaires nouveaux —, combien eussent été admis à franchir les portes de Thélème ?