Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 05 février 2006

Petite anthologie portative 21

Sur l'album de la Comtesse : "Parce qu'il avait une mère cocue, très dolente, Luther n'a pas calculé en vain."

(Le Canard enchaîné, circa 1970)
 

Diseurs de riens

En parcourant la blogosphère à la billebaude, je m'aperçois que beaucoup de sites plus ou moins nauséabonds attirent les commentaires par dizaines, comme la merde attire les mouches. Chacun y va de son petit bourdonnement... Qu'écrivait Bukowski, à propos des "gens qui [...] poussent des cocoricos pendant des heures" ? "Tous ces merdeux autour de moi sont en train de discuter [...] mais ils ne font que s’enliser dans la théorie, ils glandent, se masturbent le cerveau, ils adorent s’écouter parler. Ils n’ont rien dans le ventre, ce sont des paquets d’ouate, de la ouate de merde surmontée d’une tronche en papier…"

Actualité littéraire

Entendu l’autre jour sur Europe 1 un compte rendu enthousiaste des Miscellanées de Mr Schott, publié aux éditions Allia. Alléché par tant de superlatifs, je me transporte à la FNAC de Lille, où l’ouvrage est présenté en bonne place, en tête de gondole. C’est — j’aurais dû m’en douter — une pure fumisterie : un maigre patchwork qu’on dirait fait de pages arrachées au Quid ou au Livre des listes, des rubriques relevant du Trivial Pursuit. Pas grand-chose de saugrenu, et rien de pataphysique, comme je l’espérais vaguement. mieux vaut relire le Nouveau Bréviaire pour une fin de siècle, de Macha Makeieff (Chêne, 1999) ou l’indispensable Dictionnaire de la bêtise suivi du Livre des bizarres, de Guy Bechtel et Jean-Claude Carrière (Bouquins, 1997).

Au classement des meilleures ventes de livres de la semaine, publié sur le site du Nouvel Observateur, hervé Vilard arrive en sixième position avec son roman autobiographique L’Âme seule. J’aime bien Hervé Vilard. Nous avons été intronisés le même jour dans la confrérie des Chevaliers Gustateurs du Cœur de France, il y a deux ans, lors de la foire aux vins de saint-Amant-Montrond. Je regrette un peu de ne pas lui avoir demandé un autographe. En souvenir de Capri, c’est fini... Tou-doum, tou-doum, tou-doum…

Dyscolisme

Aucune note ces derniers jours. L’actualité et le spectacle du monde m’affligent. Les Sarrasins vitupèrent et vibrionnent, la pimpesouée des Charentes-Poitou nous emmerde royalement, la radio radote. Appels d’auditeurs, bavasseries et borborygmes... Il m’est avis — eût dit Béroalde — que l’on me pisse aux oreilles.
Je poursuis l'écoute de l'intégrale de Mozart en pignochant à travers la correspondance de Debussy...

Serais-je en proie au dyscolisme ?

mardi, 31 janvier 2006

En manière d'excuse...

Je m'absente pour deux ou trois jours...

Merci pour vos commentaires — que je lis toujours avec plaisir. Pardonnez-moi de ne pas y répondre immédiatement : je dois préparer mon léger bagage.
Plus léger que celui de Cendrars :

"Ma malle pèse 57 kilos sans mon galurin gris"

Il est vrai que je vais beaucoup moins loin. À bientôt.

lundi, 30 janvier 2006

Lire aux cabinets

La lecture et la défécation requièrent trop de sérieux pour qu’on puisse prétendre s’y adonner simultanément. On ne saurait trop recommander à ceux qui emportent un livre à la garde-robe de relire — et de préférence en d’autres lieux — le très bref Lire aux cabinets d’Henri Miller (Allia, 2000).

Les quelques dizaines d’ouvrages entassés dans mon buen retiro n’ont échoué là que pour la couleur verte de leur couverture, accordée à celle des murs. Outre un certain nombre de volumes défraîchis de la Bibliothèque verte, on trouve là L’Objet de Lo Duca (Pauvert, 1966), une méthode d’arabe en vingt leçons ou le sartor Resartus (Everyman’s Library, 1967) de Carlyle, que je n’ai jamais lu. Ni aux cabinets ni ailleurs.

Les beaux dimanches

"Oui, le peuple ! Mais il ne faudrait jamais voir sa gueule."

Il y a sans doute dans cette remarque de Jules Renard plus de lassitude que de mépris ; on est toutefois frappé par l'attitude constamment distante, condescendante, le regard cruel et ironique que l'auteur réserve à ses "frères farouches", l'incompréhension dont il fait preuve à leur endroit.

Peut-être faut-il, parfois, accepter de s'abêtir, ou du moins accepter l'assomption de notre propre vulgarité, jouir loyalement de notre consubstantielle sottise, dépouiller cette gravité asine dont parle Montaigne. En fait, je suis en train de m'inventer des excuses pour avoir hier consacré mon dimanche à la célébration de la "Saint-Vincent tournante" des Hautes Côtes de Nuits, pour m'être immergé sans scrupules dans cette convivialité bruyante. Marey-les-Fussey, Villers-la-Faye, Meuilley, Arcenant... On s'ébaubit devant les décorations : fleurs en papier, mannequins, pyramides de futailles ; on se presse dans les caveaux, on déguste divers crus — des rouges trop froids —, on échange de vagues commentaires pour jouer au connaisseur. Le soir, au retour, on dînera de charcuterie et de fromage sur une aire d'autoroute. Un beau dimanche. Le Pernand-Vergelesses blanc était excellent.