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lundi, 06 décembre 2010

Le sens de la formule 6

Calaferte : "Je ne suis pas vraiment pessimiste... Je suis mortimiste, c'est autre chose."

samedi, 27 novembre 2010

Neige 3

Petites journées de neige et de froid.
Les voisins meurent.
Le rouge-gorge familier ne quitte guère le balcon où il picote frileusement son goûter de miettes.
On écoute, dans la paix des après-midi, les poèmes de Whitman, mis en musique par Fred Hersch, chantés par Kate McGarry et Kurt Elling.

"After the dazzle of day is done,
Only the dark, dark night shows to my eyes the stars ;
After the clangor of organ majestic, or chorus, or perfect band,
Silent, athwart my soul, moves the symphony true."

lundi, 22 novembre 2010

Solderie 6

Alors que les derniers prix littéraires s'empilent "en tête de gondole" dans les "espaces culturels" des centres commerciaux, les œuvres de Segalen, d'Eugène Fromentin ou de Joseph Delteil finissent dans les bacs des solderies, entre les cartons de vins madérisés, les cravates hideuses et les chaussures dépareillées. Le sauvetage de quelques volumes non encore dépenaillés par le tripotage des farfouilleurs nous coûtera peu et nous réservera d'heureuses surprises — plaisirs de style, minuscules parfois —, comme, au hasard d'une page du Fils du Ciel, ces "heures pacifiques des clepsydres pleureuses du temps"...

dimanche, 21 novembre 2010

Les chameaux s'ennuient le dimanche

On démonte le chapiteau du cirque. Deux chameaux, non loin de là, pacagent moroses une herbe pauvre. Une petite famille emmitouflée les contemple, immobile sous le ciel sans couleur. Mélancolie...

samedi, 13 novembre 2010

Comment parler des livres que l'on n'a pas lus ?

On apprend, dans l'article de l'Encyclopædia Universalis consacré à Ramón Pérez de Ayala, que celui-ci est l'auteur d'une nouvelle intitulée La Chute des citrons. Bévue particulièrement cocasse quand on sait que les Limones du titre espagnol sont les derniers rejetons d'une famille patricienne tombée en quenouille. Même si le titre de la traduction française — La Chute de la Maison Limón — ne rend pas compte d'un possible jeu de mots (on pense aux Enfants du Limon de Queneau), il a du moins le mérite de renvoyer à la thématique même du texte et de compenser la supposée caducité des agrumes par un clin d'œil littéraire fort judicieux.

jeudi, 11 novembre 2010

Armistice

Le matin, un maigre rassemblement frissonne devant le monument aux morts. Le vent glacial éparpille les bribes d'une Marseillaise enrouée.
L'après-midi on feuillette Delteil, qui parle de "cortèges pleins de pieds et de drapeaux". Le dernier chapitre des Poilus — "La Paix" — tient en un mot : "Hélas !"
Ah ! Dieu que la guerre est jolie...

vendredi, 05 novembre 2010

"Quel diable de langaige est cecy ?" 2

À la radio, à propos de la couleur de je ne sais quel joujou pour fillettes, un quelconque "commercial" parle d'un rose "pétant, glamour, tendance et girly". On aimerait fort qu'un tel baragouinage exposât ce prétentieux cornichon à une mésaventure semblable à celle de "l'escholier lymosin"...

dimanche, 31 octobre 2010

Quand octobre prend sa fin, la Toussaint est le matin

J'irai demain porter un chrysanthème jaune sur la tombe de mes parents.

samedi, 30 octobre 2010

Annonce de saison

Dans un hebdomadaire du Puy-de-Dôme :

"Cimetière de P.
À VENDRE
état neuf, au tiers de sa valeur
TOMBEAU GRANIT
avec caveau 4 places.
Concession à perpétuité.
Photo et prix sur demande."

samedi, 23 octobre 2010

Jours qui ne sont rien d'autre que des jours

"Journal infime", disait Rose. Chroniques de l'infra-ordinaire.
Le samedi matin, on va au marché. Tous les dix pas on rencontre une connaissance, on salue un voisin, on parle de tout, de rien. Le soleil timide invite à la flânerie. On achète un gaperon, des petits chèvres, des pommes — belchard et rubinettes —, des châtaignes que l'on mangera le soir, grillées, accompagnées d'un verre de vin rouge, comme le recommandait frère Jean.
L'après-midi, les rues du bourg sont désertes. Un chien noir trottine, furtif, du côté de la caserne des pompiers...