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lundi, 05 avril 2010

Qui tetigerit morticina eorum...

Un petit hérisson s'est noyé, hier, dans le bassin du jardin. Nous l'avons enterré près de la haie. Avec un peu de latin...

samedi, 03 avril 2010

Petite anthologie portative 59

ENFERS

C'est le silo sanglant, la jeune Aurore
Ils se cherchent l'un l'autre et tous pour jouir et s'identifier
Les Fils réunis tuent le Père et voilà la Fraternité.
Vénus sort de la mer
Ruisselante dure et parée seulement de ses chevelures
La fornication obsède le ciel bleu.
Le Christ est né du cœur
De ces cœurs noirs il fait un cortège d'Époux ;
Le Christ est tué nous luttons à jamais.

(Pierre-Jean Jouve, "Enfants mystérieux" in Les Noces, Poésie/Gallimard, 1964)

vendredi, 02 avril 2010

Vendredi aoré

Après-midi froid et venteux.
J'écoute Marbrianus de Orto — Lamentatio Jeremie Prophete — et parcours Le Latin mystique. Langue admirable de Gourmont, prose érudite et raffinée, écriture fin-de-siècle, qui est celle, aussi, de Jarry ou Huysmans. Il convient, en ce jour, de relire le beau chapitre consacré au Stabat Mater : "Désormais, la poésie du Christ est morte et les lamentations de Marie laissent froids les cœurs populaires aussi bien que les âmes distinguées. La poésie du Christ est morte méprisée des oblateurs de sa chair et de son sang, — et j'ai peur qu'il ne s'en trouve plus d'un pour prendre en pitié, alors qu'Horace et Tibulle sont encore si peu connus, un égaré qui, au lieu de regratter ces deux pannes célèbres, exhume des reliques de Notker, d'Hildegarde ou de l'anonyme du Planctus !"
Les deux "pannes" m'ont obligé à recourir à l'indispensable T.L.F.

lundi, 29 mars 2010

Portmanteau word

Il y avait jadis les jacqueries, les émeutes serviles et les soulèvements des gueux. Dans le plus perdu des Clochemerle, la populace évacue aujourd'hui sa "colère" en billets cacographiques sur des blogs pitoyables. Il faudrait, à propos de cette tourbe écrivassière, parler d'analphabêtes — le début du mot renvoyant de surcroît à la formule de Béroalde : "Leur bouche est en paroles aussi honneste que le trou de mon cul."

vendredi, 26 mars 2010

Météo 29

Giboulées de printemps.
Une dame passe sous un parapluie rose jacinthe.

jeudi, 25 mars 2010

How The Dead Live

Entendu l'autre jour ce dialogue de comptoir, que la transcription écrite prive du sel que lui confère l'accent local :

"Et le Michel, comment qu'i' va ?
— Le Michel ?
— Ben, oui ! le Michel, ton gars...
— Oh ! ça va ben, ça fait quatre ans qu'il est mort !"

lundi, 22 mars 2010

"Ouvrez-moi cette porte où je frappe en pleurant"

Soir d'élections. Un ivrogne tambourine aux vitres de la mairie en vociférant : "Laissez-moi entrer. Je suis un citoyen, moi aussi : j'ai le droit de savoir !"

dimanche, 21 mars 2010

Wenn ich Kultur höre...

M'intéressent, seules, la culture populaire — concours de pétanque, défilés de majorettes, fêtes de la chasse ou foires aux choux... — et la culture élitaire. Ne pouvant sans outrecuidance me réclamer de celle-ci à l'exclusion de toute autre, je me vautre volontiers dans celle-là. Entre les deux, le fritto misto qui fait les délices des lecteurs de Télérama et des instituteurs en retraite me coupe l'appétit — et l'envie même d'y goûter.

vendredi, 19 mars 2010

"De fleurs en mars ne tiens compte"

Les oiseaux délaissent les mangeoires encore garnies de graines. Au jardin, premiers crocus et premières primevères, premiers papillons soufrés. La campagne, dans les lointains, s'étale paisible, "couleur de bure et de fumée", sous un ciel délavé. Trompeuse douceur du temps... Ce soir, il pleut.

mercredi, 17 mars 2010

Ionesco à la supérette

À la caissière qui me réclame deux euros et quatre-vingt-dix-neuf centimes, je fais observer qu'il eût été plus simple d'arrondir le prix du produit à trois euros. Elle me rétorque : "Oui, mais j'étais trop jeune pour aller voter." Je me suis demandé toute la journée ce qu'elle avait bien pu vouloir dire...