jeudi, 01 décembre 2005
La profondeur lyophilisée d'A.S. Pinketts
(La Madone assassine, p. 158)
Faut-il ajouter un commentaire à l'intention des culs-bénis de la bien-pensance ?
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mercredi, 30 novembre 2005
Mammon
Maurice Girodias rapporte que le papier à lettres d'Henry Miller s'ornait de ce proverbe portugais :
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Papistes et huguenots
Dans La Croix du 30 novembre :
"Je me souviens qu’aux seconds troubles nous étions en garnison à La Charité. Étant en garde, s’il passait un homme avec une braguette, nous l’appelions papiste, et la lui coupions : c'était mal fait, d’autant que, sous tel signe, y a de grands mystères quelquefois cachés, vu que papiste peut signifier père de la foi ou suivant la foi paternelle. Je m’en repentis et m’en allai à Cosne, où nous nous fîmes soldats derechef, et nous mîmes ès bandes catholiques. Il nous advint une autre cause de remords de conscience : c’est que, voyant ces ébraguettés, les disions huguenots . Notre bon ami Budé m’avisa de ce péché, m’instruisant que ce mot était grec, signifiant heureusement connaissant." (Le Moyen de parvenir, chap. 15, "Dessein")
20:20 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
Ta mère t'a donné comme prénom...
Sur un site consacré au "traumatisme du prénom" :
"Lorsque des parents sont à la recherche d'un prénom et qu'un dictionnaire de la mythologie leur tombe entre les mains, ils iront bien souvent à la rencontre d'un héros peu connu, dont l'histoire révèle un fantasme inconscient caché, une régression vers l'enfance."
Le dictionnaire de Trévoux peut aussi leur donner des idées :
"Caca : s.f. et nom propre de femme. Caca. C'est la sœur de Cacus, dont parle Virgile au VIIIe liv. de l'Énéide. Elle fut honorée à Rome comme une déesse. Voyez Lactance liv. I, ch. 20 ; Servius sur l'endroit de Virgile cité v. 190. Elle avoit un temple dans lequel on lui entretenoit comme à Vesta un feu perpétuel."
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mardi, 29 novembre 2005
Books think for me
"— Vous avez raison, il faut être une œuvre d'art ou porter une œuvre d'art.
— Oscar Wilde ?
— Non, éditions Oscar Mondadori. Le Livre des citations."
Pinketts a le sens de la démythification ironique : la plupart du temps, la pratique de la citation relève moins de l'érudition que de la fumisterie. Il arrive pourtant qu'elle révèle une connivence, esquisse une complicité intellectuelle ou témoigne d'une simple révérence, à partir de quoi s'élabore tout un jeu de clins d'œil intertextuels.
Ainsi chez Simon Leys, qui publie chez Plon Les Idées des autres. Glosant brièvement une formule de Vialatte — "La gravité est le plaisir des sots" — Leys nous livre une confidence malicieuse, qui nous ramène à Montaigne et à la gravité de l'âne ("Est il rien certain, resolu, dedeigneux, contemplatif, serieux, grave, comme l'asne ?"), par le biais d'une autre comparaison animalière : "Ayant passé une grande partie de ma vie dans des universités, j'ai été amené à fréquenter un nombre considérable de personnages graves et d'esprits sérieux. On ne trouve d'équivalent à cette gravité-là que chez les grands mammifères du zoo (vous aurez déjà remarqué d'ailleurs que votre chat et votre chien ne sourient jamais)."
Sur ce dernier point, je ne serai pas aussi affirmatif, mais c'est là une autre question.
23:05 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
Le sens de l'épigraphe
Dans le Nouvel Observateur du 17 au 23 novembre 2005, compte rendu du livre d'Alexandro Jodorowski, Mu, le maître et les magiciennes :
"Et Mu ? En chinois, ça signifie "meuh". En exergue beuglent deux citations, un poème de Wumen Huikai (1183-1260), "Mu, mu, mu, mu, mu..." (répétez vingt fois), et un proverbe espagnol : "Le bœuf a parlé et il a dit meuh." Dont acte..."
Vachement prometteur.
Je ne me rappelle pas avoir lu quoi que ce soit de Jodorowski, et je n'ai qu'un très vague souvenir de son film, La Montagne sacrée: un arbre couvert de poulets vivants, que l'un des personnages taille en pièces à coups de sabre, un homme nu déféquant dans un pot de chambre en verre...
21:55 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
lundi, 28 novembre 2005
Polars 3
Et, en outre, fort instructif : j'apprends ainsi, en poursuivant à petites étapes la lecture de Pinketts, que "La Vierge est parfois routinière [...] Au 140 de la rue du Bac, là où elle était apparue à Catherine Labouré, elle se présenta à Justine Bisqueyburu, le 28 juin 1840." (La Madone assassine, p. 107) Cette apparition est à l'origine de la dévotion au "scapulaire vert du cœur immaculé de Marie", dont Pie IX encouragea la diffusion. Si c'est pas de la culture, ça ! ...
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