Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

jeudi, 18 août 2005

Crash

Une belle catastrophe aérienne fournit de la matière aux journalistes pour trois jours au moins. C'est pain bénit en période estivale : les folliculaires peuvent donner libre cours à leur charognarde commisération.
De quoi regretter le laconisme d'un Fénéon.
Il est vrai que celui-ci s'attachait à de plus humbles tragédies :
"Une auto, qui vite décampa, a renversé une voiture, à Neuilly. Le cocher, Ch. Jacques, crâne fracturé ; M. Dumot, jambes rompues."
(Nouvelles en trois lignes, vol. 2, Mercure de France, 1998)

mercredi, 17 août 2005

Vitupérer l'époque

Entendu ce matin aux informations : le "quad" devient un moyen de transport urbain de plus en plus prisé des citadins "branchés". C'est très "tendance" !

Affligeante prolifération du crétinisme motorisé.
Les "quadeurs" viennent grossir les rangs des pétro-nomades tout en prétendant se distinguer de l'homme moyen à roulettes :

"Compétition hargneuse quand ça roule, et égalité démocratique dans l'impuissance quand ça ne roule pas"

(Gilles Châtelet, "Robinsons à roulettes et pétro-nomadisme", in Vivre et penser comme des porcs, Folio, 1999)

mardi, 16 août 2005

Polars

Les auteurs de polars sont les moralistes de notre temps. Pessimisme lucide et sens de la formule :

"La plupart des gens que je connais ont l'air fatigués. Bizarrement, ne pas avoir grand-chose à faire exige de plus en plus d'efforts."

(John Wessel, Le Point limite, Rivages/noir)

lundi, 15 août 2005

Journée orange

Journée orange dans le sens des retours.

"Suave mari magno..." Indifférent aux tribulations de la tourbe motorisée, on relira, avachi dans sa chaise de jardin, "Les convois des ponts fériés" de Fruttero et Lucentini (La Prédominance du crétin, Le Livre de Poche, 1990).

Blogorrhée

L'esprit du blog : la brièveté.

Préférer la notule éphéméridique à la tartine.

Le blog à prétention littéraire devient l'exutoire des chieurs d'encre frustrés, des impubliés, des impubliables, à qui le volumen conviendrait mieux que la page-écran.

"Pourquoi développer ?
Développées, les entrailles de l'homme mesurent neuf mètres. Enveloppées aussi."

(Louis Scutenaire, Mes inscriptions)

Ecrire sur l'eau, écrire sur la pierre...

"Socrate. Mais l'homme qui possède la science du juste, celle du beau, celle du bien, devrons-nous affirmer qu'il a moins d'intelligence que le cultivateur, par rapport aux semences qui sont proprement les siennes ?
Phèdre. Pas le moins du monde, c'est certain !
Socrate. Ainsi, tu vois, ce n'est pas pour de bon qu'il ira écrire sur l'eau ces choses-là au moyen d'encre, usant d'un roseau pour ensemencer avec des discours, qui ne sont pas seulement impuissants à se porter assistance à eux-mêmes par la parole, mais impuissants aussi à enseigner convenablement la vérité !"

(Platon, Phèdre, 276 b, trad. Léon Robin)

"Ce fut en 1779, le 5 novembre, à l'époque de mon premier mal de poitrine que je commençai d'écrire sur la pierre, à l'Île-Saint-Louis : cette première inscripcion est à la dixième pierre, à gauche du Pont-rouge, en y entrant par l'île. Je la fis dans cette idée : verrai-je cette marque l'année prochaine ?"

(Rétif de La Bretonne, Mes inscripcions)

Le blog : écrire sur du vent.