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jeudi, 01 août 2013

Les conseils de tante Simonne

Celui-ci pour l'allitération initiale — et à toutes fins utiles :
"Un beau saumon se sert sur une serviette, sur le flanc gauche, la tête à gauche et le dos du côté de la personne qui sert." (Tante Simonne, Ma cuisine, Paris, La Technique du Livre, s.d — circa 1940)

lundi, 29 juillet 2013

Colors 7

Les travaux d'embellissement font rage.
Chez ma voisine, jardinières, boîte aux lettres et meubles de jardin vert coiffeur — ou cabinet de dentiste. Un peu plus loin dans la rue, persiennes d'un violet atroce. Un peu partout, façades rosâtres ou ochracées.
Le goût des autres est une source d'émerveillement permanent. Mais il est vrai que les passants doivent jeter quelques regards réprobateurs sur mon portail rouillé, mes volets dont la peinture s'écaille et s'irriter de la végétation folle qui déborde sur le trottoir...

dimanche, 21 juillet 2013

Petites perambulations hexagonales 2

Regagnant nos pénates après un bref séjour lorrain, nous évitons les autoroutes et les grands axes, empruntant de ces raccourcis pittoresques qui font paraître plus long le chemin.
Moments de flânerie dans les rares villes traversées.
Lunéville : dans la cour du château, une installation de Didier Pozza — assemblages de tiges de bambous ligaturés, agencés en palissades curvilignes — cerne la statue de Lasalle. Cela évoque des rames à pois. J'apprendrai un peu plus tard, béotien que je suis, que l'œuvre du plasticien "interroge sur l’un et l’autre, l’ombre et la lumière, le vide et le plein, le lieu et l’espace". Dans l'église Saint-Jacques, l'organiste déverse des cascades de notes, déluge sonore assez puissant pour courber le plus rétif Sicambre. Le cicerone, qui s'ennuie près de son étal de brochures et de cartes postales, nous montre, dans les veines du faux marbre des colonnes peintes de l'entrée, le portrait caché de quelque dignitaire de l'Église, dont je n'ai pas saisi le nom, et trois insectes minuscules, signature d'un compagnon. Sans doute l'homme croit-il nous être agréable — à moins qu'il n'espère simplement quelque gratification. Il me rase, nous partons.
Pique-nique entre Charmes et Mirecourt. Vittel, Contrexéville, villes d'eaux du Bassigny...
Langres : nous nous garons sous les remparts. Une vieille dame, fort aimable, gentiment bavarde, nous indique comment gagner à pied le quartier ancien, nous signale les principales curiosités, les croix gammées du pavement de l'église Saint-Martin — que nous ne verrons pas, celle-ci étant fermée. Dans la cathédrale Saint-Mammès, austère, grise et froide, l'organiste, comme à Lunéville, improvise. Une famille de touristes déambule bêtement, le père en short, chapeau de paille sur la tête, appareil photo en bandoulière. Fabrique-t-on encore des couteaux à Langres ? Nous n'y avons vu qu'une bien petite boutique de coutellerie, proposant un maigre choix d'articles de provenance incertaine, qu'on trouve à peu près n'importe où.
À Vaux-sous-Aubigny, nous achetons au caveau du Muid Montsaugeonnais quelques bouteilles d'auxerrois, de chablis et de pinot noir. Vins de pays de la Haute-Marne, découverts par hasard il y a quelques années, plaisants et sans prétention — beaucoup plus abordables surtout que les appellations prestigieuses jalonnant la Route des Grands Crus, que nous suivrons à partir de Marsannay et jusqu'à Nolay, où les vignes cèdent progressivement la place aux bois et aux pâtures.
Après une dernière pause aux environs d'Autun — trop tard pour revoir la cathédrale Saint-Lazare ou le temple "de Janus" —, nous retrouvons paysages familiers et routes coutumières du Bourbonnais, puis des Combrailles.
Il a plu en notre absence, les hortensias se portent bien.

dimanche, 14 juillet 2013

Fête du Père Ubu

"L'idée de patrie telle que nous la subissons aujourd'hui, les vertus civiques qui ont fait les peuples, les jolis sauvages qu'ils sont aujourd'hui, sont en effet l'œuvre de la Révolution française. Nous avons toujours été les premiers pour ces sinistres bêtises."

(Paul Léautaud, Journal littéraire. Pages choisies,
Folio, 2013, p. 488 — 21 août 1927)

vendredi, 12 juillet 2013

Remembrances du vieillard idiot 14

Par les journées de grande chaleur, faneurs ou moissonneurs recrus s'attablaient en silence, mangeaient gravement, songeant aux besognes de l'après-midi. Les bouteilles de vin ginguet rafraîchissaient dans de grands seaux galvanisés. Les femmes veillaient à ce qu'on ne manquât de rien, attendant que les hommes eussent terminé — dessert sur le cul de l'assiette, café dans le verre — pour prendre un peu de réfection avant de se mettre à la vaisselle.

mardi, 09 juillet 2013

Le sens de la formule 12

"... it's shockin' sometimes when what you think turns out to not be what you think at all.
— It's why I don't think no more'n necessary."

