dimanche, 18 décembre 2005
Blogorrhée 4
"Personne n'intéresse personne. On fait semblant. Chacun parle de soi. On écoute les autres pour pouvoir leur parler de soi. Mais au fond on s'en fout."
(Georges Hyvernaud, La Peau et les os)
Merci à L.S. Sans son récent commentaire, je n'aurais certainement pas relu Hyvernaud en cette grise après-midi dominicale.
22:30 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (5)
La littérature à petit bruit
François Bott, lui-même "échanson" ou "vivandier" des lettres, a consacré une belle série de portraits à ces écrivains "notoirement méconnus" — selon la formule désormais usée de Vialatte —, dont les œuvres sont le plus souvent absentes des catalogues des grands éditeurs et des rayons des librairies : André Beucler, Louis Brauquier, Olivier Frébourg, André-Pierre Roché, Léon Werth... Et à d'autres, un peu moins secrets : Emmanuel Bove, André Hardellet, Jean-René Huguenin, Jean Prévost... Un ouvrage à ranger à côté de l'Histoire de la littérature française de Kléber Haedens. Cela s'appelle La Planète des sentiments (Le Cherche Midi éd., 1998). Je l'ai trouvé — et ce n'est sans doute pas un hasard... dans une solderie !
21:06 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
samedi, 17 décembre 2005
Révérence parler
La zédille de politesse
Fopas condise queul paralloïdre cètun langorge grassier de malocru.
Oci, poréviter l’incongruite des motriviaux è des syllaboscènes, dans la grammare martélique issusage la zédille de politèse.
Esemple :
— En Borgogne ilya des souffloçuls ;
— Les chinges izont le çulpelé ;
— Jeun suisouvert l’avançuisse en çulbutant surun çul de boutaille;
— La Mièvre apour capolieu Maçon ;
— Le çonçombre è dune digeste diffiçultueuse ;
— Le versassoye ifile son çonçon porqueu les beldames elzaient des bobas ;
— La gourge cètun çuçurbitassé ;
— Méphistophel ilè çonçupissant.
Cépor les gendistingues queul paralloïdre idiça.
(André Martel, in Cheval d'attaque, n° 10-11-12, 1974)
10:50 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 16 décembre 2005
Puissance des mouches
Près de la moitié du livre est consacrée à une douloureuse fugue pascalienne sur l'humiliant ravalement à l'animalité à quoi nous condamne l'urgence d'une défécation inopinée : "Je m'étais senti vraiment misérable. Moins que rien. Le dernier des parias. Dépouillé de toute dignité. Brusquement, plus rien n'avait d'importance, d'intérêt. C'était la démission totale devant l'orage de merde déferlant..." En contrepoint, de chapitre en chapitre, la succession des épigraphes stercoraires renvoie à l'histoire familiale, à l'univers du Lager, dans lequel l'omniprésence de la merde et de la souillure s'inscrivent dans un processus concerté de déshumanisation. Rien ici de Rabelaisien. Contrairement à ce qu'affirmait le père Ubu, la "merdre" est mauvaise, la chiasse tragique se mue en métaphore du mal débondant dans le monde... Autre jeu d'isotopies, vers la fin du livre : étant posé que la diarrhée peut être une manifestation du choléra, "la police, l'esprit policier, c'est une maladie épidémique s'apparentant au choléra. Reste la peste." La place, décidément, n'est pas près d'être propre.
17:35 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (14)
jeudi, 15 décembre 2005
Que lirons-nous par ces desers ?
Évidemment, quand je dis "plus rien à lire", je ne prends pas en compte les livres qu'on ne peut que feuilleter, pour la centième fois, à la billebaude : fragments, aphorismes, journaux, poèmes... Sur ma table de non-travail : Le Gai Savoir, Journal des signes, de Cristóbal Serra, les Mémoires du cardinal de Retz, Exister de Follain ou la Correspondance de Debussy. Livres où l'on picore avec bonheur, sans véritablement s'y oublier...
17:39 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (8)
mercredi, 14 décembre 2005
Gazon maudit
A. r. évoque sur À mains nues, dans sa note du 12 décembre, "les gazons fendus d’Aphrodite", variante des "pelouses fendues d’Aphrodite", titre d’un recueil de poèmes de Maurice Blanchard (1943). Signalons que, si l’expression est belle, elle n’en est pas moins fautive, puisqu’elle démarque la transcription incorrecte d’un fragment d’Empédocle : λιμένας σχιστὸυς Άφροδίτης — "les ports fendus d’Aphrodite". C’est une confusion entre λιμήν (port) et λειμών (pelouse) qui est à l’origine de cette lecture, invalidée par le contexte même du passage.
Voir à ce propos : Empedoclis carminum reliquiæ in philosophorum græcorum veterum, præsertim qui ante Platonem floruerunt, operum reliquiæ, II (Amsterdam, J. Müller, 1838) ou Empedoclis carminum reliquiæ in Fragmenta philosophorum græcorum (Fr. Guill. Aug. Mullachius éd., paris, Firmin-Didot, 1860).
21:00 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (8)
mardi, 13 décembre 2005
Tant crie l'on Noel...
(Dictionnaire de Trévoux)
Ces considérations liturgiques ne préoccupent plus guère nos contemporains. L’Avent, aujourd’hui, évoque tout au plus un calendrier gourmand ; nos hagiographies mercantiles préfèrent saint Nicolas à saint Dominique l’Encuirassé et le Père Noël, ogre faussement débonnaire que de prolétaires iconomanes accrochent à leurs façades, a définitivement cannibalisé l’enfant Jésus.
L’Avent, aujourd’hui : l’obscène conjugaison de la marchandise putassière et du misérabilisme pleurnichard.18:40 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (6)
Petite anthologie portative 16
"4
[...] Elle me regarda, aux anges & fixement. Le maxillaire inférieur claqua sur sa cage thoracique. Douce & tenace, mi-Austen mi-Brontë, son visage embrasé balbutiait (ou était-ce le scalp solaire PEU AVANT LA CULBITTE ?). Elle leva ses doigts-pinces — et osa agripper mes épaules — : "Ouh, Dr Mac Intosh — !" dit-elle, encore incrédule de tant de bonheur.
5
—.— ——./— — :"??" — "."/— :"??" — — "..." —/:!!!!!!!!!!!!!!!!
6
(Faisait quasiment noir dans LA TIRE À PAPOUILLES, ENTRE CHIEN & LOUP précisément./ "You are very clever —" Elle, sans arrêt, TENANT À LA MAIN UN MARTEAU RISIBLEMENT PETIT — —).
*
* *
[...]
Arno Schmidt, "Piporakemes !", in Vaches en demi-deuil, trad.Claude Riehl, Tristram, 2000)
17:45 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
Un avis autorisé 7
Note du 14 novembre 1927, p. 630)
17:21 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (5)
lundi, 12 décembre 2005
Verbatim
22:20 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (6)

