Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

lundi, 02 octobre 2006

Ornithologie

Dans L’Épouvantail, de Ronald Hugh Morrieson, deux adolescents s’interrogent sur les sensations que procure le plaisir amoureux :
"Je me demande quel effet ça fait, ajouta-t-il juste avant qu’on se sépare au coin de la rue.
— Quoi ? demandai-je ?
— Tu-sais-quoi, répondit-il.
— D’après Herbert, c’est comme s’il y avait des mésanges qui te sortaient du trou de balle."

(traduction Jean-Paul Gratias, Rivages/Noir, 2006) 

vendredi, 29 septembre 2006

Jordane transito 2

medium_Jerusalem.jpgAprès qu'on a passé le Jourdain, on peut s'arrêter pour pisser près de Jérusalem, commune de Saint-Vérain.

Bouquins

Trouvailles de la semaine, à Lille :
Rue de l'Hôpital-Militaire : Georges Perros, Notes d'enfance ; Francis Carco, Nostalgie de Paris (Ferenczi, 1945. Non coupé).
À la Vieille Bourse : Pierre Albert-Birot, Les Six Livres de Grabinoulor (Jean-Michel Place. Comme neuf).

Grabinoulor : un peu plus épais que Littell, et plus jubilatoire. Les seuls titres de chapitres sont un bonheur. Au hasard : [IVe livre, chapitre cinquième] "Où il est question d'un fou et d'un Roi-République à roues dentées et enfin d'une importante prophétie mais Grabinoulor n'est pas inquiet puisque les singes sont là". Ou encore : [VIe livre, chapitre premier] "Caracalla mis à part on pourrait dire grosso modo que ce chapitre commence à la régularisation de l'Atlas et finit au bouchon de l'ours". C'est ce que l'on appelle des titres programmatiques ! Le "plaisir du texte" est ici du même ordre que celui que nous procure la lecture de Delteil.

dimanche, 24 septembre 2006

Les plaisirs du dimanche

Les individus qui lavent leur voiture le dimanche matin à la station-service constituent pour moi une énigme ontologique.

samedi, 23 septembre 2006

Œufs mollets

En parcourant distraitement les rubriques politiques des journaux, je me rappelle Léo Ferré déclarant à la radio, il y a déjà quelques lustres de cela, que le "petit bruit de l’œuf dur sur le comptoir", dont parle Prévert, était un bruit anachronique, qu’on n’avait plus guère l’occasion d’entendre dans une époque où l’on ne trouve plus que des œufs mollets. Les "petites phrases" ? De pauvres petites perfidies, des méchancetés de concierge, la platitude et la médiocrité, à droite comme à gauche — à supposer que ces catégories signifient encore quelque chose. Le canard enchaîné, journal qui se prétend "satirique", ironise sur la taille du ministre de l’Intérieur. Franchement, ça ne vole pas… très haut ! On se prend à regretter les Darien, les Tailhade, les daudet… qui, au moins, et quelles que fussent leurs idées, avaient de la gueule et du style.

vendredi, 22 septembre 2006

Eύμενίδες

Il est beaucoup question, ces jours-ci, sur les blogs à prétentions culturelles aussi bien que dans les "pages livres" des journaux et magazines, des Bienveillantes —  "l’événement littéraire de la rentrée", pour s’en tenir à une formule inévitable en pareille circonstance. On est tout de même un peu surpris — et frustré — de constater que la critique du livre se réduit, le plus souvent, à une accumulation de superlatifs et de données quantitatives : nombre de pages, chiffres des premiers tirages, montant supposé du contrat signé avec l’éditeur, etc. En somme : Littell, combien de divisions ? Les analyses un peu plus sérieuses glissent vers les considérations historiques, éthiques, les réflexions sur l’étiologie du mal… Lanzmann s'en mêle. Mais de critiques véritablement littéraires, point — ou fort peu. On évoque bien, ici ou là, Sade, Blanchot, Bataille… On se montre beaucoup plus discret, par exemple, sur l’ambiguïté de la référence à flaubert qui scande ironiquement (au sens où Kundera parle de l’ironie consubstantielle du roman), qui scande scandaleusement (voir l'étymologie) la coda hallucinée de cette fugue macabre et grotesque.

jeudi, 21 septembre 2006

Lost in translation

medium_adolf.jpgImaginons : votre connaissance de l’allemand est rudimentaire et vous cherchez, sur un forum germanophone, des commentaires sur la B.D. de Walter Moers, Adolf — Äch bin wieder da. Pas de souci ! Grâce à la traduction automatique, il n’y a plus d’obstacle linguistique, tout devient limpide. Qu’on en juge :

"Sûrement — le Moers d'humour est de temps en temps assez le cœur. Rien n'est là pour chacun. On doit toutefois se demander non tout comme craintivement begucken et "des Uh oh, peut cela?". On le peut. Doit-il le vouloir ? Non. Doit-il faire de lui le problème ? Tout à fait sûrement pas."

Vous avez tout à fait sûrement compris. 

mardi, 19 septembre 2006

Pêches de vigne

Humble dessert, nous partageons à midi quelques pêches de vigne, et c'est un peu du goût de l'enfance que l'on retrouve, fugitivement. Goût des "pêches volées dans le pré du voisin", dont parle Arnulf dans une vieille chanson — tel du moins que je l'imagine : j'étais trop sage pour chaparder le moindre fruit — ou des "petits biscaïens pelucheux" qu"évoque Colette. La saveur des pêches de vigne est éminemment nostalgique et littéraire. "Frivole", eût dit Vialatte : "Ce qui est frivole a peu de valeur sans doute, mais en a une certaine, exprimant quelque chose de léger, et qui peut plaire par cette légèreté même." C'est Littré qui l'affirme.

Poésie aphoristique

Le cœur du sensible souffre trop pour aimer

(Henri Michaux)

 

Chaque homme est traversé
Par des voies sans issue

(Paul Valet)

 

Fumer peut entraîner
Une mort lente et douloureuse

(directive 2001/37/CE du 5 juin 2001)

samedi, 16 septembre 2006

Les livres qui nous apprennent à danser 5

Ce matin, tentative de rangement partiel de ma bibliothèque. Tâche décourageante s'il en est, qui réserve tout de même quelques petits bonheurs : je retrouve, parmi une brassée de poches dépenaillés, un des premiers titres de Jacques Bertrand et ce recueil italien de haïku que je croyais définitivement perdu : "Casal Borsetti, fête de l'Unità, 1er août 2000".
 
In questo mondo
contempliamo i fiori ;
sotto, l'inferno.
 
(Kobayashi Issa)