(Barry Gifford, Wild at heart, New York, Grove Press, 1990, p. 74)

jeudi, 20 juin 2013

Choses vues 7

Déluge sur la ville — on se précipite aux abris.
Un impotent, sur son voiturin électrique, file à toute berzingue sur le trottoir de la grand-rue. Encapuchonné, cabas rose au bras, gilet "fluo" accroché au siège.

Bric-à-brac

La lanterne d'Aristote ;
le crible d'Ératosthène ;
le pressoir d'Hérophile ;
la trompe d'Eustache.
Et le chat de Schrödinger. Empaillé.

jeudi, 13 juin 2013

Bisogna morire

Au hasard des lectures du moment :

"Je pense que personne ne comprend la mort. Lorsque l'on dit : mort, on pense : vie. Car si, en mourant, on étouffe et on a peur — ou — le contraire — [...] — tout cela : et l'étouffement, et la peur, et [...] — c'est la vie. La mort, c'est quand je ne suis pas là. Or je ne puis pas ressentir que je ne suis pas là. Donc ma mort n'existe pas. N'existe que la mort d'autrui : c'est-à-dire le vide d'un lieu, un lieu vidé (il est parti et vit quelque part), c'est-à-dire de nouveau la vie et pas la mort, impensable tant qu'on vit. Il n'est pas ici (mais est quelque part). Il n'est pas — non, car il ne nous est pas donné de comprendre quoi que ce soit autrement qu'à travers nous-mêmes, toute autre compréhension est la répétition de sons par un perroquet.
"Je pense que la peur de la mort est la peur de l'être dans le néant, de la vie — dans la tombe : je serai allongé et les vers ramperont sur moi. Raison de plus de brûler les gens comme moi.
"Et puis —mon corps serait-il par hasard — moi ? Serait-ce par hasard lui qui écoutait la musique, écrivait des poèmes, etc. ? Le corps ne sait que servir et obéir. Le corps — une robe. Que m'importe, si on me l'a volée, dans quel trou, sous quelle pierre, l'aura enterrée le voleur !
"Que le diable l'emporte ! (le voleur, et la robe aussi)."

(Marina Tsvetaeva, sur la mort d'Alexandre Blok, 17 août 1921, in Vivre dans le feuConfessions, trad. Nadine Dubourvieux, Le Livre de Poche, 2008, p. 219-220)

La ponctuation, très particulière, de Marina Tsvetaeva eût agacé Frederick Exley, dont l'avatar homonyme — le narrateur du Dernier Stade de la soif (A Fan's Notes) — ne supporte ni les tirets, ni les points d'exclamation. Ceux, du moins, que sa dulcinée multiplie dans sa prose épistolaire : "... le département de littérature de sa fac locale devait être particulièrement épris de tirets et de points d'exclamation ; les lettres s'enchaînaient sans la moindre virgule. En ce qui concernait les points, elle n'utilisait que celui d'exclamation, tant elle voulait honorer chaque banalité qu'elle couchait sur le papier." (Le Dernier Stade de la soif, 10/18, 2013, p. 219)
Que dire, alors, de la ponctuation emphatique dont les internautes assaisonnent aujourd'hui leurs commentaires imbéciles ?

"Ceux qui vivent très vieux et ceux qui meurent très jeunes perdent la même chose. Ils n'abandonnent que le présent, puisque c'est tout ce qu'ils possèdent."

(Marc-Aurèle, cité par Gerard Donovan — épigraphe de Julius Winsome, Points/Seuil, "Roman Noir", 2010)

Du même : "Combien d'hommes entrés avec moi dans le monde en sont déjà partis !" (Pensées, trad. A.I. Trannoy, Les Belles Lettres, 1964, p. 67)

"At a certain age, consciousness of mortality is not an elective study."

(James Lee Burke, The Tin Roof Blowdown, Londres, Phoenix, 2008, p.372)

À propos de cette prise de conscience, Burke fait référence aux soixante-dix années de vie que nous accorde le Psalmiste : "Quoniam omnes dies nostri defecerunt ; et in ira tua defecimus. Anni nostri sicut aranea meditabuntur ; dies annorum nostrorum in ipsis septuaginta anni. Si autem in potentatibus octoginta anni, et amplius eorum labor et dolor ; quoniam supervenit mansuetudo, et corripiemur." (Psaumes, 89 : 9-10)
On peut regretter que la plupart des traductions modernes, considérant que le sicut aranea — emprunté à la version syriaque du texte — reprend une lecture erronée, ignorent cette comparaison imagée et lui préfèrent la formule hébraïque "comme un murmure". On lit toutefois dans la Sainte Bible commentée de L.-Cl. Fillion (Paris, Letouzey et Ané, 1887-1904, 8 vol.) : "Nos années se passent en de vains soucis, comme pour l'araignée." (IV, p. 278). Commentaire : "L'araignée, d'après la croyance populaire, s'épuise à tirer de sa propre substance les fils qui composent sa toile. Ou bien, la comparaison porterait, selon d'autres interprètes, sur la fragilité de cette toile : nos plans les mieux concertés pour faire durer nos jours ne sont pas plus solides qu'elle."

vendredi, 24 mai 2013

Expositions avicoles

Manifestations locales : élection des "miss" du canton, remise de la médaille de la famille... Après la foire aux dindes, le concours de poules pondeuses.