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samedi, 27 août 2005

Houellebecq

Où est le bec ?

Bonne question : en ce moment on ne voit guère que le trou du cul.

A small, good thing

"... a small, good thing in a time like this."

La formule de Carver pourrait assez bien s'appliquer à la lecture des petits romans de Modiano. Fleurs de ruine, La Petite Bijou, Accident nocturne, que je referme à l'instant, se lisent avec bonheur et désinvolture, comme on fume une cigarette. C'est toujours la même chose, mais le charme continue d'opérer, malgré les procédés d'écriture et le ressassement des thèmes.

Sans doute le pouvoir de séduction de ces textes tient-il autant à la complicité ambiguë qu'ils instaurent avec le lecteur, qu'à leur fragilité même, à la minceur des ficelles qui les exposent à la malveillance du premier pasticheur venu.

Mozart et le tam-tam

Hier : une après-midi entière à rechercher — en vain — une remarque de George Steiner sur les mérites respectifs de Mozart et du tam-tam... On se dit toujours qu'il faudrait noter ces phrases qui, si elles étaient écrites "avec l'aiguille sur le coin intérieur de l'œil", seraient "matière à réflexion à qui réfléchit respectueusement" ; on ne le fait jamais. Paresse ou désinvolture relevant de l'acte manqué : on se ménage ainsi le plaisir de relectures ultérieures. Un peu comme si l'on oubliait délibérément son chapeau ou son parapluie chez un ami...

mercredi, 24 août 2005

Le grand style

Nouvelle dette envers Scutenaire.

"Les oies sont criardes et revêches. Le cou haut comme les cygnes, elles ont la lourdeur des hippopotames. Une graisse soleilleuse recouvre leurs cuisses, inhabiles à la marche mais faites pour les palais. Elles vont, le bec au ciel, en un dandinement immonde, comme des matrones gorgées d'amour et de matières fécales."

(Joseph Delteil, Les Cinq Sens, Éditions Collot/Le Temps qu'il fait, 1993)

Les Cinq Sens : deux cents pages de "grand style" à l'état brut.

Blogorrhée 2

Blogs intimes :

"Vies minuscules"
"Petites vies punctiformes".

Petites bulles de médiocrité et de néant.

"Démocrite... Combien ? Mettons : Démocrite, 400 000.
Saint François d'Assise, 50 000 000.
Kosciuszko, 500 000 000.
Brahms, 1 000 000 000.
Gombrovicz, 2 500 000 000.

Les chiffres placés après chaque nom représentent l'"horizon humain" du personnage envisagé, c'est-à-dire à combien à peu près il évaluait la population de son temps — comment il se voyait lui-même en tant qu'"un parmi beaucoup d'autres". Combien d'autres ? Je mets des chiffres au hasard... mais j'estime qu'il serait judicieux d'associer des chiffres à chaque nom de façon qu'on puisse connaître non seulement le nom d'un homme mais aussi sa place parmi les autres."

(Gombrovicz, Journal, vol. 2, Folio, 1995)

mardi, 23 août 2005

Petite anthologie portative 2

Una vita

Chi l'ha ritrovato
il soldo rotolato
sotto il cassone ? 

(Leonardo Sinisgalli, Dimenticatoio, 1978)

Un avis autorisé

"... le recours à la science-fiction, c'est déjà un signe de faillite chez un romancier." (Angelo Rinaldi — de l'Académie française — in "Un Houellebecq tombé du camion", Le Figaro littéraire, 18 août 2005)
Raymond Cousse à Angelo Rinaldi, en 1983 :
"... de grâce, cessez d'ériger vos trouducuteries infâmes en morale littéraire." (À bas la critique, Grenoble, Éditions Cent pages, 1998)

lundi, 22 août 2005

Eheu ! fugaces labuntur anni

À la fin des années 80, j'hébergeai pendant quelque temps chez P.G., rue Eugène-Gilbert, à Clermont-Ferrand.
Je lisais Pessoa. La voisine d'en face, chaque matin, allait et venait dans sa cuisine en petite culotte bleue...
Les "Tripes à la mode de Caen" de la traduction d'Armand Guibert sont redevenues, dans l'édition de la Pléiade, les tripes à la mode de Porto — "Dobrada à moda do Porto" — qu'elles n'auraient jamais dû cesser d'être. Même froides.
Mais où est aujourd'hui la belle dame peu frileuse ?
Il n'en reste que l'image fantasmée, pérennisée par le pinceau complice de l'artiste. L'image de la culotte, le nom de la rose...

dimanche, 21 août 2005

Météo

p!luie pl!uie plu!ie plui!e
plu!ie plui!e p!luie plu!ie
pl!uie plu!ie plui!e p!luie
plui!e p!luie plu!ie pl!uie

(Pierre Garnier, "Le jardin japonais"
in 120 poètes français d'aujourd'hui, Montpellier, Maison du Livre et des Écrivains, 1992))

Suicides

Il y a un peu plus de trois mois que Tristan Egolf est allé rejoindre John Kennedy Toole et Richard Brautigan.

Qui s'en soucie ?