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samedi, 16 juillet 2011

Incipit 7

Un petit livre à couverture rempliée rose :
"J'errais à l'écart autour des cabinets."

mercredi, 13 juillet 2011

"Just listen how it's raining"

Après des jours de chaleur caniculaire, un orage de grêle a saccagé hier soir les arbres du jardin.
Aujourd'hui, des feuillages hachés, des panerées de pommes vertes, des fleurs décapitées jonchent le gazon roussi. Il a plu toute la journée à grosses gouttes, obstinément ; le ciel est gris, le vent froid.
Le parapluie de ma piétonne coutumière était, ce matin, couleur de myosotis et citrin l'après-midi. Combien en a-t-elle donc ?

samedi, 09 juillet 2011

Livres 2

La brocanteuse d'ici traite avec le plus grand dédain les livres, qui s'entassent pêle-mêle dans un recoin, au fond de sa boutique. Tarif unique : les trois pour un euro. Je repars avec un bel exemplaire non coupé des Carnets de Montherlant — années 1930 à 1944, Gallimard, 1957 —, un gros volume de Sermons  de saint François de Sales — Annecy, J. Niérat, 1898 — et le tome second, très joliment relié, d'une petite Divine Comédie, publiée chez Lemerre en 1877.
Feuilleter Montherlant est un plaisir de choix. Au hasard :
"Le cloaque des reptiles sert ensemble à l'urine, aux matières fécales, à la fécondation et à la ponte.
Oui ou non, cela est-il susceptible d'agrandissements philosophiques ?"

mardi, 05 juillet 2011

Hommage puéril

Le jour même de la disparition du peintre, ma petite-fille, sans le savoir, fait du Cy Twombly.

samedi, 02 juillet 2011

Retraite

Cruellement juste — du moins en ce qui me concerne —, cette remarque de Leopardi :
"Ceux qui ne font jamais rien et qui ont par conséquent plus de temps libre à leur disposition sont généralement ceux qui trouvent le plus difficilement du temps à consacrer à une occupation, même s'il en va de leur intérêt." (Zibaldone, Allia, 2003, p. 529)
Avec l'été qui torréfie les pâtures, s'installe une paresse poisseuse et morose, cette pigritia qu'évoquait Barthes naguère, dans un article fameux. Les articles promis sont en souffrance, la toile sur son chevalet abandonnée, les piles de livres à lire ne décroissent guère...
À peine se persuade-t-on qu'on a envie de boire, sous le tilleul du jardin, un verre de rosé frais en attendant que la nuit tombe.

mercredi, 29 juin 2011

Petite anthologie portative 66

Tu sei come una terra
che nessuno ha mai detto.
Tu non attendi nulla
se non la parola
che sgorgherà dal fondo
come un frutto tra i rami.
C'è un vento che ti giunge.
Cose secche e rimorte
t'ingombrano e vanno nel vento.
Membra e parole antiche.
Tu tremi nell'estate.

(Cesare Pavese, La terra e la morte — Le Poesie, Einaudi, 1998)

mardi, 28 juin 2011

Météo 32

Orage : le ciel se fâche tout noir.

vendredi, 24 juin 2011

Colours 5

Vernissage à la Maison du Tourisme d'une petite bourgade des Combrailles. Œuvres d'artistes locaux, retraités, autodidactes fiers de leurs plats d'épinards. Fromage et pain d'épice, brioche aux pralines, saint-pourçain blanc. Il y a là un photographe anglais végétalien avec un superbe polo jaune serin, un ancien libraire reconverti dans les foies gras, une minuscule vieillarde revêche tenant en laisse un affreux petit caniche noir. Le chien est affublé d'une casquette rouge à pois blancs ; nous parlons avec le libraire du Dictionnaire de cuisine d'Alexandre Dumas, de la rue Servandoni et des romans de Mauriac...

dimanche, 19 juin 2011

Réponse aux injures et calomnies...

Il n'est jamais très agréable qu'une mouche à merde vienne se poser sur votre tartine de confiture.

samedi, 04 juin 2011

Pauvre Vialatte 2

Après le théâtre de rue, la lecture de rue.
"Hier — pouvait-on lire dans La Montagne du 29 mai dernier —, «La Librairie» accueillait les lectures de Vialatte à la demi [sic]." Une photographie, montrant une liseuse plantée devant un pupitre en pleine rue piétonne, et un court article (dont on appréciera au passage le style et la rigueur typographique) éclairent un peu ce galimatias : "À l'occasion de L'année Vialatte et de la manifestation à vous de lire ! «La Librairie», rue Pascal à Clermont-ferrand, proposait une série de lectures de chroniques d'Alexandre Vialatte. Dès 10 h 30, les premières lectures ont commencé et se sont poursuivies durant toute la journée, où pas moins de 22 personnes se sont relayées en continu toutes les demi-heures. Les textes ont été tirés au sort, et été composés à partir de ses célèbres chroniques, ainsi que d'un extrait du Bestiaire."
On rapprochera ces "manifestations" — ces pitreries qui semblent se multiplier depuis "l'affaire" de La Princesse de Clèves, de ce qu'écrivait Georges Steiner dans les belles pages de son "lecteur peu commun" : "La lecture authentique requiert le silence [...] C'est un silence vibrant, une solitude peuplée par la vie du monde. Entre le lecteur et le monde [...] le rideau est tiré." (in Passions impunies, Folio/Essais, 2001)