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dimanche, 07 mai 2006

Animal on est mal

Entendu ces jours-ci à la radio : la réintroduction d'ours dans les Pyrénées porterait atteinte "à la vie privée des bergers". Sic ! Je l'ai déjà dit ? Oui, mais c'est parce que je l'avais déjà entendu... Non seulement on profère des âneries, mais on s'en gargarise. Il est vrai que l'exemple vient de haut...

Les "anti-ours" auraient, paraît-il, disséminé dans la nature, la semaine dernière, des pots contenant du miel et du verre brisé. Cela rappelle très vaguement la méthode qu'emploient les Esquimaux pour piéger les ours blancs. Que je ne vous indiquerai pas : certains seraient capables d'essayer avec le rottweiler du voisin. 

Une pensée de Cioran, sur laquelle je suis tombé tout à l'heure, par hasard : "La disparition des animaux est un fait d'une gravité sans précédent. Leur bourreau a envahi le paysage ; il n'y a plus de place que pour lui..." (Le Mauvais Démiurge).
Comme toujours, Cioran est pessimiste : il y a tout de même les chevreuils et les sangliers, dont la population est "gérée" par les chasseurs, ces vrais amis de la nature.

L'art du bonheur 2

Bonnard, Denis, Vuillard : "Le bonheur de contempler un bonheur". La formule est de Kundera, dans les Testaments trahis. Un des tableaux que j'ai préférés : "La Tarte aux cerises", avec les jeux de la lumière rose sous les feuillages et les yeux jaunes du chien convoitant la part qui reste au fond du plat. Était-ce ce chien-là que Bonnard avait baptisé "Ubu" ?

samedi, 06 mai 2006

Chacun sa madeleine

"Mon seau, qu'est-ce que ça puait dedans quand j'enlevais le couvercle pour le vider, c'était un seau blanc en émail avec une bordure bleue sur le couvercle, pour le porter il y avait une anse en fer avec une petite poignée en bois, tiens même aujourd'hui je ressens encore cette poignée dans ma main comme une expérience de mémoire involontaire..."
(Raymond Federman, La Fourrure de ma tante Rachel, éditions Al Dante, 2003)

"Gaudet in effossis habitare cuniculus antris"

À l’entrée de cette bourgade bourbonnaise, non loin de l’autoroute A 71, il y a un vaste rond-point gazonné que rien, pendant la journée, ne distingue des carrefours giratoires qu’on voit un peu partout. Mais, à la nuit tombée, tout un peuple de lapins, qui a établi là ses souterrains séjours, y broute, y trotte, y fait tous ses tours, indifférent au carrousel des automobiles et au fracas des poids-lourds. Tous ces lapins qui pullulent, vivent et meurent sur cet îlot de quelques mètres carrés, cernés par le béton et le bitume, ont un destin ballardien. Un littérateur pas trop maladroit en ferait un conte philosophique.

L'art du bonheur

Avant-hier, visite de l’exposition Bonnard au musée d’Art moderne.

Le charme de cette peinture est tel qu’on a vite oublié l’attente à l’entrée, le brouhaha des groupes — retraités ou potaches — agglutinés autour de leur cicerone, les commentaires ineptes ou superfétatoires proférés à voix haute, d’un ton sentencieux. Une peinture heureuse et lumineuse, un art du bonheur, du carpe diem — au sens littéral de l’expression —, de l’intime et du familier. dans cette apparente insouciance, un peu de mélancolie, forcément, et, pour le spectateur, une vague incomplétude, le sentiment confus que ce bonheur révolu n’a jamais été pour lui. On est ému et l’on se sent indiscret, comme lorsqu’on pénètre dans la chambre de parents disparus ou qu’on regarde de vieilles photographies… Ce bonheur-là s’est enfui, mais il nous reste un peu de lumière et de couleur ; comme aux doigts cette poudre irisée, après qu’on a pris dans sa main un papillon mort…

Avant de quitter la grand-ville, passage chez Mona Lisait, rue Saint-Martin, dont le sous-sol recèle toujours de petites merveilles. Il y a là à peu près tous les titres de raymond Federman, que je cherche en vain depuis des mois dans les rayons des FNAC, Furet et autres bazars qui débitent du livre au quintal ("Raymond comment, vous dites ? Comment ça s’écrit ? Vous pouvez me donner un titre ? Ah ! non, on n’a pas ça. Il faut le commander"). J’achète encore un recueil de Vittorio Sereni dans la belle collection "Terra d’altri" de chez Verdier, Les Cigognes d’Aquilée, de Bence Szabolcsi — pour le titre et le nom de l’auteur — et de très minces Prolégomènes à un système politique prochain, de Jean Demélier. Pour la couleur mauve de la couverture.

mercredi, 03 mai 2006

Petite anthologie portative 25

LE PERROQUET

Pas mal ! et il avait bien quelque mérite au temps où les bêtes ne parlaient pas mais aujourd'hui toutes les bêtes ont du talent.

(Jules Renard, Histoires naturelles, 1909)

Xyloglossie

Quoi de neuf dans l'actualité politique ?
On est serein, on assume ses responsabilités, on laisse la justice faire son travail...
C'est à peu près aussi intéressant que les interviews de footballeurs.

samedi, 29 avril 2006

Sur l'album de la comtesse

Les Croix-de-feu :
pas vraiment bandantes.

vendredi, 28 avril 2006

Bons sauvages

Kurt Vonnegut, évoquant ses universités dans le Nouvel Observateur de cette semaine :

"Ce fut une grande erreur de ma part que de chercher à obtenir un diplôme en anthropologie, parce que je ne supporte pas les primitifs — ils sont tellement stupides."

On pense à La Bruyère, concluant, à propos des vices des enfants: "Ils sont déjà des hommes."

 

"L'histoire a cognu trois Socrates"

Petit Larousse 1949 :

DURAS (Claire de Kersaint, duchesse de), romancière française, née à Brest (1777-1828) ; auteur d'Ourika et d'Edouard).

Petit Larousse 2004 :

DURAS (Marguerite), Gia Dinh, Viêt Nam, 1914-Paris 1996, femme de lettres, etc.

Sic transit...