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mardi, 22 mars 2011

Petite anthologie portative 64

LA ROSÉE SUR LES FEUILLES D'AIL

L'ail était couvert de rosée,
Qui, vite, au soleil disparut.
La rosée envolée, à l'aube prochaine, redescendra ;
L'homme meurt et s'en va : quand donc reviendra-t-il ?

(T'ien Heng — IIIe s. av. J.-C. — in Anthologie de la poésie chinoise classique, Poésie/Gallimard, 1982)

lundi, 14 mars 2011

Papilio Rhamni

Dans l'air encore vif du matin, le premier papillon de l'année : un citron, au vol caprisant.

France profonde 2

C'est un coin perdu de la Combraille bourbonnaise, où l'on arrive par des routes minuscules qui serpentent entre des haies d'épines noires et des pâtis gorgés d'eau. Durant tout le week-end, on y a célébré la Saint-Cochon, bu et mangé dans la cacophonie des fanfares. Ce ne sont que pâtés et boudins, fromages de tête, saucissons cuits à l'alambic, pieds de porc grillés. On patauge sous la pluie dans une patouille argileuse qui colle aux semelles, le vent froid rabat la fumée des chaudières et le remugle des mangeailles... C'est la France que j'aime, celle d'en-bas, celle qui ne lit pas la Princesse de Clèves.

vendredi, 04 mars 2011

Origène et Occam

Tout ça est un peu... rasoir.

samedi, 26 février 2011

Masculin/féminin

Un élu est un homme public. Une femme publique, une prostituée. Ironie sémantique qui témoigne des rapports étroits que la politique entretient avec la putasserie.

Le sens de la formule 8

Désinvolture malicieuse d'Antoine Blondin : "Chez Musset, la soif de souffrir débouchait sur une disposition à souffrir de la soif." ("Cent ans de mal du siècle. À propos de Musset" in Devoirs de vacances, Éditions Complexe, 1990, p. 106)

mercredi, 23 février 2011

Livres

Tentative d'inventaire des livres — lus, à lire, usuels ou épaves — qui encombrent ma table de travail :

Jim Harrison, Lettres à Essenine ;
Leonardo Sinisgalli, J'ai vu les Muses ;
Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir (fac-simile de l'exemplaire de Marseille) ;
Encyclopédie Bonneton Allier-Bourbonnais ;
Walter Geerts-Jean Samuel, Primo Levi. Le double lien ;
Brigitte Fontaine, Attends-moi sous l'obélisque ;
Lee Siegel, L'Amour dans une langue étrangère ;
Christophe Tarkos, Écrits poétiques ;
Valère Novarina, Le Discours aux animaux ;
Béroalde de Verville, Le Moyen de parvenir (Folio Classique) ;
Louis Calaferte, Le Chemin de Sion ;
H. Bénac, Dictionnaire des synonymes ;
Dictionnaire de Michel de Montaigne ;
Marcel et Maryse Pierre, Clochers de Basse-Auvergne ;
Joyce Mansour, Prose et poésie. Œuvre complète ;
Pierre Albert-Birot, Grabinoulor ;
Claude Debussy, Correspondance ;
Armand Cuvillier, Nouveau vocabulaire philosophique ;
Olivier de Serres, Théâtre d'Agriculture ;
Grevisse, Le Bon usage ;
F. Dübner, Lexique français-grec ;
Dictionnaire italien Robert et Collins ;
Victor Segalen, Voyages au pays du réel ;
Jean Nicot, Les Poilus ont la parole ;
Communauté de Bose, Témoins de Dieu. Martyrologe universel ;
La Bible paysanne ;
A. Bailly, Abrégé du dictionnaire grec-français ;
Rémy de Gourmont, Le Latin mystique ;
Valery Larbaud, Journal ;
Le Petit Robert ;
Le Petit Larousse ;
La Bible. 2000 ans de lectures ;
The Concise Oxford Dictionary ;
Le Livre de Mormon ;
Poèmes en archipel. Anthologie de textes de René Char ;
Georges Bataille, L'Archangélique ;
Philippe Jaccottet, Cahier de verdure ;
Sylvia Plath, Arbres d'hiver ;
Norge, Poésies 1923-1988 ;
Paul Celan, Choix de poèmes ;
Yves Bonnefoy, Les Planches courbes ;
Anthologie de la poésie française du XVIe siècle ;
Ludovic Janvier, La Mer à boire ;
Hans Magnus Enzensberger, Mausolée ;
Noël Tuot, Lettre ouverte à Rimbaud ;
E.E. Cummings, 95 Poems ;
Denis Johnson, Arbre de fumée ;
Adrienne Monnier, Les Gazettes (1923-1945) ;
Céline, Lettres ;
Charles Madézo, De l'ouvrage portuaire ;
Augusten Burroughs, Un loup à ma table ;
Émile Littré, Comment j'ai fait mon dictionnaire ;
Pierre Michon, Le roi vient quand il veut ;
Ramón Perez de Ayala, La Chute de la maison Limón ;
Tristan Egolf, Kornwolf ;
J. Eric Miller, Défense des animaux et pornographie ;
Raymond Dumay, Mort de la littérature ;
Pascal Quignard, Lycophron et Zétès ;
Maurice Scève, Délie ;
Jim Harrison, Lointains et Ghâzals ;
E.E. Cummings, 95 poèmes ;
Raymond Carver, La Vitesse foudroyante du passé ;
Antoine Emaz, Caisse claire ;
Lucrèce, De la nature ;
Truman Capote, De sang-froid ;
Manuel Vazquez Montalban, Happy end.
Rabelais, Le Cinquième Livre ;
Jerome Charyn, L'Homme qui rajeunissait ;
Trakl, Poèmes I ;
Trakl, Poèmes II ;
Laforgue, Les Complaintes ;
Raymond Dumay, Ma route de Bourgogne ;
Jim Dodge, Stone Junction ;
Thomas Bernhard, Maîtres anciens ;
Maurice Nadeau, Une vie en littérature ;
Han Ryner, Petit manuel individualiste ;
Jude Stéfan, À la vieille Parque ;
Alexandre Vialatte, La Complainte des enfants frivoles ;
Fernand Vandérem, Le Miroir des lettres, vol. ** ;
Fernand Vandérem, Le Miroir des lettres, vol. ***** ;
Fernand Vandérem, Le Miroir des lettres, vol. ****** ;
Mario Levrero, Fauna ;
Raymond Dumay, Le Rat et l'abeille ;
Louis Calaferte, Choses dites ;
Alfred Jarry, Le Surmâle ;
Paul Morand, Poèmes ;
Georges Limbour, Soleils bas ;
Adrienne Monnier, éternelle libraire ;
Umberto Eco, Dire presque la même chose ;
Patrick Roegiers, Lewis Carroll, dessinateur et photographe ;
Pierre Assouline, L'Épuration des intellectuels ;
Léon-Paul Fargue, Haute solitude ;
Valery Larbaud, Sous l'invocation de saint Jérôme ;
Maurice Fourré, La Marraine du sel ;
Jean Cocteau, La Corrida du 1er mai ;
Mo Yan, La Carte au trésor ;
Okamoto Kidô, Fantômes et kimonos ;
Valery Larbaud, Domaine français ;
Jouhandeau, Chaminadour ;
Michel Bideaux, Martin en sa gloire : un livre d'ânes ;
Marc Bochet, L'Âne, le Job des animaux.

