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jeudi, 18 octobre 2012

Commerce avec les ombres

"The older you get the less afraid of ghosts you are — wether you believe in them or not. By the time you pass the fifty mark you've known so many people who are now dead that ghosts, if there are any such, aren't all strangers. Some of your best friends are ghosts; why should you be afraid of them ? And it's not too many years before you'll all be on the other side of the fence yourself."

(Fredric Brown, Night of the Jabberwock, New-York, Dutton & Co, 1950)

mercredi, 17 octobre 2012

"Tu veux faire ici l'arboriste..." 2

Estimer que la poésie doive être l'affaire de tous et non de quelques-uns relève évidemment de la provocation surréaliste — on me passera l'emploi de ce terme, ici parachronique —, de la puérilité ou, dans le pire des cas, de la plus pure jobardise. Mais que penser de la liberté donnée à tous, sur les sites de "produits culturels", de s'improviser critiques littéraires ? Le "commentaire client" permet au premier crétin venu d'afficher impunément sur la toile de péremptoires stupidités. Machiavel est "pénible à lire", Rabelais — "ennuyeux" — représente bien "la littérature médiévale", Fénéon ne présente aucun intérêt, Joyce est "psychotique"...
"Ne sutor ultra crepidam !" Arrêtez, eût dit Verville, de nous pisser aux oreilles. Lisez les pauvretés que "l'espace culture" de votre supermarché vous propose en "tête de gondole", achetez les titres figurant dans la liste des "meilleures ventes" sur Amazon... Mais, de grâce, ne les érigez pas en critériums du goût littéraire.

vendredi, 12 octobre 2012

Nouvelle en trois lignes 2

Huit tonnes de cocaïne, cachées dans un conteneur de bananes provenant d'Équateur, saisies dans le port d'Anvers. Après saisie, les bananes ont été offertes au zoo de Rotterdam.

(AFP)

samedi, 06 octobre 2012

Épigraphe dérobée

"Jusqu'ici, sur la terre, tout désordre a résulté du fait que quelques-uns ont voulu mettre de l'ordre et toute ordure du fait que quelques-uns ont voulu balayer [...]
Le mal n'est pas que le monde soit gouverné avec si peu de sagesse. Le mal est que, si peu que ce soit, il soit gouverné." (Deszö Kosztolányi, Le Traducteur cleptomane)

samedi, 29 septembre 2012

La philosophie dans le vidoir

À la déchetterie. Deux ou trois cartons de livres ont été jetés dans la benne réservée aux emballages et vieux papiers. Je récupère, au prix d'une périlleuse gymnastique, les tomes un et trois du Je-ne-sais-quoi de Jankélévich, les Philosophies de l'Histoire, d'Hélène Védrine, et quelques autres volumes qu'il me paraît sacrilège d'abandonner à une fin aussi sordide. L'entreprise de sauvetage est vite interrompue par la virago qui règne sur les lieux, laquelle me somme de déguerpir en termes peu amènes. Toute tentative de négociation est vaine : "Hier ist kein warum."
Toujours l'agressive stupidité du lampiste, prompt à jouer les kapos. Comme chaque fois que je me trouve dans ce genre de situation — pour moi humiliante —, je pense à Jules Renard : "Oui, le peuple ! Mais il ne faudrait jamais voir sa gueule."

vendredi, 14 septembre 2012

Petite anthologie portative 71

En creusant

Le silence est notre chambre depuis toujours
les solitudes ne peuvent s'atteindre
qu'à travers de multiples déchirures
et c'est sans doute le sens ultime
de la lente pénétration de la terre dans nos corps

(Pierre-Albert Jourdan, "Poèmes 1956-1968"
in Le Bonjour et l'Adieu, Mercure de France, 1991)

A small, good thing 8

Mozart : Ergo interest, K 143 — Annemarie Kremer, soprano ; Teatro Armonico de Stuttgart, dirigé par Nicol Matt. La brève transition des cordes, entre le récitatif et l'aria, illustre à merveille le propos de Karl Barth, comme quoi la musique de Wolfgang Amadeus serait celle qui ravit les anges — tandis que Dieu écoute à la porte.

mardi, 11 septembre 2012

Remembrances du vieillard idiot 13

Dans la chambre bleue, pénombreuse et fraîche, je feuilletais de gros livres de distribution de prix, dont les sinistres gravures m'effrayaient. Un lépisme, parfois, s'échappait d'entre les pages piquetées de rousseurs.

jeudi, 06 septembre 2012

Le sens de la formule 11

Le Président de la République, en visite en Angleterre, à propos de la tuerie de Haute-Savoie : "... nous sommes solidaires de ce qui vient de se produire". (Europe 1, journal de 20 heures)

lundi, 03 septembre 2012

Le grand style 21

"Quelles que soient les discussions que l'on peut entreprendre sur ce plan des nominations et des attributions — il serait d'ailleurs vain de chercher à épuiser les débats portant sur l'attribution légitime ou non de l'expression "art contemporain" à des œuvres spécifiques, dans un essai portant principalement sur la "réception" de ce moment de l'histoire des arts —, nous sommes obligé de demander au lecteur d'admettre, provisoirement, et en relation avec d'autres travaux, que par l'expression "art contemporain" nous entendons désigner, sans référence à une essence unifiante, une diversité de pratiques et de projets fortement animés par une volonté d'activer au maximum le champ des arts en lui donnant des moyens d'exploration par-delà les limites de la mise en cause de l'évidence de l'art ; structurés par la volonté de dépasser les bornes imposées par l'ancienne sociabilité esthétique, autrement dit une diversité de pratiques et de projets déployés autour de la critique du "spectacle" de l'art, des consentements esthétiques institués, grâce à l'instauration d'une interférence entre spectateurs." (Christian Ruby, Les Résistances à l'art contemporain, Bruxelles, Labor, 2002, p. 18)

"Et, si dieu vouloyt, ainsy parlerions nous du cul..."