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vendredi, 07 décembre 2007

Dernières nouvelles de la littérature 2

Madame Royal écrit des livres.

"DERNIER, IÈRE, adj. et subst.
[…]
Après lequel il n'y en a pas d'autres ; après lequel il n'y a plus rien."

(Trésor de la Langue Française)

 

lundi, 03 décembre 2007

En longs myaulemens horribles

Des chats crient dans la nuit venteuse. On ne sait s'ils se battent ou s'ils s'aiment...

dimanche, 02 décembre 2007

Petite anthologie portative 43

I wanted to drag a few words out of silence then sleep and none
were what I truly wanted. So much silence and so many words.

(Jim Harrison, Ghazals, LVII)

samedi, 01 décembre 2007

"Suivés lorthografe antiene"

"il faudrait que les enseignants mobilisés contre la loi lru viennent dans les AGs.Je suis a Lille III et d’aprés ce que j’ai compris des profs ont enfin réalisés et vont essayer de venir a l’AGs décisionnelle de lundi.A savoir lundi le vote sera fait en AG alors venait nombreux a l’AG on a besoin de monde et ce n’est pas le mouvement des bloqueurs mais celui des étudiants des enseignants du personnelles et des lycéens qui seront de futur étudiants.Je ne suis pas partisans du blocage pour le blocage et aujourd’hui le mouvement sur lille III a besoin d’être redinamysé, cela sera peut être fait grâce aux enseigants lundi 3 décembre
élargissons le mouvement la repression est de plus en plus violente en france..."

Je sais qu’il est assez ridicule de s’amuser à des subtilités orthographiques, et je tiens les dictées à la Pivot pour un exercice particulièrement imbécile. Je sais, par expérience, que la frappe au clavier est cause de multiples coquilles et cacographies auxquelles personne n’échappe. Je sais que nous ne sommes plus à l’époque où le concours général proposait aux lycéens une épreuve de composition en vers latins… Tout de même, lorsque je vois qu’un étudiant en lettres est capable de laisser sur un prétendu site d’information un commentaire de cette farine, j’en suis profondément attristé…

mercredi, 28 novembre 2007

Sur la terrasse, tout en haut de la colline, au paradis

Terminé hier Villa Amalia, de Pascal Quignard, acheté avec quelque réticence, la semaine passée, dans une petite librairie de sous-préfecture, qui ne propose guère au chaland que les derniers prix littéraires et des poches jaunis. La première vue qu’on prend du livre, ouvert au hasard est trompeuse. c’est plat, prosaïque... Des dialogues de diseurs de rien :

"Il ne savait que dire. Aussi dit-il :
— Je ne sais pas quoi dire.
— C’est bien ainsi.
— C’est un curieux début d’année.
— Oui.
— Il fait si étrangement chaud, ajouta-t-il. Mon jardin est plein de bourgeons.
— Ah !"

Mais il faut lire. C’est en réalité un texte magnifique, réduit à des bribes arrachées au vide, au silence, à des murmures coupés de blancs. Un texte poignant, tragique, sur le douloureux désir du bonheur, sur la mort. Le paradis est toujours ailleurs, dans l’espace ou le temps ; les menus plaisirs, les instants privilégiés, les joies sensuelles et fugaces ne sont là que pour entretenir nos rêves d’idéal. Nous sommes voués aux bonheurs pluriels et minuscules : la saveur d’un fruit, le bouquet d’un vin, la texture d’une étoffe, l’indicible beauté d’une mélodie qui fend le coeur et l’âme... Il n’est de paradis que perdu. Et c'est ainsi que Quignard est grand.

lundi, 26 novembre 2007

Total rigole

À la station-service Total, une publicité signale aux clients que, pour un plein et quelques euros de plus, on leur offre un DVD : La Marche de l’empereur ou La Planète blanche. Est-ce de l’humour… noir ?

jeudi, 22 novembre 2007

Le sexe des mots

Une universitaire canadienne, organisatrice d'un colloque dont je reçois — je ne sais pourquoi — le programme, fait suivre sa signature de la mention "professeure-chercheure". Je suppose que la dame — on peut être féministe et néanmoins coquette — se fera belle pour la séance d'ouverture et passera, pour l'occasion, chez sa coiffeure.

Sus immundus

De même qu’au nom de la démocratie, de la tolérance on tolère l’intolérable, parce qu’on se veut poli et qu’on se croit hors d’atteinte de la bêtise crapuleuse — alors qu’on est tout simplement lâche —, on supporte la muflerie la plus abjecte. Un hasard malheureux m’a valu, l’autre jour, d’être placé à table non loin d’un porc tonitruant, qui s’est, durant tout le dîner, vanté de ses prétendues bonnes fortunes, se flattant d’avoir b… toutes les femmes de son voisinage. La philosophie du personnage se résumait à peu près à ceci : en dehors de quelques habiles — au nombre desquels, bien sûr, il se comptait —, la société se composait majoritairement de salopes et d’imbéciles, cocus de surcroît. Le cynisme de panurge peut faire rire ; la butorderie de tels verrats justifie tous les anathèmes féministes et donne simplement envie de dégueuler.

mercredi, 21 novembre 2007

Le sens de la formule 4

En mangeant du lapin en gibelotte ou du civet de lièvre, il arrive que vous tombiez sur un plomb qui résiste mollement sous la dent ; vous l’exhibez entre deux doigts, vaguement amusé, avant de le déposer sur le bord de l’assiette barbouillée de sauce. De même, en lisant quelque aimable prose, vous butez sur une formule faussement aphoristique, une pensée d’ana, désinvolte ou paradoxale, qui paraît ne se trouver là que pour être recopiée dans un carnet de citations et vite oubliée — comme le grain de cendrée qui a distrait un instant votre attention gourmande :
"Il pensait à l’avenir, c’est-à-dire à rien." "Qu’est-ce qu’un homme sentimental ? Quelqu’un qui adore ne pas manger seul."
Grains d’ironie, qui attestent la qualité de l’écriture, comme le plomb l’authenticité du gibier.

samedi, 17 novembre 2007

Tendre comme le souvenir

"Si l'on y réfléchissait un peu, entre le collège et la caserne, c'étaient neuf années de pluie et de chiottes à la turque..."
(Patrick Modiano, Une jeunesse)
Les pluies de ma jeunesse ne m'ont pas laissé de souvenir particulier. Les chiottes, si.