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lundi, 09 janvier 2012

Mes petites amoureuses

Elles m'ont oublié, c'est sûr...

Petite anthologie portative 69

La péniche vernissée
Ne se compromet pas
Avec les miséreux montluçons.

(Au fil de l'eau suivi de Haikais. Les Premiers Haïku français (1905-1922). Nouvelle édition établie et présentée par Éric Dussert, éditions Mille et une nuits, 2011)

Bien énigmatiques à première lecture, ces "montluçons" — même si le contexte permet de supposer qu'il s'agit de modestes barcasses croisées sur les canaux du Centre. Hors de quelques ouvrages spécialisés traitant de navigation fluviale, le mot, absent du T.L.F., ne se trouve guère que dans le Larousse universel ou le Robert, sous la forme "molusson", transcription de la prononciation locale du nom de la sous-préfecture de l'Allier. Ces dictionnaires nous confirment qu'il s'agit de bateaux construits pour naviguer sur les voies d'eau de la région, dits également, pour cette raison, "berrichons". Plus étroits que les péniches ou chalands du Nord, ils allaient de front, deux à deux — comme "les pi-his longs et souples / Qui n'ont qu'une seule aile et qui volent par couples".

dimanche, 08 janvier 2012

Cynégétique 11

À l'adresse chasseresse/chasseuse, le Dictionnaire critique de la langue française de l'abbé Féraud (1787) indique que "le premier se dit en poésie et le second en prose". Il ne viendrait à l'esprit de personne, assurément — sauf, peut-être, d'un folliculaire rural en mal de beau style —, de qualifier de "chasseresse" cette pitaude qui s'exhibe fièrement dans une feuille de chou locale à côté de son "premier sanglier". Dans le domaine cynégétique, comme dans tous les autres, il semble que le beau sexe s'emploie désormais à rivaliser de sottise et de mauvaiseté avec les mâles de l'espèce.

mercredi, 28 décembre 2011

Au gui l'an neuf !

Gage traditionnel de prospérités futures, le gui n’en est pas moins de funeste augure pour les oiseaux. "Les grives, peut-on lire dans le dictionnaire de Trévoux, sont fort friandes des baies du gui. Elles les avalent et les vuident ensuite sur les branches des arbres où elles se perchent ; par ce moyen elles donnent lieu à une nouvelle production du gui. Mais en écrasant ces baies avec leurs pieds ou avec leur bec, elles en font sortir la glu, par laquelle elles s'attachent aux branches. Ce qui a fait dire à Plaute que la grive chie sa mort : ipsa sibi avis mortem cacat."

vendredi, 23 décembre 2011

Chief de l'an

Petites journées grises, recroquevillées entre crépuscule du matin et crépuscule du soir. Le reflet des girandoles tremblote sur le bitume mouillé. Vitrines décorées — déprimante bimbeloterie de Noël, dont la laideur le dispute à la niaiserie... L'année s'en va mourante, vieille catin grotesquement pomponnée.

lundi, 19 décembre 2011

Et si nous parlions des crétins ?

Ils se plaisent à dire : "La culture, c'est comme la confiture, etc."
Pas besoin d'être grand clerc pour comprendre que, de la confiture, ils aimeraient bien en avoir un tant soit peu. Malheureusement, ils ne peuvent atteindre le haut du placard.

mercredi, 14 décembre 2011

Météo 33

Matinale — comme toujours — et courageuse sous les bourrasques, la dame au parapluie.
Il était ce matin rose tyrien. Ou peut-être fuchsia...

mercredi, 07 décembre 2011

Tant crie l'on Noel... 6

Dans les premiers siècles de l’Église, l’Avent commençait à la Saint-Martin — d’où l’expression "carême de la Saint-Martin", pour désigner cette période de rigoureuse préparation à la fête de Noël, ramenée bientôt à quatre semaines. Selon les anciens traités de théologie, les prédicateurs se servaient de l’Avent, "temps de désir, de pénitence et d’espoir", pour "inculquer fortement dans l’esprit des fidèles les vérités redoutables et consolantes de l’Évangile".
Pour une bonne partie du public, le terme d’Avent n’évoque plus guère aujourd’hui que ces calendriers fantaisie, proposant, pour chaque jour du mois précédant Noël, friandises ou figurines dont le rapport avec l’avénement mystique du Christ est pour le moins problématique. On a un peu de mal à saisir ce que viennent faire ici dinosaures, pirates ou "Zhu Zhu Pets"… La religion dont les zélotes, aujourd’hui, se montrent les plus diligents semble bien être celle de la marchandise. Nos boîtes aux lettres débordent de prospectus et de brochures publicitaires, de catalogues de jouets, d’offres promotionnelles proposant "boustifaille de riches" — la formule est de Montherlant —, alcools fins et confiseries dignes de réceptions d’ambassade. Mammon mène la danse. L’avénement futur sera-t-il, à la fin des temps, la parousie du Christ-Juge ou l’apothéose du Père Noël, descendant du ciel sur une rengaine de Tino Rossi pour combler l’attente d’un "peuple heureux rotant dans sa mangeoire" ?

samedi, 03 décembre 2011

Vocabulaire 8

Ouverture officielle, à la médiathèque intercommunale, d'une rétrospective sur le syndicalisme dans notre département. Personnalités, discours — et l'inévitable kir servi dans des gobelets en plastique.
"Ce n'est pas — dis-je, avant de fuir, à madame la conseillère générale — de l'histoire, c'est de l'hagiographie." Elle, perplexe : "De la géographie ?"

vendredi, 02 décembre 2011

Automne 3

Journées moroses de fin d'automne. Le jour se lève dans un barbouillis de nuages sales. Le vent fou arrache aux bouleaux leurs dernières feuilles jaunes, de grands vols de corneilles emplissent le ciel de leur "importun craillement".
On ne sort guère. Les rues sont vides, les jardins mouillés. On s'emploie à des tâches fastidieuses et faciles, on expédie de futiles urgences en écoutant des musiques frivoles et mélancoliques — comme ces gracieuses œuvrettes de Reynaldo Hahn dont le charme désuet sied à la saison mourante.