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samedi, 12 août 2006

Vitupérer l'époque 2

Critiques élogieuses, préface et postface laudatives, quatrième de couverture reprenant les propos flatteurs d'Álvaro Mutis et Gabriel García Márquez... il y a de quoi être tenté. On achète donc les Horreurs de la démocratie de Nicolás Gómez Dávila. Et que trouve-t-on ? Une succession de truismes péremptoires, de platitudes sentencieuses. On peut être chrétien, réactionnaire, misanthrope... et parfaitement ennuyeux.
"Tout le monde, écrit Dávila, a le droit d'être stupide, mais pas d'exiger que nous vénérions ses stupidités."

jeudi, 10 août 2006

Légumes

"Vichyssoise, n. f. Potage à base de poireaux et de pommes de terre lié à la crème." (d’après Jean-Claude Corbeil et Ariane Archambault, La Cuisine au fil des mots, Éditions Québec-Amérique, 1998) 

"Une femme de la campagne des environs de Vichy m’a conté que dans son pays plus d’une fois elle avait entendu dire et vu elle-même que les villageoises se servaient pour assouvir leur désirs de raves, de carottes et de poireaux. Ô mœurs pures des champs !" (Dr Thésée Pouillet, Essai médico-philosophique sur […] l’onanisme chez la femme, 3e éd., Paris, Delahaye, 1880, p. 46 — cité par Sarane Alexandrian in La Sexualité de Narcisse)

Visite matinale

Un chat blanc et roux boit longuement dans la jatte où se baignent merles et moineaux.

mercredi, 09 août 2006

Les livres qui nous apprennent à danser 4

De beaucoup de livres que nous avons aimés, nous gardons seulement le souvenir du plaisir que nous avons eu à les lire. Je serais bien incapable aujourd’hui d’écrire deux lignes sensées sur Sarnia, Traité du zen et de l’entretien des motocyclettes ou Même les cow-girls ont du vague à l’âme, qui m’ont enchanté naguère. Trois titres qui me viennent à l’esprit, parmi des dizaines d’autres, que je ne relirai jamais.

dimanche, 06 août 2006

Drôles de zigs

Le dictionnaire de Thomas Corneille est une inépuisable source d'émerveillements. J'apprends que les pattalorinchytes étaient des "hérétiques qui s'élevèrent dans le second siècle". Ils "faisaient consister tout le service divin dans le silence, sans pratiquer aucune autre chose ; ce qui leur avait fait prendre l'habitude de fourrer leurs doigts dans leur nez et de les mettre dans leur bouche, afin de s'empêcher de parler."
Drôles de zigs. Avaient-ils de drôles de zobs ?


vendredi, 04 août 2006

Bucolique 3

Cet après-midi, brève promenade dans la campagne, qui me permet de vérifier la justesse du constat que faisait naguère Vialatte : nous sommes dans une province où il y a plus de montées que de descentes.
Sinon, quoi ? La "paix des pâtis" n'est que littérature. Ce ne sont que vrombissements et pétarades : tracteurs des paysans qui déchaument, motocyclettes des amateurs de "trial", inévitables camping-cars bataves égarés sur les chemins vicinaux...
Tout cela tellement habituel que, seul, le promeneur à pied éveille un instant la curiosité des charolaises placides.

mercredi, 02 août 2006

Bordel, Cocu, Vachier...

Certains patronymes sont assurément difficiles à porter, et l'on peut concevoir que ceux qui en étaient affligés aient pu souhaiter d'en changer. On imagine les sarcasmes et plaisanteries douteuses auxquels ont dû — et doivent être encore exposés les Pine, Cochon et autres Merdier.
En revanche, il n'y a sans doute guère que les historiens et quelques érudits pour jeux télévisés qui savent pourquoi tant de Louvel ont demandé, en 1820, à changer de patronyme. Cela en valait-il bien la peine ? Le temps a passé et, après une ou deux générations, tout soupçon d'infamie était effacé...
(Voir Dictionnaire des familles qui ont fait modifier leurs noms depuis 1803 jusqu'en 1865 ; contenant les noms, prénoms, profession et lieux de naissance de chaque individu cité, Paris, Delaroque, s.d.)

lundi, 31 juillet 2006

Un dimanche à la campagne

Hier, déjeuner en famille dans le jardin, à l'ombre des pommiers. Nous buvons du Bonnezeaux 86. Les petits-enfants se traînent dans l'herbe... "Un dimanche à la campagne". Ce n'est pas au film de Tavernier que je pense, mais au beau livre de Pierre Bost qui l'a inspiré, et dont le titre annonce toute la mélancolie : Monsieur Ladmiral va bientôt mourir...
Ce matin, il pleut et déjà juillet se termine.

vendredi, 28 juillet 2006

Colette

Acheté sur Aucland les trois gros volumes des Œuvres de Colette, publiés chez Flammarion dans les années 60. C'est de la gourmandise, j"en conviens — comme de se gaver en cachette des bonbons anglais translucides et acidulés qu'on a chipés à ses petits-enfants —, mais c'est délicieux. On s'amuse de riens, de futilités, comme ces souvenirs de Polaire dans Mes apprentissages: "Elle était seule et portait sur son bras une petite toy-terrier en satin noir et feu, de laquelle je n'ai jamais pu savoir le nom exact: 'C'est ma Gaguille', disait Polaire, ou bien: 'Où es-tu, ma Lélette ?' Ou bien : 'Jeu suis sortie à pied pour faire plaisir à Troutrouille', ou bien: 'La Poule-d'eau-mauve est encore constipée !'" Mais il y a aussi, plus émouvante, plus grave et pudique, la vieille dame qui écrit, dans Le Fanal bleu : "En attendant que je ne bouge plus, je ne bouge guère." Élégante, Colette, jusque dans la retenue...

La vieille Dame, le Dompteur et le Crocodile

L'entarteur de madame Royal est passé en correctionnelle. C'est que la pimpesouée poitevine n'est pas portée à l'indulgence envers les "révolutionnaires en peau de lapin" ! Madame Royal veut bien faire de la politique mais ne supporte pas qu'on la chahute.
La vieille dame, au cirque, voulait bien prendre la place du crocodile... pourvu qu'on ne la frappât pas sur la tête.