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dimanche, 20 août 2006

Embrassez qui vous voudrez

À la "Fête de la Rose", à Frangy, l'entartée de frais "refuse les embrassades de l'ancien maire" : "Si je commence, il faudra que j'en embrasse mille", dit-elle.
Vraiment sympathique, la p'tite dame. 

samedi, 19 août 2006

Chleuasme

Le journal intime autorise toutes les complaisances, la forfanterie, l’outrecuidance, jusque dans l’affectation de la sincérité. mais le lecteur n’est pas dupe : ce qu’on aime, chez Jules Renard, par exemple, ce n’est pas qu’il se livre à nu : c’est qu’il cabotine jusque dans l’aveu de ses petitesses, de ses mesquineries. C’est cela qui nous attendrit, parce que notre lecture est posthume, et qu’il faut tout pardonner aux morts…

Avec le blog, les choses ne sont pas très différentes. à ceci près que l’on n’est pas mort, et que le lecteur — de hasard le plus souvent — ne pardonne rien : si j’écris un jour que j’ai acheté un roman d’un auteur inconnu et que, le lendemain, je laisse échapper qu’il s’agit de Dave Eggers, je suis assuré de passer pour un béotien suffisant. J’apprends en effet que Dave Eggers n’est pas un inconnu, mais "l’auteur américain le plus admiré et imité de sa génération"… J’ai l’air de quoi ?

jeudi, 17 août 2006

Synonymie météorique

Il pleut. Il pleut beaucoup. Il pleut fort.

Une vingtaine de départements sont en vigilance orange. C'est joli, la vigilance orange, mais on peut regretter les vents d'abas, les ragas et les vimaires, absents des bulletins météo aussi bien que des dictionnaires récents...

Solderie

Ce matin, expédition à la solderie. Des livres invendus, qui dans deux jours seront invendables, feuilletés et rejetés dédaigneusement dans les bacs, jaquettes froissées, pages cornées, souillées... Je repars avec deux romans d'auteurs inconnus (on ne peut pas être déçu par un livre dont on n'attend rien) et quelques bouteilles de pauillac cru bourgeois 1997.

mercredi, 16 août 2006

Sardine

Murakami : difficile à caser dans les catégories du merveilleux, du fantastique ou de l'étrange, telles du moins que définies par Todorov. Bizarre, loufoque ? On est toujours entre amusement et malaise, dans un "monde possible" trivial et délirant, finalement très carrollien dans son absurdité logique.

Il y a aussi beaucoup de chats, chez Murakami.
Me plaît particulièrement celui de La Course au mouton sauvage, matou pétomane et édenté, dont le baptême s'accompagne d'un dialogue que n'eût pas désavoué le père d'Alice :

"Minou minou minou, dit le chauffeur au chat, en se gardant bien d’y porter la main. Comment s’appelle-­t-il ?
— Il n’a pas de nom.
— Comment faites-vous alors pour l’appeler ?
— On ne l’appelle pas, dis-je. il est là, c’est tout.
— Mais il ne reste pas tout le temps immobile. Il bouge, sous l’effet d’une volonté. Ça ne vous semble pas bizarre qu’un être qui agit de par sa volonté n’ait pas de nom ?
— Les sardines aussi bougent selon leur volonté, et pourtant on ne leur donne pas de nom.
— Oui, mais il n’y a aucun échange affectif entre une sardine et un être humain. D’ailleurs, une sardine ne comprendrait pas son nom. Cela dit, rien ne vous empê­cherait de lui en donner un.
— Si je vous comprends bien, pour qu’un animal puisse prétendre à un nom il faudrait qu’il se meuve de sa propre volonté, qu’il soit capable d’échanges affectifs avec les humains et, qui plus est, qu’il soit doté du sens de l’ouïe. N’est-ce pas ?
— C’est cela, oui, dit le chauffeur qui opina à plu­sieurs reprises, l’air convaincu. Dites, ça vous déran­gerait si je lui donnais un nom ?
— Absolument pas. Comment l’appelleriez-vous ?
— Que diriez-vous de "Sardine" ? Puisqu’au fond vous l’avez traité comme une sardine jusqu’à présent.
— C’est pas mal, dis-je.
— N’est-ce pas ? fit-il fièrement.
— Qu’en dis-tu ? demandai-je à ma girl friend.
— Pas mal du tout, dit-elle. On croirait assister à la Création du monde.
— Et la Sardine fut ! dis-je.
— Viens, Sardine, dit le chauffeur en prenant le chat dans ses bras.
Pris de frayeur, le chat lui mordit le pouce, puis il péta."

(La Course au mouton sauvage, Points-Seuil, 2006, p. 185-186)

mardi, 15 août 2006

Toujours des chats ?

Entendu ce soir aux informations : la panthère noire qui hante depuis quelque temps les abords du cap Gris-Nez ne serait, en fait, qu'un chat sauvage — ou un très gros chat noir...
Dans le doute, les battues continuent. Pour le plus grand bonheur, suppose-t-on, des gros cons, casquette en bataille et fusil en bandoulière.

lundi, 14 août 2006

Encore des chats

Elle est retrouvée. — Quoi ? l'éternité ?
— Non, la chatte de D.A.

Aujourd'hui encore, un chat blanc et roux dans le jardin. Craintif, hélas ! et qui détale dès qu'il nous aperçoit. À croire que la fréquentation des humains lui a appris à s'en défier. Plus tard, dans la rue, une petite chatte tricolore, moins prudente ou plus fatiguée, traverse comme au ralenti.
Il n'y a pas de mâles tricolores. Du moins chez les chats.

Légumes 2

Apophtegme gastronomique d'un mineur polonais des Combrailles:
"Le saucisson, ça c'est une bonne légume."

Auch Zwerge haben klein angefangen

J’ai peut-être été un peu sévère, voire injuste, avec Nicolás Gómez Dávila. J’aurais certainement été moins difficile — ou plus indulgent — si je n’avais lu, parallèlement, le Mouvement perpétuel d’Augusto Monterroso. Chez celui-ci, rien de la gravité asine que stigmatisait Montaigne. Le lecteur est séduit par sa feinte désinvolture, une constante ironie et le sens de l’auto-dérision. Toutes qualités essentielles au moraliste comme au littérateur, et qui font cruellement défaut à Gómez Dávila.
Remarquablement efficace sur la courte distance (même si je ne crois pas exact qu’il soit, comme on le prétend, l’auteur de la nouvelle la plus courte qu’on ait jamais écrite), Monterroso pratique également avec bonheur l’art subtil de l’épigraphe, comme en témoigne cette citation d’Eduardo Torrès, en tête de "Taille et poésie" : "Les nains ont une sorte de sixième sens qui leur permet de se reconnaître à première vue." (Mouvement perpétuel, Albi, Passage du Nord/Ouest, 2004)

samedi, 12 août 2006

Vitupérer l'époque 2

Critiques élogieuses, préface et postface laudatives, quatrième de couverture reprenant les propos flatteurs d'Álvaro Mutis et Gabriel García Márquez... il y a de quoi être tenté. On achète donc les Horreurs de la démocratie de Nicolás Gómez Dávila. Et que trouve-t-on ? Une succession de truismes péremptoires, de platitudes sentencieuses. On peut être chrétien, réactionnaire, misanthrope... et parfaitement ennuyeux.
"Tout le monde, écrit Dávila, a le droit d'être stupide, mais pas d'exiger que nous vénérions ses stupidités."