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mardi, 01 juin 2010

A small, good thing 5

Après avoir désherbé et bêché une ou deux perches carrées de jardin, un verre de cabernet d'Anjou tout embué de fraîcheur.

Petite anthologie portative 60

Pour que tant de choses mauvaises,
qui subsistent, soient détruites
fallait-il briser
tant de bonnes choses qui ne sont plus ?

(Paul Morand, "Lampes à arc", in Poèmes (1914-1924), Paris, Au Sans Pareil, 1924)

mercredi, 26 mai 2010

Cataractæ cæli

Après ce week-end de Pentecôte — trois journées magnifiques occupées à de "longues beuvettes", voici de nouveau ouvertes les écluses du ciel, "voici — en plein après-midi — tonnerre, éclairs, nuit et la pluie". Tout le paysage baigne dans une exubérance viride, au-dessus de quoi s'effilochent de vagues vapeurs : un plat d'épinards qu'aucun peintre ne se risquerait à tartiner sur une toile.

jeudi, 20 mai 2010

Remembrances du vieillard idiot 8

Au lycée, nous fumions à la récréation des gauloises bleues dans les cabinets — le paquet coûtait, je crois, un franc trente-cinq.
Aujourd'hui, les jeunes préfèrent les blondes et vont aux toilettes. C'est plus chic.

jeudi, 13 mai 2010

Sous-préfectures

Avant-hier, Vichy. Causerie à la médiathèque, où j'étais invité à parler de "Larbaud lecteur de Scève", puis brève visite du musée — bureau de travail et bibliothèque — consacré à l'auteur. Impressionnants, les quelque 15.000 volumes reliés, rangés dans de belles armoires vitrées ; émouvantes, la lourde Underwood n° 5 et les collections de petits soldats... Hier, dans une autre sous-préfecture, achats de livres dans une vraie librairie, tenue par un vrai libraire — espèce en voie d'extinction. Voyant que j'ai pris les Gazettes d'Adrienne Monnier, il m'offre un bel ouvrage hors-commerce dédié à l'"éternelle libraire".

mercredi, 05 mai 2010

Quatrième férie

Journée glaciale, ciel livide. Les jardins sont tout blancs, il neige sur les glycines et les lilas. Peu de goût pour le travail ou la lecture : quelques pages du Journal de Larbaud, les chapitres de Domaine français sur Héroët ou Scève... Lecture distraite, paresseuse, opportunément interrompue par les visites et les coups de téléphone. Un voisin, vieux garçon affable et ombrageux, nous invite à passer prendre un verre avant le dîner. Nous causons une petite heure en vidant une bouteille de bordeaux liquoreux plus que trentenaire : château de Saint-Hilaire — hasard objectif, c'est aujourd'hui la fête du saint éponyme, mort le 5 mai 449.

samedi, 01 mai 2010

"Avec le parfum des branches de mai..."

Fête du muguet : un bal con en forêt.

vendredi, 30 avril 2010

Météo 30

Les avrillées de la nuit ont rafraîchi l'air.
L'inconnue familière passe sous l'ondée. Son parapluie est du même jaune que les corètes du Japon.

vendredi, 23 avril 2010

Malt Kneipp

À mon réveil, s'impose à mon esprit mal désenglué d'un mauvais rêve la ressouvenance absurde d'un produit oublié : le malt Kneipp.

"Le soleil luit sur les rhododendrons"

Les observations météorologiques qu'affectionnait Vialatte ont ceci de rassurant qu'elles sont indémodables. Le temps qui passe n'a pas de prise sur le temps qu'il fait. Les rhododendrons, comme le rossignol de Keats, sont éternels et les oiseaux de Janequin saluent encore bruyamment l'aurore sous mes fenêtres.
Semaine tout occupée à des activités géorgiques qui m'ont rompu les bras et les reins. Peu de lectures. Parcouru sans enthousiasme un article sur Larbaud non moins savant qu'ennuyeux : écriture dissertative, appliquée, fastidieux grabelage de références érudites. Il me semble qu'autrefois les universitaires — certains d'entre eux, du moins — écrivaient bien. Aujourd'hui, il serait inconvenant d'avoir du style, déplacé de faire preuve de finesse ou d'ironie. Il faut que cela sente l'huile — gage de sérieux, sans doute.