Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

vendredi, 07 octobre 2005

In paradisum

Promenade dans les Combrailles — ou la Combraille. L'un et l'autre se dit ou se disent, "mais les dictionnaires ne sont pas du tout d'accord sur les territoires ainsi désignés" (Renaud Camus, Vaisseaux brûlés).
Les toponymes distribués le long de la vallée de la Sioule : Chouvigny, Saint-Rémy-de-Blot, Blot-l'Église, évoquent le souvenir d'un de nos libertins les plus scandaleux : Claude (ou, selon d'autres, César) de Chouvigny, baron de Blot (1605-1655).
Compagnon de frasques de Gaston d'Orléans, cet athéiste notoire se forgeait une félicité en imaginant les délices qui l'attendaient dans un paradis auquel il ne croyait pas :
"Nous y foutrons chacun un ange
Dont le cul sent la fleur d'orange."

jeudi, 06 octobre 2005

Compote

Dernière note du Journal de Gombrowicz pour l'année 1968 :

"J'ai renversé la compote."

Il lui reste un an, trois mois et dix-sept jours à vivre.

Des chiffres et des lettres

En Bourbonnais, toujours, sur les traces improbables de Blaise de Vigenère (1523-1596), qui y naquit mais n'y demeura guère. Cet humaniste et kabbaliste chrétien — auquel Larbaud rend hommage dans Allen — serait sans doute totalement oublié aujourd'hui s'il n'avait mis au point un système cryptographique fameux. On lui doit également la découverte, au hasard de ses distillations alchimiques, de l'acide benzoïque et l'édition commentée des Images de plate peinture de Philostrate.
Quoique Vigenère ne manquât jamais d'ajouter l'épithète "bourbonnois" à sa signature, il avouait préférer "manger des chardons" à Paris "plutôt que des artichauts" en province et sera inhumé à Saint-Étienne-du-Mont.
Je n'ai pas retrouvé, près de Broût-Vernet, le hameau de Viginière — ou Viginaire selon le carte de Cassini — dont le nom seul atteste encore l'origine locale du polymathe.

Witness, 1985

Il y a vingt ans que je n'ai pas mis les pieds dans une salle de cinéma.

Misonéisme

Il y a quelques années, les vaticinations radoteuses de Georges Duhamel pouvaient susciter haussements d'épaules ou ricanements. Ses diatribes contre l'automobile, la "musique en conserve" ou le cinéma — "divertissement d'ilotes" — semblaient marquées au coin d'un pessimisme rétrograde, de préjugés pusillanimes...
Est-ce parce que l'on vieillit ? je trouve aujourd'hui que le regard de l'homme ne manquait pas de lucidité. L'expérience quotidienne confirme le bien-fondé de ses craintes. Encore, à l'époque où le futur académicien pestait contre certains "progrès" discutables, n'y avait-il pas de télévision ni de téléphones portables !

Automobile

Revue automobile : "60 millions de cons à moteur".

mercredi, 05 octobre 2005

Blancs

Références culturelles pour une journée vide :

Les chapitres 18 et 19 du livre IX de Tristram Shandy ;
Le carré blanc sur fond blanc de Kasimir Malevitch ;
Les "sculptures concaves" d'Antartido A. Garay ;
Les 4'33 de silence de John Cage.

Météo 6

Les arbres cessent de former une masse verte confuse. Chacun prend sa teinte personnelle et se prépare à l'hiver selon ses habitudes. Celui-ci jaunit par la tête et celui-là laisse ses feuilles mourir toutes à la fois...
On ne sent pas un souffle d'air. Pourquoi les feuilles du marronnier tombent-elles ainsi, une à une, régulièrement ?
(Jules Renard, "Feuilles d'automne")

mardi, 04 octobre 2005

Lexicographie 2

Autre bel exemple d'imposture éditoriale : Le Parler des métiers de Pierre Perret (Laffont, 2002). Que ce pitoyable amuseur pour noces et banquets se prétende poète, c'est simplement consternant ; qu'il joue les lexicographes — avec la bénédiction liminaire de Gabrielle Quemada —, c'est carrément scandaleux. D'autant que son "parler des métiers" semble sortir tout droit d'un mauvais polar argotique des années 50 ou des dialogues d'Audiard. Il est édifiant de noter que notre bouffon consacre autant de pages à la pétanque et à la boule lyonnaise qu'à l'agriculture, laquelle se réduit pour l'auteur à la récolte du miel et des truffes. Quelle connaissance intime du monde du travail ! Et ce volumineux colombin, que son auteur [sic] a mis douze ans [resic] à pondre, coûte un peu plus de cinquante euros ! Ben voyons ! Pourquoi se gêner ?

Lexicographie

Parcourir le Littré à la billebaude est un plaisir de choix.
Plaisir gratuit, car il n'est pas toujours facile de glisser dans la conversation l'adjectif "cucumérin", d'évoquer le jeu de la "gribouillette" (mentionné par Barthes dans les Fragments d'un discours amoureux), la "sept-en-gueule" ou la "perd-sa-queue"!
Plaisir gratuit ? Il s'est tout de même trouvé des fumistes pour éditer sous leur propre nom des florilèges de "mots propres" pillés ou grappillés dans les grands dictionnaires — non sans préciser, pince-sans-rire, que tout lecteur peut en faire autant. Avec le même profit ?