dimanche, 13 novembre 2005
La Vierge au raisin
Excursion dominicale en Beaujolais. Avant le déjeuner (saucisson vigneron et fromages affinés au marc de raisin), notre hôte nous propose une promenade apéritive qui nous conduit au sommet de la Montagne de Brouilly. Vue magnifique sur les côtes roussies par l'automne, la vallée de la Saône et, très loin à l'horizon, le Mont-Blanc, que l'on devine dans la brume légère.23:30 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (5)
samedi, 12 novembre 2005
Civilisation essoufflée
La jeunesse des banlieues est énervée, au sens courant, familier du terme ; la classe politique, au sens classique — dépourvue de nerf, de force physique et morale.
"Malheur à toi, pays dont le roi est un enfant, et dont les princes mangent dès le matin."
Les enfants rois guenilleux sont dans la rue, les princes changés en bouffons séniles rotent dans leurs mangeoires, radotent dans leurs prétoires.
Paroles prémonitoires de Cioran :
"Tout n'est pas perdu : restent les barbares. D'où émergeront-ils? Il n'importe. Pour le moment, sachons que leur démarrage ne tardera pas, que, tout en se préparant à fêter notre ruine, ils méditent sur les moyens de nous redresser, de mettre un terme à nos ratiocinations et à nos phrases. À nous humilier, à nous piétiner, ils nous prêteront assez d'énergie pour nous aider à mourir ou à renaître." ("Sur une civilisation essoufflée", in La Tentation d'exister, 1956)
22:05 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (3)
Charme des solderies
20:29 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (14)
Météo 8
Regenwetter ziehen trübe,
Und der Himmel scheint mir grau.
Ach ! der Sommer ist entschwunden,
Und der Winter naht sich rauh.
[...]
Alles trübe, alles traurig,
Wie dies Herz in meiner Brust.
Ach ! den Spätherbst meines Lebens
Fühl' ich, ohne Frühlingslust...
(Otto von Briesen, "Letzter Seufzer")
18:44 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (4)
vendredi, 11 novembre 2005
11 novembre
À la fin du XIXe siècle, Alphonse Allais notait avec morosité que ceux qui avaient connu Napoléon se faisaient de moins en moins nombreux. Ainsi de nos poilus, plus que centenaires, intransportables et, de surcroît, déjà tous décorés. Donc, sans grand intérêt. Fort peu de chose dans nos journaux sur les cérémonies commémoratives de l'armistice. À la radio, une journaliste, qui a dû lire les ouvrages de la professeure Marina Yaguello, fait le mot féminin. Mais peut-être est-ce par coquetterie archaïsante : armistice est également féminin, pour le dictionnaire de l'Académie, jusqu'en 1798.
On relève pourtant dans Le Figaro un intéressant article sur les fusillés pour l'exemple.
"... je serai peut-être là-bas pour la St Martin..." écrivait, à la fin de la guerre, mon grand-père, gazé, en convalescence au Tréport. La carte montre la "vue sur le Musoir et la falaise". Au verso, le texte au crayon est à présent presque effacé...
22:10 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (1)
Un avis autorisé 6
Dans le Nouvel Observateur de cette semaine, entretien avec Christian Bourgois. Interrogé sur la littérature française actuelle, celui-ci déclare : "Je n’arrive pas à croire que Houellebecq soit aussi important que Céline ou Proust. Je le dis sans mépris." Avis à considérer, si l'on songe aux auteurs que Bourgois a découverts et fait connaître en France...
21:02 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
jeudi, 10 novembre 2005
L'anti-phébus 2
Chez Richard Millet, comme chez Quignard, l'importance du "sentiment de la langue", l'attachement au "classicisme", c'est-à-dire à "une langue forte et belle [pouvant] apaiser la peur de mourir, nous [restituer] à une innocence perdue".
"La haine du classicisme : l'éternel procès fait à la langue par ceux qui, ayant perdu la leur, n'ont de cesse qu'ils ne se soient avec elle perdus dans des vertiges et des flamboiements douteux." ("Notes sur le classicisme", in Le Sentiment de la langue, La Table Ronde, 1993, p. 193)
22:18 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (4)
L'anti-phébus
L'eau parfaitement limpide de certaines fontaines paraît, quand on se penche au-dessus d'elles, noire et profonde. Ainsi de ce style quasi janséniste qui est la marque propre des auteurs difficiles — aux deux sens du terme : exigeants avec eux-mêmes et réclamant du lecteur un effort particulier. Je pense à Pascal Quignard. Cette très belle page, et très simple, par exemple, sur le silence :
"Quand la mémoire fait ressortir de l'abîme où le réel s'est effondré les souvenirs, ils ruissellent de silence.
Des morts reviennent des scènes d'autrefois qui sont nettoyées de tout bruit.
Immobiles au centre de ces scènes, comme dans les photographies, comme dans les peintures de l'Occident chrétien, ils regardent en silence ceux qui les voient.
Des vivants, la remémoration ne restitue que des instants où toute rumeur est arrachée.
Tous les moments de nos songes sont aussi silencieux que les instants où le désir écarte le tissu et découvre à notre attente et pour notre confusion ce qui est nu dans toute la pénombre que font les plis qui se rebroussent." (Sur le jadis, XCII, "Le silence", Folio, 2004, p. 303)
21:26 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
Le style Dantec
20:25 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (5)
Paresse
"Le travail m'ennuie énormément, je suis plus paresseux qu'un vieux singe et triste comme un cercueil."
10:35 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (6)

