Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

dimanche, 24 mars 2019

Les plaisirs du dimanche 9

Visite dominicale à la maison de retraite.
Dans les couloirs surchauffés, règne un remugle douceâtre, vaguement écœurant ; relents tenaces d'eau de javel, d'eau de Cologne bon marché, de fleurs pourrissantes et d'excréments, à quoi se mêlent, dans le secteur des cuisines, des effluves de fricot.
De petits vieillards courbés et bancroches clopinent en direction de la salle commune où sont les "assis", alignés sur leurs fauteuils de plastique, renfrognés, silencieux, le regard vide. Une femme de service, en blouse de nylon rose tyrien, se hâte vers des tâches obscures.
Quelque part, un téléviseur diffuse la messe à plein volume — une triste messe sans latin, que personne n'écoute. Le curé cite Prévert. Pas rancunier le curé...

Commentaires

Plutôt mourir, dit-on quand on est encore en bonne santé.

Puissions-nous plutôt mourir au hasard, au bord d'un ruisseau et sans nous en rendre compte.

Enfin, il est encore permis de rêver.


Nous vous souhaitons de belles promenades à l'écart, ami Constantin.

Écrit par : delorée | lundi, 25 mars 2019

Bien tristes, ces visites rituelles qui tiennent du memento mori.
Et déprimant le spectacle de ces "assis", dont la déchéance n'est pas imputable à la seule vieillesse. Je citerai à ce propos, une fois de plus — n'étant pas moi-même exempt du radotage —, cette réflexion de Michel Tournier : "Il ne faut pas avoir pitié des gâteux. Ils ne sont devenus que ce qu'ils étaient déjà." (Le Vent Paraclet)
Merci pour votre passage sur ce blog que j'essaie d'alimenter encore de temps à autre. J'ai un peu de mal à surmonter ma "pigritia". C'est sans doute l'effet Facebook — dont vous avez eu la sagesse d'éviter les dangers.
Que votre joie demeure !

Écrit par : C.C. | lundi, 25 mars 2019

Votre dernière phrase m'a bien fait sourire, et je vous en remercie chaudement.

La meilleure des siestes est celle du chat du Cheshire.

Houba hop!

Je dors déjà.


(Puisse le monde avoir disparu à mon réveil.)

Écrit par : delorée | mardi, 26 mars 2019

Écrire un commentaire