Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 18 octobre 2009

Omnia sunt...

Selon Le Figaro, les manifestants qui ont, la semaine dernière, "saccagé le centre-ville de Poitiers à l'issue d'une manifestation anti-carcérale" non contents de briser "une vingtaine de vitrines, des abribus, des cabines téléphoniques", sont allés jusqu’à taguer "des messages haineux et anarchistes sur des monuments religieux comme le baptistère Saint-Jean, l'un des plus anciens monuments chrétiens de France". L’information se retrouve à peu près dans les mêmes termes dans la plupart des journaux nationaux et régionaux, lesquels omettent toutefois de préciser que le graffiti "haineux et anarchiste" reprend les termes d’un adage latin invoqué dans l’un des textes essentiels du concile Vatican II : "Valet in illo casu antiquum principium : in extrema necessitate omnia sunt communia, id est communicanda". (Gaudium et Spes, § 69, note 149)

samedi, 17 octobre 2009

Petite anthologie portative 55

D'une ombre au vieux Ki, distillateur abstème :

Garde-
toi
vain.

(Max de Carvalho, in Éloge des poètes par la vin, Sens, Obsidiane, 1998)

jeudi, 15 octobre 2009

Reliures chagrin

La bibliothèque, toujours. En m’efforçant, une fois de plus, d’évacuer un trop-plein de livres d’une armoire vers une autre, moins encombrée, je retrouve — hasard objectif ? La Galère espagnole (Pin-Balma, Sables, 1998), élégante méditation sur la prolifération et le destin des livres que son auteur, Dominique Autié, m’avait offerte peu de temps avant de disparaître. Style superbe. La rhétorique, ici, n’a rien qui pèse ou qui pose. Elle habille la confidence intime, elle est la forme la plus aristocratique de la pudeur, une autre sorte de politesse du désespoir : "Acheter des livres dont il sait que le temps lui fera défaut pour les lire exhaustivement, c’est, dit le maître de bibliothèque, réduire la mort à un moindre mal." Quelques volumes plus tard, je tombe sur l’un des "cinquante exemplaires strictement hors commerce sur offset bleu" (Éditions du Fourneau, 1988) du Slow Food de Gérard Bialestowski, disparu lui aussi. Nos bibliothèques sont pleines de fantômes.