dimanche, 09 avril 2006
Votez dur, votez mou...
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"Una cosa più triste..."
11:41 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (4)
samedi, 08 avril 2006
Polars 5
Intéressante exégèse d'un haïku classique, dans Miami blues, de Charles Willeford :
"... tous les mois paraissent encore des articles sur le haïku le plus célèbre de Basho. Je vais vous en donner une traduction littérale, plutôt qu'une transcription de dix-sept syllabes. Sur le tableau il écrivit :
Vieille mare
Grenouille plonge
Bruit d'eau.
— Le voilà, dit monsieur Turner en se grattant la barbe avec le bâton de craie. Vieille mare. Grenouille plonge. Bruit d'eau. Ce qui manque, bien sûr, c'est l'onomatopée du bruit de l'eau. Mais le sens est suffisamment clair. Quel est-il ?
[...] Un jeune homme qui portait un jean dont les jambes avaient été coupées, un débardeur d'un bleu passé et des chaussures de sport usées, sans chaussettes, leva la main droite cinq centimètres au-dessus de sa tablette :
— Eh bien, vous, alors, dit le professeur en le désignant avec sa craie.
— Ce que ça signifie, je crois, commença l'étudiant, c'est qu'il y a une vieille mare. La grenouille, qui veut aller dans l'eau, arrive et plonge. Quand elle saute dans l'eau, ça fait un bruit , comme plouf !"
(Charles Willeford, Miami blues, trad. Danièle et Pierre Bondil, Rivages/Noir, 1991)
À première vue, et vraisemblablement du point de vue de l'intentio auctoris, il s'agit là d'une paraphrase indigente et bouffonne, dénotant la pesante stupidité de l'étudiant. À bien considérer les choses, c'est la seule exégèse possible d'un texte qui atteint à l'absolu par la redondance, au sublime par le trivial, à la plénitude du sens par le presque rien.
21:00 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (0)
Politique 5
Je n’ai pour le monde politique ni curiosité ni sympathie. Verbigérations, grenouillages mesquins, trahisons et palinodies constituent semble-t-il l’essentiel de l’activité des "imbéciles et des filous" accrochés à leur siège ou à leur maroquin. Quelle promptitude au reniement dès que le vent menace de tourner ! dans ce contexte de pleutrerie et d’incompétence générales, l’entêtement d’un Villepin, lâché par ses alliés de la veille, accablé par les clabaudeurs de tout poil, finit par ressembler à du courage et mérite une certaine considération.
17:42 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
vendredi, 07 avril 2006
Graffiti 2
Ceronetti, Queneau : même attention portée aux inscriptions, enseignes, affiches, graffiti... On a cependant le sentiment que l’un s’amuse et l’autre pas. Dans Courir les rues, l’anecdotique, le cocasse, la précarité des signes bancals et balbutiants suscite de dérisoires épiphanies — "Lentilles vert émeraude" ou "Vaugelas bouquiniste". Dans les carnets de Ceronetti, l’épitaphe, la plaque commémorative alimente une méditation tranquille sur la précarité de l’être et des choses — Et in Arcadia ego... Placards et publicités omniprésents clament absurdement la trivialité et la sottise des temps :
LE CHRIST EST LA VOIE DE LA VÉRITÉ ET DE LA VIE.
AMUSE-TOI ET GAGNE UNE PANDA." (La Patience du brûlé, Albin Michel, 1995, p. 85)
10:35 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (8)
jeudi, 06 avril 2006
"En ce temps de grande paresse..."
Nulla dies sine linea ?
22:47 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)
mardi, 04 avril 2006
Substantifs féminiformes
Extrait d’un mail émanant de la SIÉFAR (Société Internationale pour l'Étude des Femmes de l'Ancien Régime) :
Autrice, professeure ? Voilà assurément des audaces lexicales qui contribuent grandement à libérer la femme !
à propos du mot auteur, le Robert historique de la langue française indique : "Le mot n’a pratiquement pas de féminin en français d’Europe : auteuresse (av. 1921), autoresse et authoress (1867, chez Taine, anglicisme), ni autrice, plus régulier et ancien ne sont usuels." Pour professeur, le même dictionnaire précise : "malgré la tentative de quelques formes féminines (professeuse, professoresse, une professeur), le masculin est seul en usage en français d’Europe, en parlant d’une femme."
En revanche, on notera que la forme conne ne fait l’objet d’aucune réserve.
18:20 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (18)
lundi, 03 avril 2006
"Je pense que vous estes venu par la pluye : vous estes encore tout tortant"
Parti il y a une semaine avec la pluie, je rentre sous les giboulées.
Bref passage à Lille, au lendemain de la manifestation "historique" de mardi dernier. Dans toutes les rues, autour de la Grand-Place, la police, omniprésente ; on n'a pas vraiment envie de s'attarder. Un rapide passage au "Furet", où j'achète Les Marécages, de Joe R. Lansdale (excellent polar sudiste qui n'est pas sans rappeler La Nuit du chasseur) et un recueil de Follain, puis, provision faite de vieux lille, de mont-des-cats, de maroilles et de bière de Saint-Amand parfumée aux baies de genièvre, je regagne mon pied-à-terre de Wazemmes. De ma fenêtre, j'observe le manège d'un couple de pies qui construit son nid dans un platane du boulevard.23:24 Publié dans Mes inscriptions | Lien permanent | Commentaires (2)

