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mercredi, 03 mai 2006

Petite anthologie portative 25

LE PERROQUET

Pas mal ! et il avait bien quelque mérite au temps où les bêtes ne parlaient pas mais aujourd'hui toutes les bêtes ont du talent.

(Jules Renard, Histoires naturelles, 1909)

Xyloglossie

Quoi de neuf dans l'actualité politique ?
On est serein, on assume ses responsabilités, on laisse la justice faire son travail...
C'est à peu près aussi intéressant que les interviews de footballeurs.

samedi, 29 avril 2006

Sur l'album de la comtesse

Les Croix-de-feu :
pas vraiment bandantes.

vendredi, 28 avril 2006

Bons sauvages

Kurt Vonnegut, évoquant ses universités dans le Nouvel Observateur de cette semaine :

"Ce fut une grande erreur de ma part que de chercher à obtenir un diplôme en anthropologie, parce que je ne supporte pas les primitifs — ils sont tellement stupides."

On pense à La Bruyère, concluant, à propos des vices des enfants: "Ils sont déjà des hommes."

 

"L'histoire a cognu trois Socrates"

Petit Larousse 1949 :

DURAS (Claire de Kersaint, duchesse de), romancière française, née à Brest (1777-1828) ; auteur d'Ourika et d'Edouard).

Petit Larousse 2004 :

DURAS (Marguerite), Gia Dinh, Viêt Nam, 1914-Paris 1996, femme de lettres, etc.

Sic transit...

jeudi, 27 avril 2006

1'54 de bonheur

Temps très doux, très gris. Dehors, c'est déjà le tapage matinal des oiseaux.
Pour bien commencer la journée, quoi de mieux que d'écouter In trutina, merveilleusement interprété par Gundula Janowitz :

In trutina mentis dubia
fluctuant contraria
lascivus amor et pudicitia

Sed eligo quod video
collum jugo prebeo
ad jugum taman suave transeo.

 

Ce sont, bien sûr, les Carmina burana, dans la version ancienne dirigée par Eugen Jochum. Le texte de l'anonyme latin a des allures de plagiat par anticipation des tourments amoureux de nos "lyonnoises". Sauf que là, on est à peu près sûr que ce n'est pas une femme qui l'a écrit. Une femme : on peut le dire ? Louise se qualifiait bien de "femelle". Mais avec tous ces débats autour de l'usage de "madame" ou "mademoiselle", on ne sait plus très bien...

lundi, 24 avril 2006

Maria

En recherchant un papier égaré, je retrouve au fond d’un tiroir deux chroniques de Vialatte, jaunies par le temps, autrefois découpées dans La Montagne, le quotidien de Clermont-Ferrand. Celle du 27 avril 1969 s’intitule "Maria, roman paysan par Lucien Gachon". Vialatte, qui alors n’était pas à la mode, y parle, bien sûr, du livre — préfacé par Pourrat — de cet obscur auteur régionaliste, mais aussi, selon son habitude, de beaucoup d’autres choses : des voyageurs de commerce reçus par Vercingétorix, du jambon de pays, des tigres d’appartement des notaires auvergnats… Tout cela est lyrique, loufoque, inimitable :

"Il faut relire la Maria de Gachon. D’autant plus qu’elle est illustrée de superbes dessins de Pérouse. Commentés par Me Brossel avec amour et dilection. Et que Me Brossel, au Vernet-la-Varenne, possède dans sa salle à manger une tapisserie qui représente la chasse au tigre comme on n’en a plus vu depuis 1820. Les Hindous y portent turban, les tigres y rampent dans la jungle et toute la poésie du monde s’est réfugiée dans ces tigres auvergnats qui entourent de leur trépas ou de leurs cabrioles les repas de Me Brossel. Qui tournent autour de sa soupe, qui épient son bifteck, qui sauteront peut-être un jour, si l’on n’y veille, dans son potage. Mais il est là. Il les domine du regard. Il les contient. Il les fige contre le mur. Il les fait ramper à ses pieds, sur leur papier, autour de lui, comme des chats jaunes. Tels sont les notaires en Auvergne.
Et c’est ainsi qu’Allah est grand."

Relire la maria de Gachon… En a-t-on bien envie ?
Les chroniques de Vialatte, en revanche, n’ont rien perdu de leur charme. Mieux : les quelques rides qu’elles ont prises leur confèrent un supplément de grâce désuète. La nostalgie est toujours ce qu’elle était.

dimanche, 23 avril 2006

J'entends le coucou

pas une note depuis quatre jours. Paresse printanière…
Les oiseaux s’égosillent façon Janequin :

"Farirariron ferely !
Vous serez tous en joye mis,
car la saison est bonne."

Le coucou chante. Pas de monnaie sonnante et trébuchante en poche, naturellement. Ce n’est pas encore cette année que je deviendrai riche, hélas ! À moins que de nos jours le coucou n’accepte les cartes de crédit…
Drôle d’oiseau, le coucou. On ne l’aime pas trop :

"Arrière, maître coqu,
Sortez de no chapitre.
Chacun vous est mal tenu,
Car vous n’estes qu’un traistre.
Par trahison, en chacun nid,
Pondez sans qu’on vous sonne."

Mais le connaît-on bien ?

"Le coucou de la petite espèce est fort semblable pour la grandeur de son corsage à l’épervier ; et s’il avait le bec courbé, plusieurs y seraient trompés, tant leurs plumages ont de rapport. Il n’a pas plus de chair qu’une grive ; sa voix est très haute. Cet oiseau est fin et avisé. C’est lui qui, sitôt qu’il a trouvé le nid de quelque autre oiseau, en casse les œufs, les mange, et y fait son œuf à la place, dans la saison en laquelle il a coutume de faire sa ponte. Quelquefois trouvant le père et la mère dans le nid, il demeure au guet jusqu’à ce qu’ils partent. Il amasse quelquefois jusqu’à un boisseau de blé dans le creux d’un arbre, pour passer son hiver. Il ne sort qu’à la fin d’avril de sa cache, parce qu’il appréhende extrêmement le froid. Il craint les autres oiseaux de proie, principalement l’épervier, qui lui fait la guerre et le tue, lorsqu’il peut le rencontrer. On le tient bâtard d’épervier. Il se retire pendant les jours caniculaires.
On dit que le grand coucou met ses œufs dans le nid des pigeon ramiers, et le petit dans celui du hochequeue et de l’alouette, et surtout dans celui du verdon…
On dit figurément qu’un homme est coucou, ou cocu, quand sa femme ne lui garde pas la fidélité conjugale.

(Dictionnaire de Trévoux)

On peut s’interroger sur la cohérence de la métaphore…

mercredi, 19 avril 2006

Bucolique 2

UN PRODIGE

Alors les vaches, toutes ensemble,
se tournèrent vers moi
pour me bénir

(André Frénaud, Hæres, 1982)

Avec, avec...

Eugénie Droz, la fondatrice de l'austère maison d'édition, vue par Paul Léautaud en 1934 :
"Il faisait très chaud. Elle était en corsage léger, sans manches, les bras nus. À un moment, elle a levé un bras : très poilue aux aisselles. Pas jolie, mais le visage vif, hardi, l'air polisson."
(Lettres à Marie Dormoy, Albin Michel, 1966, p. 74)
Depuis que j'ai lu ces lignes, je ne puis ouvrir un volume des très sérieux "Travaux d'Humanisme et Renaissance" sans être troublé par l'évocation fugitive des aisselles moites de l'érudite libraire de la rue de Tournon.