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dimanche, 27 juin 2010

Fantômes et beaujolais

Musarderies, ces deux jours derniers, en Brionnais, Beaujolais et Clunisois.
Saint-Julien-de-Jonzy : le petit bourg est, vers midi, à peu près désert. Paix du cimetière. Lors d'une première visite, il y a bien des années, j'avais été frappé par les vieilles pierres tombales où l'on voit, au-dessus des noms du mari et de la femme gravés côte à côte, deux cœurs et deux mains qui s'étreignent. Au linteau du portail de l'église, une belle cène, dont, malgré les ravages dus au temps et à la sottise des hommes, on devine l'ancienne délicatesse. Toutes les têtes ont été martelées, sauf celle  — croit-on — de Judas.
Paysages magnifiques du Beaujolais, dans le soleil et la brume de beau temps qui estompe les lointains. Après les noires forêts de sapins, les pâtures et les champs de digitales mauves, ce sont les vignes. Odeurs de foin coupé, de bouillie bordelaise et de goudron chaud. Église d'Avenas : les guides signalent l'autel roman de pierre blanche. Un papillon collé sur sa table indique que les croix qui y sont gravées, au centre et à chaque angle, sont des croix de consécration. On a dû penser que la précision s'imposait : ce sont des croix gammées.
Dîner chez de vieux amis. Nous buvons du mâcon-clessé et du chénas en évoquant avec quelque mélancolie les fantômes du passé...

mardi, 22 juin 2010

Choses vues 4

Sur le parking du supermarché, une voiturette grise se gare à un emplacement réservé aux handicapés. En descend le premier un chien à trois pattes.

lundi, 21 juin 2010

"En ce temps de grande paresse..." 2

Presque deux semaines sans une ligne. Lassitude, mélancolie. Journées grises et glaciales. Longues après-midi de lecture somnolente, enveloppé dans une couverture. La radio, chaque matin, répercute la rumeur désolante du monde...

mardi, 08 juin 2010

Henning Mankell monte en bateau...

... et on lui pique ses chaussettes. (Libération, samedi 5 juin 2010)

samedi, 05 juin 2010

Guimauve et ténèbres

"Refrains niais, rythmes naïfs"... Je me laisse volontiers prendre au charme mièvre de la chanson-guimauve, à la fraîcheur des bluettes, sans me donner le prétexte de quelque second degré. On écoute  Beth Gibbons ou Thomas Dybdahl comme, en vacances, on retrouve un plaisir puéril à lécher une boule de glace à la pistache.
En matière de lectures, en revanche, la facilité, la poésie à feuilleter sur un banc de jardin, le chapeau de paille posé à côté de soi, ne m'attire guère ; je préfère les textes sombres, amers, d'un Jude Stéfan, les exercices douloureux, les spéculations absconses et les obscures paronomases d'un Pascal Quignard, le poème qui — selon l'expression de Paul Valet — "se nourrit de son ombre".

mardi, 01 juin 2010

A small, good thing 5

Après avoir désherbé et bêché une ou deux perches carrées de jardin, un verre de cabernet d'Anjou tout embué de fraîcheur.

Petite anthologie portative 60

Pour que tant de choses mauvaises,
qui subsistent, soient détruites
fallait-il briser
tant de bonnes choses qui ne sont plus ?

(Paul Morand, "Lampes à arc", in Poèmes (1914-1924), Paris, Au Sans Pareil, 1924)