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samedi, 16 septembre 2006

Les livres qui nous apprennent à danser 5

Ce matin, tentative de rangement partiel de ma bibliothèque. Tâche décourageante s'il en est, qui réserve tout de même quelques petits bonheurs : je retrouve, parmi une brassée de poches dépenaillés, un des premiers titres de Jacques Bertrand et ce recueil italien de haïku que je croyais définitivement perdu : "Casal Borsetti, fête de l'Unità, 1er août 2000".
 
In questo mondo
contempliamo i fiori ;
sotto, l'inferno.
 
(Kobayashi Issa) 

vendredi, 15 septembre 2006

Grab that cash with both hands and make a stash

Dans le Nouvel Observateur, cette semaine :
rubrique immobilier : vente aux enchères volontaire d’une ancienne bastide, à Hyères. Mise à prix : 4 000 000 d’euros. Rubrique automobile : BMW Z4 M coupé, « un jouet gonflé, survitaminé, optimiste ». Prix : 59 600 euros. Pages mode : Escarpin en satin et tulle noir Christian Louboutin. Prix : 590 euros. Supplément vins : Domaine gauby, la Coume Gineste 2002. Prix : 69 euros. Pour un vin de pays, fût-il "bio", ce n’est pas vraiment donné…
J’ai bien envie, moi, purotin jaloux, de résilier mon abonnement. Qu’est-ce qui me retient ? Les billets de Delfeil de Ton ou de Drillon ; la chronique de Jérome Garcin, parfois. Cette semaine, il est un peu vache avec la Nothomb. Ce n’est pas moi qui le lui reprocherai. J’aime bien ceci : "Le nouveau produit s’appelle Journal d’Hirondelle. Il vaut 14,50 euros [décidément, tout est étiqueté dans ce canard !]. Il appartient à la catégorie des pistolets à eau. Il marche déjà très fort. Une phrase comme : C’est beau, la campagne au lever du soleil, même Mylène Farmer peut la comprendre." En voilà deux d’exécutées. Pour le prix d’une. En tout cas, la Nothomb, maquillée broucolaque et fringuée croque-mort, elle pourrait sûrement se le payer, le jouet survitaminé. Et boire du domaine Gauby, elle qui dit préférer le vinaigre…

mardi, 12 septembre 2006

Jordane transito

Cet après-midi, j'ai franchi le Jourdain.
C'était dans la Nièvre, entre Saint-Amand-en-Puisaye et Myennes.

Pont-de-Bois

Le long de l'allée
Charlie-Parker
Des chats se mussent parmi les
Cotoneasters.

mercredi, 06 septembre 2006

Chanson pour la route

"Un matin nous arriverons réveille-toi dans un café glacé un village désert
Il y a des sanglots des rêves sur les prés abandonnés la vie des gens
Des enfants qui vont à l'école et l'écharpe nouée des amitiés qui s'envole..."

(Jacques Bertin)

Je pars pour une petite semaine...
On the road again ? — Non, ça serait plutôt la route de Pennzac. Ou, disons, de Vahl-lès-Bénestroff ou Taisnières-en-Thiérache. À bientôt.

dimanche, 03 septembre 2006

duneton et les Majuscules

Dans sa chronique du Figaro littéraire en date du 31 août, Claude Duneton s’insurge contre "la manie de supprimer partout les majuscules", et notamment celles qu’il conviendrait, selon lui, de conserver au nom des vins. Personnellement, j’avais plutôt cru constater une tendance inverse, à savoir la manie d’en coller partout, des majuscules. Comme si cela donnait de l’importance à la personne ou à la chose — à moins qu’il ne faille y voir, notamment dans les titres d’œuvres, une influence de l’anglais, qui résout ainsi de façon expédiente un casse-tête orthographique. Quoi qu’il en soit, pour ce qui concerne les vins, la revendication de Duneton relèverait du caprice ou de la foucade, si toutefois elle était autre chose qu’un prétexte susceptible d’alimenter sa copie. Le Dictionnaire des difficultés d’Adolphe V. Thomas, auquel je me fie davantage qu’à Duneton, est très clair : "On écrit sans majuscules : Boire du champagne (pour du vin de champagne), du bordeaux, du bourgogne, du château-lafite, du châteauneuf-du-pape. Un verre de côtes-du-rhône, de pouilly-fuissey, etc." La première édition dudit dictionnaire remontant à 1956, je ne pense pas qu’on puisse mettre cette règle au nombre des "modes et tics orthographiques" dont s’irrite notre chroniqueur.

Et majuscule ou pas, un vin ginguet reste de la piquette !

Cyclophrènes

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Ce matin, brève escapade en mon "pays de vache", entre Sologne bourbonnaise et Charolais. Si l’on prend la précaution de partir tôt, il est agréable de rouler à petite vitesse sur les départementales. mais, très vite, le crétin nous rappelle son omniprésence — et qu’il ignore la trève dominicale. La variété cycliste, grégaire et frénétique, est particulièrement remarquable : ces furieux pédaleurs, grotesquement déguisés — casque, cuissards, maillots bigarrés — mettent, au nom de l’hygiène et du sport sans doute, un point d’honneur à empoisonner l’automobiliste. Pires que le piéton écraseur épinglé par Jarry ! Pourquoi ces gens-là, plutôt que de jouer les coureurs en risquant l’accident, ne peuvent-ils s’adonner aux simples plaisirs de la promenade à bicyclette ?

jeudi, 31 août 2006

Slam

Ce matin, expédition à la sous-préfecture pour acheter un peu de lecture. À la librairie, des piles de nouveautés et de poches classiques : rentrée littéraire, rentrée scolaire... Tout ça n'est pas très intéressant. Quoique je jure régulièrement de ne plus me fier aux critiques, je repars avec Les Bienveillantes, de Jonathan Littell, dont on dit le plus grand bien. Côté polars, c'est un peu la misère. Je déniche tout de même un Pelecanos ; j'hésite devant un Crumley que je ne crois pas avoir lu, mais finalement, non, le dernier m'a laissé un trop mauvais souvenir... Je prends Delirium tremens, de Ken Bruen — pour le titre — et je termine avec le Journal d'un lecteur d'Alberto Manguel. La libraire m'offre en prime une anthologie du slam :
 
"Je ne pense plus à rien
Je ne pense plus qu'à nous deux
Perdus au bout du chemin
Veuille recevoir en ces lieux
Des roses en guise de dessin
Vois je n'ai pas trouvé mieux..."
 
Les lieux ? C'est là sans doute que le bouquin finira. 
 

mercredi, 30 août 2006

Sens commun

Le courrier des lecteurs, dans les magazines, ou, à la radio, les émissions ouvertes aux questions des auditeurs semblent être les derniers lieux d’où l’intelligence et le bon sens ne soient pas totalement bannis. Les professionnels de l’information se consacrent essentiellement, aujourd’hui, à la diffusion du prêt-à-penser le plus inepte, au ressassement, au décervelage, à la promotion du crétinisme euphorique.

mardi, 29 août 2006

Petite anthologie portative 28

The intestines of Dante Rossetti
Were exceedingly fragile and petty.
    All he could eat
    Was finely chopped meat,
And all he could shit was spaghetti.

(Anonyme, The Limerick, Paris, Les Hautes Études, 1953)