Il faudrait que je songe à ranger un peu...
(Ce qui m'aurait sans doute pris moins de temps que de rédiger cette note !)

samedi, 19 février 2011

Une assiette de sucre

Fargue : Haute solitude. Prose poétique, pâtissière, écœurante et tarabiscotée. Trop c'est trop. "Le sucre — dit Gombrowicz — est délicieux lorsqu'on le prend dans du café, mais personne ne mangerait une assiette de sucre : ce serait trop. Et en poésie, l'excès fatigue : excès de poésie, excès de mots poétiques, excès de métaphores..." (Contre les poètes, Éditions Complexe, 1988)

Fargue, Ponge... On admire le travail, comme on admire les statues de saindoux aux vitrines de Noël ou les cathédrales en allumettes. Je bois mon café sans sucre. J'aime Guillevic. Les élégances parcimonieuses, les japonismes pauvres de Frénaud :

"Habilités au cyprès, les corbeaux y vont, y viennent."

lundi, 14 février 2011

Mentes tuorum visita

Après-midi à Vichy. Promenade, malgré le temps froid et pluvieux, dans les ruelles étroites, raides et sinueuses du vieux quartier des Célestins. Pensions de famille, maisons de retraite. Au "Fréjus", on propose, en lettres d'or sur fond noir, "confort" et "régimes". L'église Notre-Dame-des-Malades, dont l'esthétique participe de la meringue hypertrophiée et de la cuve en béton, érige au-dessus des toits son clocher phalloïde et crucifère. Maison natale d'Albert Londres, dégradée, bizarrement peinturlurée, petites boutiques désuètes... On pense à la sévérité de certains jugements de Larbaud sur la ville : "Vichy [...] horrible, bruyant, froid et gluant. Enfin, l'égout, comme toujours." (Lettre à Marcel Ray, septembre 1922)
Au retour, j'écoute vaguement Radio Classique. Entretien assez consternant avec Denis Tillinac, qui parle de son Dictionnaire amoureux du catholicisme. Voix et propos vulgaires. Le présentateur définit le Veni Creator comme "l'un des hymnes les plus célèbres" de l'antiphonaire : sans doute considère-t-il, en bonne logique et eu égard au féminin du titre, La Marseillaise comme une hymne (ledit présentateur, décidément très en forme, rappellera un peu plus tard que Kreutzer "était français" : "c'était même [sic] un  descendant de Purcell") ! Quant à Tillinac, il n'hésite pas à attribuer la paternité du Veni Creator à un moine "d'origine orientale". Il ne serait peut-être pas inutile, quand on prétend traiter du latin mystique, de relire Rémy de Gourmont. Cela éviterait de proférer d'aussi monumentales âneries.

lundi, 07 février 2011

Cornettes et sonneries 7

Je ne peux lire le nom de Denis Foulechat, très estimable traducteur du Policraticus de Jean de Salisbury, sans penser à la chanson des Trois orfèvres.