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mercredi, 17 mars 2010

Ionesco à la supérette

À la caissière qui me réclame deux euros et quatre-vingt-dix-neuf centimes, je fais observer qu'il eût été plus simple d'arrondir le prix du produit à trois euros. Elle me rétorque : "Oui, mais j'étais trop jeune pour aller voter." Je me suis demandé toute la journée ce qu'elle avait bien pu vouloir dire...

In paradisum 2

Morts, nous reviendrons hanter les songes de ceux qui nous ont connus. Il n'est d'autre paradis que les rêves de ceux qui nous survivent.

lundi, 15 mars 2010

Notes de lecture

"J'ai passé la moitié de mon existence à l'université, et pourtant je n'en suis pas. Je ne suis de nulle part, en réalité. À part la région que j'ai quittée, et ça par force rien qu'en souvenir." (Harry Crews, Des mules et des hommes. Une enfance, un lieu, Folio, 2009)
"Les trente dernières années se ramènent à rien. C'est pire que ça. Elles constituent une régression sans précédent dans les domaines de l'innovation intellectuelle, de la lutte politique, de la moralité publique et des vertus privées. Juste avant de mourir, Fellini a confié ses dernières paroles à un personnage anonyme, invisible, de La Voix de la lune, son dernier film. On l'entend crier, dans la nuit, d'une voix où l'indignation le dispute à la colère : "Siamo un popolo di stronzi !" Après ça, le maestro, peu soucieux de s'attarder en pareille compagnie, s'est éclipsé." (Pierre Bergounioux, Back in the sixties, Verdier, 2003)
"L'effondrement de la syntaxe va de pair avec la fin du christianisme." (Richard Millet, L'Orient désert, Folio, 2009)
Truisme pour dissertation littéraire : tout lecteur est lecteur de soi-même...
Lendemain d'élections : je ne lis pas les journaux. La radio reste muette. J'écoute Crumb — Vox balænæ — et Lutoslawski — Trois poèmes d'Henri Michaux.

dimanche, 14 mars 2010

Petite anthologie portative 58

quand le jour viendra
regarde qui s'efface
sur tes lèvres
chaque nom meurt
en silence

(Bernard Noël, "Nulle part ma voix" in La Chute des temps, Poésie/Gallimard, 1993)

jeudi, 11 mars 2010

Tristesse de l'hiver qui n'en finit pas

Rien d'euphorique dans la "rondeur" de ces jours de lassitude et d'ennui : ce ne sont que ressassements et ruminations, pensées moroses qui tournent comme le fourmilier captif dans son enclos, nez à terre, indifférent à tout ce qui l'entoure.
On ne sort guère. Il n'y a d'ailleurs que bien peu de choses à voir. Un pauvre cirque, stationné à l'entrée du bourg, avec un misérable chameau pelé, immobile dans la neige et le givre. Pas de nouvelles du monde, peu de courrier. Un prospectus pour un "apéritif poétique", organisé par quelque bas-bleu local dans le cadre du "Printemps des poètes". Le thème, cette année : "Couleur de femme". Le papillon est d'un jaune pisseux, démoralisant...

dimanche, 21 février 2010

"Vers l'aveugle innocence où d'abord nous baignâmes"

Entre les pages 98 et 99 d'un exemplaire fatigué de Race des hommes, un bouton d'or cueilli il y a quarante-deux ans, dans un pré, au bord de la Jordanne.

samedi, 20 février 2010

"Une Fraîcheur au-dessus de l'Histoire"

Après les sornettes dont il est question dans la note précédente, c'est un rare bonheur que de se replonger dans Larbaud. Je reçois — en même temps qu'un mince volume de Jean de Lingendes, poète oublié pour lequel il avait une tendresse particulière — un exemplaire de ce Domaine français qu'on n'a pas jugé bon de rééditer, alors qu'il est désormais à peu près introuvable — sauf au prix fort, chez des bouquinistes qu'il serait pléonastique de qualifier d'escrocs. Larbaud n'est pas seulement un dilettante, un amateur au sens le plus noble du terme : c'est aussi un exégète d'une grande élégance, un "suffisant lecteur", qui, bien avant et mieux que "les maistres du mestier", a su faire partager ses enthousiasmes à propos d'auteurs aussi rares que Maurice Scève ou Édouard Dujardin. Derrière chaque phrase de Larbaud, on entrevoit l'homme, aimable et sensible, qu'on aurait voulu connaître...

mardi, 16 février 2010

Critiquature 2

L'intelligence et la finesse d'analyse font rage dans nos magazines. "La poésie, affirme par exemple le désopilant Charles Dantzig, est la forme la plus arriérée de la littérature." (Nouvel Observateur, semaine du 11 au 17 février) On ne sait s'il faut mettre ce genre de propos au compte de l'imbécillité ou d'un sérieux problème de vocabulaire. À vrai dire, on s'en fiche un peu et l'on tourne la page sans perdre davantage son temps. Dans le supplément "Télé Ciné" du même numéros, c'est Gérard Depardieu qui conculque, en vrac, romancières et romanciers. Seule trouve grâce à ses yeux Marie N'Diaye, "cette femme très digne qui a eu le Goncourt et qui ressemble effectivement à ce qu'on peut imaginer d'un écrivain". Venant d'un aussi subtil aristarque, l'éloge tient du pavé de l'ours...

dimanche, 14 février 2010

"Ah ! Gudule, viens m'embrasser..."

Saint-Valentin : fête des fleuristes, bijoutiers et autres marchands de frivolités... Nous ferons une longue promenade dans la neige et boirons au retour un verre de lambrusco blanc.

vendredi, 12 février 2010

Senilità

Sans doute notre espérance de vie s'est-elle accrue en quelques décennies ; néanmoins, il arrive toujours un moment où l'on ne peut plus guère rapporter à soi le premier vers de la Divine Comédie.