samedi, 22 août 2009
Petite anthologie portative 53
DANS LA PETITE BOÎTE
Dans la petite boîte,
j'y ai retrouvé les noyaux de pêche
et tout plein d'images ;
il y avait aussi la toupie cassée
avec son fil rouge tout entortillé,
et le lance-pierres avec un caillou.
Dès que je l'ai aperçu
c'est lui seul
que j'aurais voulu prendre :
j'aurais visé le temps
qui noie toutes choses
et même les plus belles.
(Albino Pierro, "Nd' 'a cascittèlle", trad. du lucanien par Philippe Guérin, in Métaponte, Orphée/La Différence, 1996)
22:12 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
"Reddite igitur..."
Ma commande mensuelle de lecture n'étant pas encore arrivée à la "Maison de la Presse", je relis Le Vent Paraclet de Tournier. Cette "autobiographie intellectuelle" est sans doute l'un de ses meilleurs textes. Je gardais le souvenir de propos intéressants — quoique sans grande originalité — sur le rire et la métaphysique, la pédagogie, le travail du traducteur, le jargon philosophique, la sénilité... J'avais oublié — preuve que je ne suis pas, sans doute, un lecteur trop vétilleux — ce passage qui n'a fait l'objet d'aucun repentir à l'occasion des rééditions ou tirages successifs du livre : "...ce jardin de curé moussu et touffu avait le charme et l'éclat voulus par la citation célèbre de Maurice Leblanc." Il est tout de même surprenant que personne ne se soit avisé d'une bourde de ce calibre !
21:52 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
mercredi, 19 août 2009
Mémoire de lièvre
Rien de plus irritant que de ne pas retrouver les références d'une citation, d'une phrase qu'on sait avoir lue quelque part et que l'on a perdue. L'anecdote à propos des tricoteuses profanant les cadavres — à laquelle il est fait allusion dans une précédente note — est absente du Journal des Goncourt, où je l'ai cherchée en vain pendant des heures. De la même manière, le "temps de paradis" dont Quignard a parlé quelque part (mais où ?) et les propos de Steiner proclamant, si je me souviens bien, la supériorité de Mozart sur le tam-tam n'ont pas fini de me tracasser. Quant aux "omelettes froides" de Faguet, je me rappelais bien les avoir trouvées dans les Souvenirs des milieux littéraires de Léon Daudet : on n'oublie pas de telles perversions culinaires !
06:43 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 18 août 2009
Kitsch et quetsches
Escapade de quelques jours du côté de chez Nicolas Untersteller, Théodore Gouvy — ou, si l'on préfère, Patricia Kaas. Les petits villages frontaliers se transforment, un peu plus chaque année, en tristes banlieues pavillonnaires, environnées de friches à bâtir, de vergers à l'abandon. Des pruniers d'âge respectable croulent un peu partout sous le poids des quetsches ou des mirabelles que personne ne cueille et qui finiront par pourrir dans les graminées folles, livrées aux fourmis, aux guêpes, aux oiseaux du ciel. Les lourdes fermes lorraines encore debout sont cernées de prétentieuses villas au crépi tout frais, cauchemars de stuc, aluminium et PVC, dont la vulgarité teutonne s'aggrave de kitschissimes fioritures pseudo-pompéiennes.
22:10 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (6)

