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dimanche, 21 novembre 2010

Les chameaux s'ennuient le dimanche

On démonte le chapiteau du cirque. Deux chameaux, non loin de là, pacagent moroses une herbe pauvre. Une petite famille emmitouflée les contemple, immobile sous le ciel sans couleur. Mélancolie...

Commentaires

Vous, vous avez un faible pour les chameaux, n'est-ce pas?

Écrit par : Marsyas | mercredi, 24 novembre 2010

Un peu d'envie, aussi, à lire ce qu'en dit Richelet : "Quand il est en amour, il se retire à part avec sa femelle et la couvre tout le jour."

Écrit par : C.C. | mercredi, 24 novembre 2010

Je tombe sur l'article suivant, dans le premier tome des œuvres complètes de Georges Bataille (Gallimard, p. 194):

Chameau

"La chameau qui semble grotesque à un habitant de Paris est à sa place dans le désert: il est l'hôte de ces lieux singuliers, tellement qu'il dépérit si on le transporte ailleurs; il s'y associe par sa forme, par sa couleur, par son allure. Les Orientaux l'appellent le vaisseau du désert; lancé à travers des océans de sable, il les traverse de sa marche régulière et silencieuse, comme le vaisseau fend les flots de la mer. Que diraient nos femmes aimables de ces poésies orientales dans lesquelles on compare les mouvements harmonieux d'une fiancée à la marche cadencée d'une chamelle?"
Contre l'opinion d'Eugène Delacroix ("Études esthétiques, Paris, 1923, p. 40), parmi les formes révélatrices de l'idiotie, celle du chameau, probablement la plus monumentale apparaît aussi la plus désastreuse. L'aspect du chameau révèle, en même temps que l'absurdité profonde de la nature animale, le caractère de cataclysme et d'effondrement de cette absurdité et de l'idiotie. On peut même croire que le chameau est quelque chose qui est au point le plus critique de toute la vie là où l'impuissance est la plus pénible.

Écrit par : Marsyas | jeudi, 02 décembre 2010

Il faudra donc songer à compiler une anthologie du chameau.
Y figureront en bonne place Michaux ("J'étais donc à Honfleur et je m'y ennuyais. Alors résolument j'y mis du chameau...") et le père Évariste Régis Huc, qui semble avoir une certaine tendresse pour le pauvre sommier : "Le chameau, né pour la servitude, semble sentir, dès son premier jour, la pesanteur du joug sous lequel il doit passer sa vie entière. On ne voit jamais le chamelon jouer et se divertir comme font les poulains, les veaux et les autres petits des animaux. Il est toujours grave, mélancolique, marchant lentement, et ne hâtant le pas que lorsqu’il est pressé par son maître. Pendant la nuit entière, et souvent pendant le jour, il pousse un cri triste et plaintif comme le vagissement d’un enfant. Il semble toujours se dire que rien de ce qui ressent la joie ou le divertissement n’est fait pour lui, que sa carrière est celle des travaux forcés et des longs jeûnes, jusqu’à la mort."
("Souvenirs d'un voyage dans la Tartarie et le Thibet", 1860. cf. pages 333-339)

Écrit par : C.C. | vendredi, 03 décembre 2010

L’ÉLÈVE, à demi voix. Chameau !
LE MAÎTRE. Qu’est-ce que tu as dit ?
L’ÉLÈVE, levant les coudes. Pas moi, je ne dis rien.
VINET. M’sieu, il vous appelle chameau.
LE MAÎTRE, avec impétuosité. On ne te demande rien, toi…, enfant de rien du tout, ver de terre (il le secoue par les oreilles).
VINET. Holà ! holà, c’ n’est pas moi qui l’ai dit, c’est lui qui vous appelle chameau, cha-a-a-a-meau, cha-a-a-meau, oh ! oh ! (Edouard Ourliac, L’Ecole primaire, dans Le Prisme, 1840, p. 136.)

Écrit par : Pierre Enckell | dimanche, 26 décembre 2010

Merci, cher Pierre Enckell, pour votre visite et votre contribution à l'anthologie cameline. J'avoue n'avoir jamais lu Édouard Ourliac, mais c'est, selon l'abbé Bethléem, un auteur très recommandable. C'est dire si on peut y aller, comme dit l'autre, les yeux fermés !

Écrit par : C.C. | mardi, 28 décembre 2010

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